Quand était-ce?

menestrel75

Quand sera-ce ?
Il est là. Exactement là.
Il devait être là.
Il aurait pu être là.
Elle le voit sans le voir,
Ses yeux celés sur le passé.
Il lui paraissait immense.
Il ne bougeait pas. Seuls ses yeux étaient mobiles.
Elle se dirigea vers lui, les regards se frôlèrent.
Et tout commença.
La caresse brûlante de ses prunelles glisse le long de ses cheveux défaits,
de son manteau ouvert sur une sage jupe fluide,
sur les bottes à talons qui volent sous son nez et la dirigent vers l'escalier.
Il est là, derrière, elle sent le poids de son regard assombri de désir,
de son souffle rauque dont il vient d'effleurer son cou, animal.
La jupe se balance, chaloupée.
Les clefs s'entrechoquent, nerveuses sur la serrure.
Ils franchissent le seuil, ils ne disent rien.
Ils savent que les yeux s'accrochant vont tout allumer.
Le manteau vole, le sac tombe au sol.
Les mains osent à peine, pas encore.
A nouveau, cette voix qui lui répète :
« Prends-là avant qu'il ne soit trop tard !
Prends-là puisqu'il est trop tard ! »
  
Une vague violente les submerge,
la marée sous l'effet de l'astre capricieux n'aurait pas mieux investi leurs cœurs muets.
Dans la fureur contenue d'un océan de tendresse, se noyer d'ivresses sans inutiles promesses…
Voilà leur nouveau credo.
Ses doigts d'homme pressé esquissent rapidement les contours de son corps de femme trop longtemps espéré, délaissé.
La maille fine des bas clairs atténue quelque peu la pression,
la caresse se perd sous l'étoffe brune et vaporeuse.
Il remonte sans la lâcher des yeux.
Ronde et pleine, sans aucune entrave de tissu, voici sa lune !
Il a apporté le miel…
Elle le sent frémir contre elle, la ceinture glisse déjà sous ses petits doigts qui le sentent nu dessous, conformément à ses souhaits.
Elle apprécie fermement et brûle de s'emparer dans un soupir de gourmandise de sa virilité érigée si promptement.
Il sourit furtivement.
Car il devine qu'elle veut le faire languir.
Reconduction tacite.
Lorsque ses mains à lui saisissent ses fesses tendues,
il la sent prête à l'assaut.
Leurs langues jouent à se retrouver,
leurs souffles à se respirer, à s'accélérer déjà, si vite, trop vite.
Ils ont essuyé une vague en ton nom, Désir.
Une véritable et peu commune lame de fond
Ce désir a ravivé la plus infime de leurs sensations
La plus intime de leurs perceptions...
L'alchimie opère encore, pourquoi en avoir douté ?
Le monde bascule, le temps n'est plus.
Il la soulève comme une plume, ses jambes serpentines s'enroulent autour de lui.
Elle a retrouvé sa place, dans ce creux de chaleur…
Il peut bien l'emmener n'importe où.
Objets épars, chemins prestement parcourus.
Les tissus sont repoussés, les corps s'extirpent vivement hors de cette chrysalide d'attente et de mascarades.
Elle laisse tomber le corsage de satin blanc, qui s'entortille sur le sol comme une fleur de lune.
Elle ne portait qu'une toute petite culotte sous sa jupe fluide.
Ses seins étaient nus, tendus.
Il la pose sur le nuage brûlant de ses envies.
Leurs sexes se frôlent déjà, aimantés.
L'envie de peau est violente, viscérale.
Enchâssés, enchevêtrés, jeux d'étreintes profondes. Ils s'appartiennent.
Elle sourit, son miel s'écoule déjà, l'invite à se glisser au plus profond.
Elle s'accroche à son cou.
Il la renverse, la contemple à plat dos.
Elle est rose de plaisir contenu.
Elle tend les mains.
Qu'il évite.
Elle ouvre imperceptiblement ses jambes,
Offrant à sa vue une vulve bombée, ornée d'une toison magnifique.
Il se met à genoux au bord du lit, entre ses pieds.
Elle joue avec ses orteils contre ses cuisses.
Du bout de son petit pied, elle effleure ses bourses.
Il esquive la caresse mutine, se met à plat ventre entre ses cuisses
maintenant grandes ouvertes comme une corbeille de fleurs
dont il hume les parfums, caressant sa toison de son nez léger.
Il se délecte des frissons qui l'envahissent.
Elle continuait sa route solitaire le long de la plage glacée de ses désirs brûlants..
Elle sent le cœur de sa mer qui bat, elle sent ses mots à l'intérieur d'elle
aussi intensément que lui sent les palpitations de son sexe.
Der wunderschöne Monatmai.
Elle entend sa voix et chacune de ses inflexions la propulse en lui.
Elle entend le chant de ses désirs quand il psalmodie pour elle ses poèmes sans nom,
Elle entend les soupirs de ses envies à elle qui se mélangent aux soupirs qu'il exhale en respirant sa toison.
Les souvenirs cachés dans un coin reculé de la mémoire resurgissent avec la force de la marée.
La mer lave les maux de tous les hommes.
Le temps, ce merveilleux antalgique, panse les blessures les plus profondes.
Der wunderschöne Monatmai.
Le mois de mai a vécu.
Elle ne supporte plus la caresse de son nez sur son intimité foudroyée.
Elle agrippe sa tête de ses deux mains.
Il glisse ses deux mains sur ses seins qu'il étreint.
Leurs murmures n'ont plus ni vanité ni jalousie.
Leurs râles se font plaisir,
Elle s'ecchymosait, se blessait, se soûlait, se noyait au creux de son absence...
« Ravive, allume, verse, espère-moi encore un peu dans l'indécence ! »
« Chut... je sais enfin ta présence. »
Il se redresse sur ses genoux, caresse l'entièreté de son corps de ses regards.
Elle lui impose le silence d'un baiser vorace, gourmand, qui ne semble plus avoir de limites si ce n'est celle de leurs respirations qu'ils n'arrivent plus à reprendre.
Elle lui referme la bouche d'un doigt :
« - Dans tes rêves éclatants, au long de tes insomnies, ne me voulais-tu pas maîtresse ? Ne dis rien et laisse-toi faire,
laisse-moi disposer de toi, mon désir sera ton plaisir. »
Elle se met à genoux face à lui, ils sont comme deux amants en prière.
Elle passe ses bras autour de sa taille, il l'enserre aux épaules.
De son ventre vitupérant, elle lui donne de petits coups dans le pubis, s'arrête, regarde son regard.
Elle colle sa toison emmiellée contre sa verge tendue.
Il se redresse, debout au-dessus d'elle, elle le repousse des deux mains sur son ventre, le fait tomber du lit.
Elle se colle à lui, dans son dos, croise ses mains sur son ventre, saisissant son sexe.
« - ne bouge pas et laisse-toi faire, laisse-moi te faire l'amour, tu seras mon plaisir et je serai ton désir. »
Elle se laisse glisser derrière lui, le visage contre ses fesses, en respirant son odeur bruyamment,
elle tourne autour de lui sur ses genoux, se penche pour déposer un baiser sur chacun de ses orteils
et remonte lentement sur sa nudité, parcourant sa peau de sa langue, tournant autour comme un animal.
Il tend un bras, une main pour la faire venir à lui,
elle le retient, l'en empêche,
plongeant dans son regard voilé par l'anticipation de ce qu'il n'a même pas eu à attendre, il n'y a plus rien à dire. Tout reste à faire.


«  - Je te le répète, ne me voulais-tu pas maîtresse ? Ne dis rien, ne réponds pas et laisse-toi faire,
laisse-moi disposer de toi, comme j'en rêve depuis des nuits et des jours, mon désir sera ton plaisir. »

Et elle l'a aimé comme jamais on l'avait aimé, goûtant son essence à la source, le faisant vibrer et crier,
chaque centimètre de sa peau de femme a aimé chaque centimètre de sa peau d‘homme.
Elle s'est fait jouir à son sexe, se glissant, va et vient charnel et fusionnel,
le chevauchant amazone d'un autre temps, sa bouche l'a tellement aimé qu'elle lui a offert dans un baiser sa semence douce et acidulée, don du plaisir, don du désir.
Elle a joui encore en s'arrogeant le cul de son amant, une première qui l'a submergée en provenance du tréfonds de ses fantasmes ;
elle a connu le plaisir des larmes qu'elle versait, entraînées par la découverte de son anus frémissant dont il ne savait maîtriser les réactions.
Elle l'a tellement aimé qu'il a cru en mourir, frôlant la mort, petite mort, et les cris ont déchirés la nuit,
elle et lui symphonie éternelle, audacieuse, piétinant les interdits et pourtant si belle.
Le sommeil les a pris au petit matin, sur un rayon de soleil, ils ont ouvert les yeux, dans les yeux, sur un sourire,
elle s'est blottie au creux de sa chaleur, de ses bras, la bouche à son oreille :
« - Bonjour, Monsieur mon amant... je vous écrirai demain ou un jour à venir, ce que j'ai ressenti cette nuit.
Un jour sans prévenir, si vous voulez me revoir, vous m'imposerez le silence vous aussi. Et ainsi notre désir sera notre plaisir, l'un et l'autre pour nous.
Mais je ne veux pas attendre, je ne veux pas souffrir sur des espérances, je veux que ça arrive comme ça, par hasard,
je ne veux pas taquiner mes envies avec des fantasmes une fois par mois, je veux vivre et vous aimer comme je peux et non pas vous aimer pour vivre un peu. 
Bonjour, oh oui, je nous souhaite encore le bonjour à tous deux, en espérant très fort que nous nous dirons bientôt « bonne nuit » …
Mais, pour l'heure, je vous dis : Merci Monsieur d'avoir parfumé mon corps de votre plaisir,  de m'avoir laissé découvrir et savourer ma jouissance en vous offrant mes folies que je n'avais encore jamais offertes… jamais de cette façon …
Je pars, Monsieur, à regret, environnée des fragrances délicieuses de vos couilles, de votre foutre, de votre antre dont la saveur persiste sur mes doigts, sur mes lèvres.
Mais soyez certain, je vous le répète, je vous écrirai demain ou un jour à venir et alors, j'attendrai que vous m'écriviez tout ce que, vous, vous avez ressenti … »
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