Phantasmagoria

Swan Le Loup

    Évasion dans un jeu phantasmagorique. Mon but est de résoudre les mystères que renferment un sinistre manoir. J'ai l'impression de ne devoir ni perdre ni m'échapper sinon un mal risque de m'arriver.
    Dans ce début de partie tout est obscur. Je possède dans mon inventaire une paire de gants en latex rose (???) et un appareil photo dont je comprends plus aisément son utilité : Il faut cliquer sur un bouton de celui-ci pour que des flashes illuminent les endroits sombres de ce cauchemar surréaliste. En effet, ce manoir ne vend pas du rêve. Il n'est guère hospitalier et sent le renfermé. L'entrée de cette demeure ressemble à l'intérieur d'une luxueuse cathédrale sans ameublement, au plafond haut et à la résonance glaciale. Je peux blasphémer en hurlant sans même qu'un fantôme ne vienne me hanter. Nul besoin de déchiffrer une énigme pour que la cheminée fonctionne et éclaire cette immensité que je viens de décrire. Au-dessus du feu, je remarque que trône le portrait de l'ancien propriétaire : Un magicien. Je suppose qu'il est célèbre vu son attitude mégalomane dans ce tableau.
    Je monte l'escalier spiralé juste à ma droite. Il me mène dans un couloir, dont le plafond est en verre et aux couleurs arc-en-ciels, escorté par d'innombrables portes noires et entre-ouvertes d'où jaillissent des rayons lumineux. Je suis déboussolé. Trop d'options. Où aller ? Que faire ? C'est désespérant, au point d'avoir une crise d'angoisse. Dans la panique, je me transforme en animal apeuré et je cherche vite le moyen de retrouver une quelconque respiration, alors je me précipite dans la pièce la plus proche. C'est une magnifique chambre à la décoration kitche et flashy. Le portrait de la femme du magicien est accroché sur un mur. Elle parait divine. Une couverture pourpre en velours étouffe son lit en or. Je me couche dessus pour flairer l'odeur de cette splendide créature. Son parfum est un poison envoûtant qui me fait somnoler sur un nuage imbibé de rouge faisant pleuvoir du sang. Je me relève brusquement afin de ne pas tacher la moquette. Est-ce une vision (?) ou le présage (?) d'un crime horrible ?! Sur la toilette de la divine, il y a des bijoux en vrac et un grimoire de sorcellerie. Mon dieu ! Un magicien et une sorcière main dans la main. Ils ne doivent pas s'ennuyer le soir au coin du feu.
    Déterminé, je repars dans ma quête en franchissant au hasard une seconde porte et là, coup de chance, je tombe dans un carré d'un blanc éblouissant et totalement vide mais avec des traces de sang sur les murs. Un déménagement qui aurait dérapé ? Certainement pas ! Il y a eu un meurtre ici, d'autant que je remarque au sol un rasoir coupe-gorge ensanglanté. Je ramasse cet indice et le range dans mon inventaire. Je me retourne et bouh !!! Un fantôme me fait sursauter. Ce fou commence à me raconter sa vie et à me donner des conseils : « Tu devrais faire le ménage dans cette pièce en utilisant tes gants en latex ! ». Mais je n'ai pas que ça à foutre ! Ce fantôme est chiant à mourir. Il m'énerve du coup je l'ignore. Conclusion : Il part dans un délire avant de disparaitre comme par magie. Un silence suspect s'installe quelques secondes… D'un coup, j'entends le plafond vitré du couloir se briser et un truc lourd se fracasser par terre. L'esprit vient d'assassiner le magicien dont le visage est transpercé par des bouts de cristal. Ce n'est pas de ma faute ! Vais-je être accusé à tort ? Dans ma tête résonnent en boucle des notes de musique. Une mélodie à suspens accompagnée de voix de l'opéra. Étant dans un phantasme, j'imagine que c'est normal. Après tout, tout est permis même les pires extravagances.
    De nouveau dans la cathédrale, je me dirige vers une fenêtre pour regarder dehors. C'est un jour nuageux tandis qu'à l'intérieur il fait nuit. Hum, c'est bizarre. Le jardin est macabre. Il y a un cirque en putréfaction, comme si de l'acide rongeait le chapiteau. Curieux, je sors explorer ce lieu maudit. À l'entrée, il y a un monstre. Il est gigantesque et moi je me sens minuscule. Sans même se présenter, le goujat me demande de répondre à une devinette pour que je puisse entrer voir le spectacle : « Je suis stupide, je suis moche et je pus de la gueule ! Qui suis-je ? ». Ce n'est pas difficile : Lui ! Je lui réponds, sûr de moi, mais il ne m'entend pas car ce couillon n'a pas d'oreille. J'ai beau crier, il ne comprend rien. C'est injouable et super agaçant ! Il faut que je trouve une solution pour
    Ah, il y a eu un bug qui m'entraina au sein de l'amphithéâtre. Au cœur de l'arène le magicien et sa femme : La divine. Le pervers torture son esclave sexuelle à l'aide d'une machine médiévale. La sorcière rigole comme une hystérique. Les déments ne me remarquent pas. C'est une illusion. Soudain, je sens le mal m'envahir. C'est le moment de se dépêcher car un danger me pourchasse. Par instinct, j'empoigne mon rasoir coupe-gorge et je fuis dans les coulisses tel une bête traquée. De doux murmures me guident dans une grotte voutée. Je progresse à toute vitesse avec un sentiment infernal de vertige. De m'engouffrer sans jamais chuter. Au bout du tunnel, il y a des flashes. Le cadavre de la divine est étendu sur un tapis, en offrande. Le trésor du manoir. Son corps est démembré. Elle se réveille de son sommeil comme par miracle. La sorcière m'a piégé. Elle est le boss final. J'ai été trop hâtif ! Je ne désire pas que cela se termine maintenant mais son parfum m'envoûte encore et je cède à la tentation diabolique. Putain ! C'est moi le prédateur ! Et le fantôme était mon double ! Je n'ai rien compris au jeu.

Game Over

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