Prendre une décision

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et mener une action

Moralité, choix de vie et choix de lois

 

Quels sont les processus, les enjeux et les défis d'une décision et qui plus est d'une décision sociétale ?

Pourquoi, alors que nous savons que nous sommes en train de provoquer une catastrophe écologique majeure, pourquoi ne parvenons nous pas à nous décider d'arrêter le processus en cours ?

 

Pour prendre une décision nous devons formuler un choix. Parfois la situation énonce elle-même le choix : « un policier qui dit : rendez vous ou nous ouvrons le feu ? » énonce une situation de choix. La présence de policiers en mesure d'ouvrir le feu est nécessaire pour que le propos fasse sens.

Nous sommes certes capables de gérer mentalement de grandes complexités mais nous ne pouvons pas prendre tout en compte, comme les insectes qui volent autour de la poubelle qui est en bas de l'immeuble au moment où le policier dit « rendez vous ou nous ouvrons le feu ? ».

Il nous faut extraire de la situation réelle ultra-complexe une situation virtuelle simplifiée et cette version simplifiée opère des mêmes rouages que les contes de fées : si tu fais ceci, ça va aller bien, si tu fais cela, ça va aller mal. Nous sommes capables d'élaborer des situations virtuelles d'une complexité étonnante notamment lors de procès dans les divers tribunaux.

Comment l'évènement « un policier doit dire à une personne : « rendez vous ou nous ouvrons le feu ? » » a-t-il été décidé ? Comment le policier va-t-il décider d'ouvrir le feu ou pas ? Et comment le criminel va-t-il prendre sa décision ?

L'activité du cerveau du criminel a statistiquement énormément de chances d'être démesurée dans une telle situation. La « machine mentale à trouver un chemin » est sans dessus dessous.

C'est la situation du chat acculé dans un coin. Soit le cerveau est encore capable d'envisager une stratégie de sortie, soit le cerveau bascule en mode guerre et le chat attaque (au moins pour tenter de créer un chemin de fuite par la force ou la menace, sinon pour détruire la menace).

C'est ce genre de situation qui permet de mettre en valeur le fait que dans la vie, nos décisions sont importantes. Là, avec le policier-criminel nous avons une situation à la fois imminente et fatale : c'est la situation critique de décision par excellence puisque la situation peut engendrer la mort et elle peut le faire immédiatement.

Il y a différents degrés de prégnance de la décision : notamment en fonction de la force de l'imminence et du niveau de danger. Les décisions n'existent que parce que certaines situations peuvent nous incommoder, nous blesser ou nous tuer. S'il n'y avait pas de conséquences fâcheuses, il y aurait-il à prendre des décisions ?

La mort est clé pour les mécanismes de décisions, la preuve en est « le débat sur la peine de mort ». Nous cherchons le moyen d'empêcher les meurtres, par exemple, en imposant une situation, un programme législatif-judiciaire-exécutif « si tu tues quelqu'un, il va se passer ça » en espérant provoquer un programme cognitif « Si je tue, il va se passer cela pour moi, donc je ne le fais pas ».

Est-ce efficace ?

La loi n'empêche pas le meurtre, elle le punit. La loi est censée me protéger, elle édicte les règles de ma protection et pourtant elle ne peut pas empêcher le meurtre.

Pourquoi les humains se contentent-ils de ce contrat social ? Alors qu'il ne faut pas réfléchir beaucoup pour en arriver à cette conclusion par soi-même : la loi ne me protège pas du meurtre.

Comment pouvons nous socialement et individuellement faire la conclusion en nous-mêmes « la loi ne me protège pas du meurtre et je vais pourtant accepter de vivre dans une telle société sans chercher à me protéger davantage » ?

Comment se fait-il que ce soit cela la conclusion ?

Comment se fait-il que nous ne décidions pas de stopper le massacre écologique pourtant en cours ?

Est-ce seulement une question d'information ? Sommes-nous mal informés ?

Nous sommes tous, à notre échelle, au courant que la société ne nous protège pas du meurtre et nous laissons faire, nous savons tous pour le « continent de plastique » et toutes les catastrophes liées aux déchets polluants et nous laissons faire.

Et il y a quelqu'un qui savait que s'il commettait un crime, la police viendrait à lui pour l'arrêter ou le tuer et pourtant, il a quand même décidé de passer la barrière du crime en faisant son crime.

Il y a deux choses dans une décision : une situation et un décideur.

La situation ne dépend pas que du décideur et la force avec laquelle la situation s'est emparée du décideur, avec laquelle le décideur est sommé de répondre, cette force est un élément important des processus de décisions, sans pour autant qu'elle détermine le mode de réponse du décideur.

Parce qu'avec les humains, on ne peut pas toujours anticiper et prévoir les décisions qui seront prises. Parce que dans l'analyse de la situation, les humains font toujours la même erreur : ils oublient de se considérer comme faisant partie de la situation en oubliant qu'ils sont aussi sources de changements et en oubliant surtout que les processus cognitifs qui se passent dans leurs têtes, font aussi partie du réel en tant que source de transformation.

L'état mental du décideur est au cœur des enjeux et défis de la décision et nous ne le prenons que trop peu en compte, parce que la caméra doit se regarder elle-même, parce que cela demande de savoir regarder sa caméra, sa conscience, sa pensée, ses petites voix : la différence entre l'homo sapiens et l'homo sapiens sapiens, n'est peut-être pas d'ordre génétique, mais d'ordre cognitif.

Il y a ceux qui pensent une situation et décide ainsi, et il y a ceux qui pensent une situation et qui pensent leur pensée en train de regarder la situation, ils font preuve d'esprit critique, ils font un geste de pensée qui est sapiens sapiens = sapiens².

On peut multiplier à loisir le nombre de « caméras », mais déjà passer au cube n'est pas une mauvaise idée : je pense, je sais que je pense et je sais que les autres pensent. Cela enclenche une humilité qui manque beaucoup sur Terre de nos jours.

Pourquoi individuellement et collectivement ne prenons nous pas les bonnes décisions ?

Parce qu'il faut se mettre d'accord sur ce qu'est une bonne décision, et il faut le faire en soi, pour soi et au sein d'un débat collectif, pour la société.

Il nous faut nous mettre d'accord entre des individus différents par nature, des individus qui peuvent changer d'avis, par nature, aussi. Et des individus dont la capacité à connaître et à avoir envie de comprendre le monde est très variable.

Il y a des gens qui se vivent tels qu'ils sont, en pulsion, sans se réfléchir eux-mêmes. Et ils sont là, avec ceux qui se remettent en question et ceux qui réfléchissent aux processus cognitifs, nous sommes tous là dans la même soupe et nous devons décider ensemble …

Des situations de crimes différentes, nous en connaissons beaucoup, nous en avons certaines qui sont racontées dans des histoires artistiques, d'autres dans des histoires d'archives publiques et d'autres dans les histoires de nos échanges oraux quotidiens.

Qui s'intéresse aux histoires qui se passent bien ?

Qui s'intéresse vraiment à l'avenir de la planète ? De l'humanité ? Pourquoi est-ce important de se soucier de l'avenir ? Après tout, on ne sait même pas pourquoi l'univers existe ? Après tout, pourquoi dans cet univers qui ne répond pas toujours aux questions qu'on lui pose, dans cet univers qui nous propose d'être capables d'aimer dans un écosystème violent, après tout pourquoi tout ne serait-il pas possible ?

Qu'est-ce qu'une société humaine ? Des personnes en conscience et en capacité d'amour dans un réel qu'ils peuvent prendre pour argent comptant (la terre est plate et le soleil est un disque) ou qu'ils peuvent chercher à comprendre et y parvenir (la terre est une sphère et le soleil aussi).

La personne qui fait son chemin dans le réel sans se soucier de le comprendre, expérimente quand même une existence dans le réel. Pourquoi la sienne est-elle moins ou plus légitime ?

Parce que les décisions de l'imbécile ont un impact sur la vie des non-imbéciles. Ce, à quoi l'on peut rétorquer, que les non-imbéciles cherchent aussi à imposer leur avis aux imbéciles, ce qui n'est pas plus légitime puisque rien dans l'expérience de l'univers ne nous impose d'être intelligents.

Certains ne cherchent pas à comprendre le monde parce que ça marche quand même, le monde, même si tu ne le comprends pas. Ça marche quand même, même en se trompant sur le monde.

Tout le monde se trompe sur l'univers parce qu'on ne peut pas le penser en son entier. Les imbéciles se trompent beaucoup et les non-imbéciles un peu moins.

C'est uniquement lorsque le non-imbécile est capable de créer une situation où l'imbécile est obligé de se transcender, que l'imbécile doit faire son choix. Et pour y parvenir les non-imbéciles doivent transcender les imbéciles et les non-imbéciles pour inventer cette nouvelle situation qui impose l'élévation spirituelle.

Comment générer une situation d'élévation spirituelle pour que nous finissions par conclure qu'il faut stopper le massacre écologique en cours ?

Alors que nous n'avons pas été capables d'inventer une société où l'on n'a pas envie de devenir criminel !

Le conte de fée actuel est simple : nous avons exterminé la moitié des espèces vivantes, pollué une quantité hérétique d'écosystèmes et nos dirigeants n'ont d'yeux que pour des indicateurs de création de richesse : la seule poésie qui intéresse les macros-décideurs, la monnaie.

La monnaie est le poème qui incarne l'ensemble des processus décisionnels d'une société liée par cette monnaie. La valeur d'une monnaie est décidée.

La monnaie est une histoire, la plus prégnante, puisqu'elle est à la fois le résultat de nos efforts, de notre capacité à pouvoir fournir des efforts et elle est ce que nous avons décidé d'accepter comme forme d'échange.

Acceptons nous qu'il y ait des riches parce que nous caressons l'espoir de le devenir ? Pourquoi accepte-t-on d'utiliser une monnaie que l'on peut nous voler ? Pourquoi accepte-t-on un contrat social où je peux être volé ou tué ? Pour pouvoir saccager des écosystèmes sans culpabilité ?

J'accepte de pouvoir être volé, comme ça, ça me permet de voler moi-même ? J'accepte de ne pas respecter la planète, comme ça, je peux négliger la gestion de mes déchets ? J'accepte que les femmes soient toujours lésées socialement parce que je suis un mec et que ce déséquilibre m'arrange ?

J'accepte l'éventualité d'être tué parce que ça me laisse la possibilité de faire pareil ? Woohoo !!

Quel est vraiment notre moralité ? A quel moment est-ce la moralité qui force la décision ? A quel moment ne sommes nous pas juste des égoïstes-fainéants qui essayons toujours d'en faire le moins possible pour le maximum de gain ?

A quel moment choisir l'option de faire un crime n'est pas le résultat du même processus de fainéantise ? Je veux ça, mais je ne veux pas faire le chemin nécessaire pour l'obtenir, alors je casse la barrière, je force la situation et j'ai obtenu ce que je voulais sans les contraintes.

A quel moment n'est-ce pas criminel de laisser faire le massacre écologique en cours ?

Doit-on intenter un procès contre l'humanité ?

Est-on responsable ?

Etant donné que l'humanité est le résultat de toutes les décisions et actions humaines, le tout exprimé dans un univers qui n'est pas de tout repos, …

Comment dans une tourmente totale de questions, peut-on prendre une décision ?

Nous ne pouvons pas connaître l'univers en son ensemble, donc nous nous trompons forcément. Notre pensée s'exprime dans des langages qui sont aussi une approximation du réel, une représentation du réel.

Prendre une décision, c'est donc forcément se tromper. Et pourtant il faut agir et donc décider de quelque chose ?

Si ma décision n'est juste qu'en partie, il est bon que je cherche à prendre une décision qui soit le plus juste possible. Et déjà des processus s'enclenchent automatiquement, comme l'humilité, puisqu'on ne se considère plus comme un invariant de l'univers (détenteurs de vérités) mais comme faisant partie de tous les variants de l'univers (générateurs de transformations).

Nous sommes par essence condamnés à nous tromper, c'est peut-être parce que ce n'est pas grave de se tromper.

Pour aider sa décision, l'humilité est toujours d'un grand secours, parce qu'en se mesurant bien dans ses petitesses et ses grandeurs, on peut voir naître notre chemin qui sera celui de nos grandeurs à la sauce de nos petitesses.

Si nous nous trompons tous, c'est que c'est la règle du jeu et que le jeu s'équilibre de tous ces humains qui prennent des décisions et qui mènent des actions.

Donc, il y a clairement une aide à la décision qui se dégage : nous sommes libres de décider par nous-mêmes, tous, chacun étant un pulsar de sa manière de voir le monde, chacun irradiant le monde de sa vision du monde, chacun légitime à le faire.

Offrez donc au monde ce que vous êtes, car c'est ce que vous aurez le plus de facilité à mettre en œuvre, vous-mêmes !

 

Alors, doit-on stopper le massacre écologique en cours ?

Ou bien, c'est pas grave, on se fait une bonne grosse guerre et puis tout reviendra à la normale, après ?

 

Nous apprenons en jouant et en trébuchant. Parfois, on se fait mal, mais le mieux reste de continuer l'expérimentation, parce qu'ainsi va la vie, ce n'est pas simple et pourtant c'est très simple.

Il y a des urgences que nous devons stopper au plus tôt même si la manière n'est pas la meilleure. Même si ça fait mal de stopper la catastrophe. Exemple : le massacre écologique en cours.

Il y en a d'autres où nous n'avons pas d'autres choix pour réussir durablement, que de soigner autant la manière des processus que la destination des processus. Je prends notamment en exemple les relations homme-femme actuellement en cours sur Terre qui sont une catastrophe, mais une catastrophe qui ne pourra pas évoluer uniquement en révolte et révolutions, elle devra prendre aussi la patience de construire les nouvelles relations femme-homme.

Il y a des choses à stopper au plus tôt et des choses à construire au plus tôt.

Et une des choses urgentes à construire, c'est une société où tout le monde peut avoir le bénéfice d'une révolution majeure de l'humanité : nous sommes passés de 80% d'une population pour satisfaire les besoins alimentaires, à 5 à 10% de la population nécessaire pour accomplir le travail. Nous avons le temps de vivre l'agora, construisons-la !

  • Quelle réflexion ! Il faut se dire que l'humanité ne peut que s'améliorer et basculer vers une meilleure énergie et donc mieux comprendre ses erreurs pour pouvoir un jour rectifier le tir et pourquoi pas comprendre pleinement notre monde et son fonctionnement ! Un plaisir de vous lire !

    · Il y a 2 mois ·
    Couleurs magiques yeux fleurs illustration psych d lique sh37 vivant chambre mur de la maison moderne.jpg 640x640

    lunaloona

    • Merci ! Avec le recul je me dis qu'il faut que j'écrive plus de balades dans l'océan des questions. Il faut que vous voyez ça, c'est magnifique, un paysage sans constance, une exploration de son propre regard sur le monde.

      · Il y a 24 jours ·
      Ixo

      ixo

    • Je vous lirai avec plaisir !

      · Il y a 24 jours ·
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      lunaloona

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