Poèmes des Cieux

Eléa Breeman

Poèmes à la volée

Souvenirs

Tout est silencieux. La brume cache les pins de la forêt, les sentiers où nous aimions nous promener. Le soleil se reflète dans les milliers de gouttes d'eau du lac. La rivière serpente entre les arbres, tel un sentier de lumière. Je nous revois, enfant, gravir les collines jusqu'à la source, endroit merveilleux. Je me souviens, nous prenions notre goûter, et nous partions à l'aventure. Petit moment hors du temps, hors des responsabilités. Loin de tout. Loin de nos problèmes. Nous jouions. Nous étions insouciants. Mais le temps nous à rattraper, tel un ouragan. D'enfants, nous sommes devenus adultes, malgré nous. Un nuage passe, et cache le soleil. Tu es partis, toi mon rayon de soleil, et ton départ m'a fait comme ce nuage. Tu m'as laissé. Et maintenant, ne reste que tristesse. Tout est magnifique... Tout est silence... Tout est secret... Au loin, on devine un village... Je peux voir ta maison. Et le cimetière. On entend un aboiment. Signe qu'une nouvelle journée commence. Une journée de plus, qui vient s'ajouter au cycle. Je m'éloigne un peu plus chaque jour de l'enfance. Chaque jour, je m'éloigne de toi. Mais je ne t'oublie pas. Car dans ces moments comme celui-là, je me souviens...

Spring

L'odeur du printemps;
L'odeur des fleurs;
L'odeur de l'herbe fraîchement coupée;
L'odeur du bonheur.


Le pépillement des oiseaux;
Le bourdonnement des abeilles;
Les rires d'enfants;
Les bruits de la vie.


Et si le bonheur se résumait seulement à cela?
Et si les Hommes se contentaient de ce qu'ils ont?


L'odeur et le bruit de la vie et de la nature, sonnent pour moi un moment de bonheur;
Un moment libérateur.


Firmament

Une étoile de plus dans le firmament
Une tristesse de plus envolé
Mais des dizaines d'autres sont nés
De cet envol;
De cette fuite de la réalité
Devenus désastreuse pour elle.


Une étoile de plus dans le firmament.
Un désespoir de plus envolé;
Mais des dizaines d'autres;
Sont nés de cet envol.


Une étoile de plus dans le firmament.
Une personne de plus, qui, d'une promesse;
Nous avons gravé dans nos souvenirs;
Et dans notre coeur.


Une étoile de plus dans le firmament.
Sur les joues pâles de la mort;
Des larmes coulent.
Des yeux rouges.


Une étoile de plus dans le firmament.
Des yeux rouges;
Mais déterminé;
À faire tout son possible.


Une étoile de plus dans le firmament.
À faire tout son possible;
Pour éviter cela;
À aider les gens.


Une étoile de plus dans le firmament.
Un dernier soupir;
Puis, l'envol.
Vers une mort certaine.
Mais paisible.


Une étoile de plus dans le firmament.
Un dernier sourire.
Une dernière larme;
Puis, la paix éternelle.


Une étoile de plus dans le firmament.
Mais la prochaine fois;
Il fera tout son possible pour que cette fois;
Il y aura;
Une étoile de moins dans le firmament.


Une étoile de plus dans le firmament.
Après l'envol;
Ne reste que des larmes.
Et de la tristesse.


Une étoile de plus dans le firmament.
Mais, tel un phœnix;
Des larmes, se reconstruisent,

la chose la plus puissante au monde avec l'amour.
L'espoir.


Une étoile de plus dans le firmament.
Des larmes de plus dans notre coeur.
Mais les souvenirs perdurent.
Marion, Adèle, Lotie, et plein d'autres.


Vous, petites étoiles;
Nous ne vous oublions pas.
Vous avez à jamais;
Une place dans notre coeur.


Une étoile de plus dans le firmament

Havre de Paix

Le bruissement des feuilles
Le pépillement des oiseaux
Le bourdonnement des abeilles
Le chant du criquet


La brise, qui,

légère,

fait s'envoler les feuilles

et bouger les brins d'herbe.

Elle apporte les graines

légères du pissenlit,

du champ voisin
Effet féerique.

Les graines s'envolent,

semblables à de la neige,

traversant les arbres,

mais sans jamais se poser.


Les fleurs parsèment la clairière,

petite tache de couleur

parmi tout ce vert.
Aujourd'hui, un arc-en-ciel s'est posé sur la forêt.

Bouton d'or, reine-des-prés
Digitale, Marguerite.
Jaune violet et bleu;
Blanc rose et noir

Tant de couleurs;
et de vie,

en un seul endroit,

magnifique et féerique.

Les rayons passent et s'entrelacent,

mais jamais ne se lassent.
Tant de lumière;
sur cette pauvre Terre.

Pollué et maltraité;
épuise et surpeuplé;
heureusement qu'il existe,

quelque havre de paix.

Pour observer;
pour se réfugié;
pour ne plus pensé;
pour ne plus travaillé;

avant le dure retour à la réalité.

Réveil d'une saison

Petit brin d'herbe
Danse sous la brise,

qui, printanière,

apporte l'odeur des fleurs.

Odeur de fleurs;
Odeur de fraîcheur;
Odeur de chaleur;
Odeur de bonheur.

Petit oiseau,

sortant du nid,

prend son envol,

bruissement de feuilles.

Bruits d'insectes;
Bruits d'animaux;
Bruit de foret;
Bruit de la vie.

Petite graine,

s'envole au gré du vent,

voltige longuement,

et finalement se pose.

Le soleil se lève;
La forêt se réveille;
La nuit s'achève;
La chaleur arrive à grands pas.

L'été sera bientôt là.


Pardon

616
Un simple nombre
Devenu un nom
À cet événement horrible.

616
Un tatouage douloureux
Un nom.
Parmi tant d'autres.


Un nom.
Un nombre.
Un tatouage.
Une vie détruite.


Mais parmi tant d'autres;
Qu'est-ce qu'une seule vie?
C'est ce qu'on peut se dire;
Si on ne connaît pas l'histoire.


Des hommes;
Des femmes;
Des enfants;
Des familles.


Envoyé dans la cheminée;
Et d'eux;
Ne reste plus
Que des cendres au matin.


Des larmes;
Des cris;
De la douleur;
Du désespoir d'incompréhension;


D'indifférence;
De la colère;
Du plaisir;
De la résignation, puis, du calme.


Ne reste plus

que la fumée noire,

qui, acre,

s'élève dans le ciel.

Condamné.
Mutilé.
Violé.
Tué...

Par des racistes.
Par des égoïstes.
Par des homophobes.
Par des idiots.

On nous dit en classe:
"c'est du passé;
Il faut oublié."
Mais moi, je ne pense pas comme ça.

Oui c'est passé.
Oui c'est horrible.
Mais non, il ne faut pas oublier.
Il faut tirer des leçons des erreurs du passé.

L'oubli est signe de déclin.
Alors jeunes gens;
écouter la vieille femme que je suis.
Souvenez-vous des erreurs de vos aînés.

Mais sans les blâmer;
Sans les détestes.
Car sans oublier;
Il faut savoir pardonner.


Ancien temps

Femme!
Fais la vaisselle!
Disait-on
Dans l'ancien temps.


Femme!
Arrête de réfléchir!
Disait-on
Dans l'ancien temps.


Femme!
Tu n'es bonne qu'à faire des enfants!
Disait-on
Dans l'ancien temps.


Mais messieurs;
Si nous sommes faibles;
Comment expliquez-vous;
Que ce soit une femme;
Qui a réussi les calculs,?
Qui a permis de marcher sur la Lune?
Comment expliquez-vous que souvent;
Ce sont les filles;
Les plus intelligentes;
Les premières de leurs classes;
Qui ont les meilleures notes?


Expliquez-moi, je ne comprends pas.
Je pourrais vous donner;
Des exemples comme celui-ci;
Si seulement vous daigniez écouter
Une faible femme comme moi.


Peter Pan

Il aime Peter Pan;
Il aime cet enfant volant;
Peut-être parce qu'il rêve de s'envoler;
Il rêve de s'évader;
Vers ce pays de contes de fées.


Il rêve de partir tout au bout du ciel;
Sur les ailes des oiseaux du paradis;
Il rêve de voler la nuit;
Rejoindre le soleil;
Et la lune, sur leurs plumes.


Il rêve de fermer les yeux;
De dormir;
Loin de ses problèmes capricieux;
il veut tout simplement partir;
Au pays des cieux

Plus tards

On me demande souvent:
"que veux-tu faire mon enfant?"
Mais comment leur dire
Que je veux faire mille métiers utiles?
Psychologue, pour aider les gens, les enfants;
Écrivaine, pour créer des mondes meilleurs;
Institutrice, pour instruire l'esprit;
Poète, pour mettre tout ce qui me passe par la tête.
Ce monde sans saveur;
J'aimerais le rendre meilleur;
Le remplir d'odeur et de couleur;
De merveille et d'arc-en-ciel.

Enfance

Je l'ai longtemps gardé au fond d'une armoire;
Les portes fermées pour ne pas l'apercevoir;
Je l'isole et libère mes pensées;
S'entendent le rossignol et revient à la réalité.
Il faut que je sois forte, j'ouvre les portes.
Coincés entre les livres je revois;
L'antique boite à musique;
Qui avec puissance à bercer mon enfance.


Insomnie

Allongé dans mon lit;
Repassant dans ma tête;
Mille souvenirs, mille merveilles;
Écrivant ce poème;
Je repense aux fleurs chatoyantes;
À la forêt, si vivante;
À la merveille qu'est la vie;
À la tristesse qu'est la mort.

Et, allongé dans mon lit;
Au milieu de la nuit;
Je me demande, je m'interroge;
Je rêve de prendre mon envol;
De monter là-haut, près des grands oiseaux;
Je rêve de monter sur leurs ailes, jusqu'au soleil;
De monter sur leurs plumes, pour rejoindre la lune.

Alors, seulement, je pense.
Car je sais que, encore une fois;
J'ai toute la nuit devant moi.

Petit Enfant

Il a pris mon cœur;
sans le vouloir, sans le savoir.
Il me dévoile ses pensées;
ses secrets ses tourments;
mais je sais qu'ensuite;
il les emmure dans son cœur.


Il arrive à me faire rire, même dans les pires moments;
mais pourtant je sais;
que derrière ces blagues, ces façades;
se cache un petit enfant, trop vite devenu grand.

Esclave

Le soleil me brûle le dos.
La sueur coule le long de ma nuque.
Mes mains me brûlent;
Mes bras me font mal;
Mais je ne m'arrête pas.


Inlassablement;
Du matin jusqu'au soir;
De l'aurore au crépuscule;
Je creuse, j'abats la pioche;
Sous la menace cinglante du fouet.


Lorsque la nuit tombe;
Et que les ombres grandissent;
Nous sommes enchainés;
Et pour toute récompense;
De l'eau tiède et du pain sec.
Voilà notre dure vie.

Profondeurs

Dans les ténèbres;
Allongés dans mon lit;
Repassant dans ma tête;
Mille choses;
Mille noms de poètes;
Jusqu'à la tempête.


Je me laisse sombrer;
Dans l'obscurité de mes pensées;
Et je laisse mes larmes coulées;
Comptant sur le silence de la lune;
En attendant que la nuit s'achève, l'éveil d'une nouvelle journée;
Qui vient s'ajouter au cycle.

Report this text