Peintures imaginées 2

menestrel75

« Je sais qu'il est là, il ne peut pas ne pas être là, depuis tous ces jours et ces nuits que je l'attends,
Il est là parce que je viens de commencer un nouveau dessin… un corps de femme nue couché. »
 
Il est là, il est tellement présent dans ses entrailles, dans ses désirs, le voici qui commence à dessiner des volutes
s'enroulant en ressac autour du nombril avant de descendre vers le delta pubien qu'il orne d'une fine dentelle ; éphémère parure vouée à des noces païennes.
Yeux clos, elle écoute roucouler sa peau sous la subtilité soyeuse de l'attouchement.
Une coulée de lave l'enflamme lorsque les soies du pinceau effleurent son clitoris avant de s'immiscer, impudiques, entre ses lèvres.
 
Je dessine plus que je peins…Mais juste la partie d'un sein…. Le sein droit d'une jolie rondeur,
avec un mamelon bien marqué et une pointe érigée dans l'attente…
Une main avec le doigt tendu juste au-dessus du mamelon… sous un bel arc-en-ciel sur un fond de ciel bleu…
J'ignore le temps que je vais mettre pour le finir mais il est commencé… »
 
Par un lent mouvement de va et vient, il en taquine la fêlure et courtise en arabesques les renflements du calice féminin qui s'ouvre et exsude de liquoreuses sécrétions.
Son corps se change en houle gémissante et ses bras se tendent dans une supplique qui appelle à la communion l'autre corps;
mais ses mains ne happent que le vide.
Lui reste à distance, poursuivant le « jeu » avec une application dont la dextérité n'a d'égal que le raffinement.
Furieuse et ravie, Ariane est à sa merci.
L' "homme" cisèle cette flânerie sensuelle à travers les méandres intimes jusqu'à la perfection de la touche finale.
Funambule fragile, suspendue entre ciel et terre, elle oscillera longtemps sur le fil tendu d'un plaisir perpétué.
Un glissement sans fin, un feulement, puis un tressaillement de tout son être et elle bascule dans l'extase fauve.
Il a disparu; est-ce une illusion d'optique?
Elle souffre de ne plus le voir. De ne pas l'avoir.
Elle se cache pour pisser des larmes de désespoir et de colère contre elle-même car c'est elle qui l'a perdu.
A SUIVRE...
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