Panégyrique de la dévotion amoureuse

Théo S.

Une ballade sur l'amour.

Cueillons, camarades loyaux, cueillons

Chaleur qui consume l'être qui vit,

Oh ! goûtons, chers amis, la passion :

Que son tendre feu couvre nos envies ;

Que désirs et prières encensées

Soient véritables ; que notre âme vide

S'emplisse d'une douce crème ailée ;

Que notre ivresse soit albe et solide.

Oh ! oui, ne jouons pas les martyrs aigres

Buvons l'alacrité, la soif allègre...


Voyez ! Tendres époux, charmants amants

Aiment à flâner, les mains accrochées,

Sous nos fenêtres ; poussière du Temps,

Nous condamne à sommeiller tourmentés.

Vilenie de l'espoir, l'action dort

D'un lourd repos qu'il faut savoir briser.

Sans fin la tempête, le ciel encore,

Couverture azuréenne éclipsée

Un orage, une pluie, un voile maigre.

Buvons l'alacrité, la soif allègre...


Puis, la lumière transperce nos yeux,

Et donne à l'existence un goût sucré ;

Éclairés, sinon au cœur un pieu,

La mort et le chagrin pour amitié.

Oh ! compagnons fidèles, consommons

Ce nectar, sentons cette rose, ouvrons

Ce don ; l'éternité pour un amour,

La vie en une passion ; bravoure,

Égards aux bien-aimées probes, intègres !

Buvons l'alacrité, la soif allègre...


Amis, aimons l'autrui de notre cœur,

En l'attente de notre pénible heure.

La vie, duraille soit-elle, ne peut

Vivre, privée d'affection ; un peu,

Pour nulle âcreté, tel le vin besaigre.

Buvons l'alacrité, la soif allègre.

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