peut-être

Louise Mc.

Il faudra que ce soit un trait fulgurant qui me traverse plutôt qu'une lame émoussée que l'on s'efforcera de pousser entre mes muscles distendus. De mes veines éclatées jailliront des gerbes de pourpre, et le mépris, l'amertume, le dégoût naîtront des tourments, effacés par un temps écoulé avec trop de lenteur. Avant l'effondrement des édifices du cœur, ce sera une terreur  vespérale, un affrontement de chaque nuit avec ses propres démons. Elle survivra aux aurores puis s'évanouira à mesure que la lumière écorchera mon visage de ses faisceaux chargés de poussière dorée. La violence de sa caresse me rappellera à la force de ses mains contre ma joue. Et la plaie n'aura pas pâli.

J'embrasse en amont la résignation sans renoncement, celle qui marque l'armistice avec soi-même, l'apaisement des houles marines résorbées sur les plages immobiles et muettes. L'attente anxieuse demeure et l'écume mousse encore sur les grains infimes. Les châteaux devenus secs tremblent sous la menace de la mer, et rien ne fait obstacle au prochain mouvement du ressac, son retour régulier et doucement amer. Pour ce que la mer a d'eaux troubles et insondables, je laisse mon être en marge du choix et ne me replie dans les terres ni ne m'avance entre les vagues. Mes jambes plongées dans une eau et un sable épais s'embourbent ; je les regarde s'enfoncer. Il n'y a plus qu'à attendre, me faire roc insubmersible auxquels s'accrocheront les coquillages acérés. L'infinie tendresse saura m'arracher aux doigts océaniques.

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