Prologue

azraelys

Âmes sensibles s'abstenir !

« Le 25 novembre est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. »

 

Cela existe-t-il vraiment ?

 

« En moyenne, au moins une femme sur trois est battue, victime de violences sexuelles ou autrement maltraitée par un partenaire intime au cours de sa vie. »

 

Pourquoi… à présent ?

 

« Plusieurs sondages mondiaux suggèrent que la moitié des femmes victimes d'homicide sont tuées par leur conjoint, ou ex conjoint, ou compagnon. En Colombie, une femme serait tuée de cette façon tous les six jours. »

 

Nous sommes si nombreuses.

 

« On estime que, dans le monde entier, une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentatives de viol au cours de sa vie. »

 

_____

 

La télévision s'éteint dans un lourd fracas. Elle s'est écrasée à terre tandis que j'échoue sur le meuble où elle se trouvait. Ma place se superpose à la sienne.

L'acte de procréation qui s'ensuit est ma damnation. Cette action pourtant si anodine est ma perdition.


Les yeux plissés, il plane dans un brouillard engendré par l'inhalation répétée de ses drogues. Pendant ce temps, son phallus s'immisce en moi sans même avoir besoin de mon consentement. Il se déchaîne et martèle jusqu'à mes parois. Je n'en ai pas spécialement envie, mais lui, il en a besoin. Cette verge m'empale jusqu'à sang, comme d'habitude.


Ce corps n'est plus mien.


Tout ce que j'ai, c'est cette douleur.


Soudain, lassé par la même position, il se décide à me retourner. J'ai souvent l'impression qu'il me fixe du regard. Je crois qu'il me regarde. Mais il ne voit que son reflet victorieux dans l'écume de mes yeux. Il semble s'extasier de l'absence de plaisir que je peux avoir lors de ces ébats. Je n'émets aucun bruit, aucune plainte. Baignant complètement dans la soumission, j'attends simplement que tout cela se termine.

Une boule de sentiments néfastes se trouve dans ma gorge et m'empêche de riposter.


Je suis prise au piège dans les bras d'un homme qui se contente de planter ses crocs sur ma peau et de m'injecter le même poison pour que je reste à ses côtés. Fuir n'est même plus une option envisageable. Je n'ai nulle part où aller. Je n'ai personne vers qui me tourner pour émettre des complaintes. Cela fait déjà six ans que je suis dans l'incapacité de me décider à le quitter, car je n'ai nulle part où retourner. Pourtant, j'ai beau vivre à ses côtés depuis ses longues années, il me retourne comme une dévergondée. À chaque nouvelle position, mon humanité se dissipe un peu plus.


Ses mains empoignent soudainement mes hanches avec fermeté, alors qu'il prononce un autre prénom. Ses yeux sont emplis d'un plaisir égoïste et sa bouche salive en louchant sur mes attributs manquants. Il savoure ma maigreur et s'élance avec frénésie vers un dernier cri. Il déverse en moi ce fluide ardent qui me dégoûte toujours autant puis il s'arrête. Il remonte son pantalon et se jette sur le canapé, pleinement satisfait.

Un trou reste un trou, quelle que soit sa couleur ou sa largeur. Pour lui, seul l'humidité et la chaleur de cet antre lui sont nécessaire.

Je suis sa pute à temps partiel et sa bonne à plein-temps.

Accessoirement, il lui arrive de se souvenir que je m'appelle Maelys et que je suis sa femme. Mais ça, ce n'est qu'un détail parmi tant d'autres.

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