Questionnement...

Dominique Capo

Ma contribution éventuelle...

Plus j'y réfléchis, plus je pense qu'un jour ou l'autre, il me sera nécessaire d'écrire un texte sur le handicap et/ou la maladie, ainsi que ceux et celles qui en sont atteints. En effet, ceux et celles qui me connaissent ici depuis longtemps, qui me lisent et me suivent régulièrement, connaissent ma situation personnelle par rapport à cet aspect de la personne que je suis.

Malheureusement, je suis loin d'être le seul. Combien d'autres sont confrontés aux mêmes difficultés, aux mêmes épreuves, aux mêmes solitudes, au même désarroi, au même désespoir ? Combien d'autres sont considérés comme des "citoyens de seconde zone" parce que différents du fait de leur handicap et:ou: de leur maladie ? Combien se retrouvent isolés, avec le sentiment d'être mis à l'écart, regardés comme négligeables ? Les gens dits "normaux" considérant que ce qu'ils ont à partager, à offrir, à dire, a moins de valeur, d'intérêt, de pertinence, que vis-à-vis des autres catégories de la population.

Que ce soit vis-à-vis de la famille, des proches au sens large du terme, des ami(e)s, du monde du travail, de la société en général. Il est utile et nécessaire d'aménager les lieux, publics ou non, afin qu'ils y aient accès. Mais tant que le milieu familial, social, professionnel, etc. les verra comme des gens qui ne sont là que pour regarder et écouter les autres vivre, s'épanouir, être heureux, partager des instants précieux auxquels eux n'ont pas droit parce qu'inconsciemment, on les voit comme interdit d'accès à ce genre de choses, ils vivront leur vie comme une souffrance, une blessure béante impossible à cicatriser. Parce que chaque geste, chaque mot, chaque comportement, de la part de la famille, des amis, de la société, du milieu professionnel avantagera plus ceux et celles qui sont "normaux" que ceux et celles qui sont "différents".

Ce n'est pas nouveau. Cette mentalité existe depuis que la vie sociale entre les uns et les autres existe. Or, à l'heure où on se soucie des répercussions psychologiques, physiques, sociales, professionnelles des victimes de viol, de pédophilie, etc., les handicapés et les malades sont laissés de coté. Comprenez moi bien : il est nécessaire, vital même, que la société évolue concernant les victimes de viol, de pédophilie, ou de toute autre horreur de la mème sorte. Je suis le premier à m'élever contre ce genre d'exaction qu'elles subissent. Je suis le premier à condamner ceux qui trouvent plaisir à faire souffrir les autres de cette manière.

On se soucie également du bien être des personnes âgées, de leur sérénité, pour qu'elles vivent leur fin de vie dans les meilleures conditions possibles. On en prend soin, on les protège, on les écoute, on est présent. Mais, de par mon expérience personnelle - je ne dis pas que c'est le cas partout et avec tout le monde -, je constate que ce qui est fait pour toutes ces personnes ne l'est pas forcément fait pour des personnes comme moi atteintes d'un handicap ou d'une maladie. Je constate qu'on privilégie davantage les uns au détriment de personnes comme moi. Parce que, contrairement aux victimes de viol, aux personnes âgées, etc., malgré leur état, elles aussi sont considérées comme "normales". Parce qu'avant d'être inactives, elles ont été des éléments productifs, qui ont contribué par leur travail, à l'ensemble de la société, que leur labeur a été utile d'une façon ou d'une autre. De fait, la prise en compte de ce qui leur arrive est, inconsciemment, plus nécessaire que vis-à-vis d'une personne handicapée ou malade. Parce que celle-ci est plus un poids pour la famille, pour le cercle proche ou lointain, pour le milieu social ou professionnel, qu'autre chose. C'est bien simple : à compétences égales ou supérieures, ces milieux privilégieront les personnes "normales" plutôt que celles qui sont différentes.

Alors, aménager les espaces publics ou privés pour elles, c'est bien. Mais si on les met dans un coin familialement parlant, socialement parlant, professionnellement parlant, etc., ces efforts ne servent qu'à peu de choses. Ils vont dans le bon sens certes, mais ce n'est pas suffisant.

Il est nécessaire, vital, que ces personnes ne se sentent pas mises systématiquement, inconsciemment, mises à l'écart, parce qu'on s'imagine qu'elles n'ont rien à apporter, que leur capacités, que ce qu'elles savent, pensent, disent, que leurs expériences personnelles, etc. sont négligeables, sans attraits, etc. Au risque de contribuer encore plus à leur sentiment d'être différent, et donc rejetés. Au risque de les blesser davantage qu'ils ne le sont par les vicissitudes de l'existence, d'exacerber leurs fragilités, leurs sensibilités dus à leur état ; de les isoler encore plus. De les rendre malheureux, de les faire se sentir inutiles. Et ce, malgré tous les efforts qu'ils peuvent ou sont capable d'accomplir pour tenter de s'intégrer aux milieux qui, dès le départ, les mettent de coté.

C'est sur tous ces aspects, et bien d'autres auxquels j'ai longuement réfléchi depuis des mois, voire des années, que je souhaiterai écrire prochainement. Un texte équivalent en longueur et en profondeur, à celui intitulé "Dieu et le Big Bang", que j'ai rédigé il y a deux ou trois ans maintenant. C'était juste après ma lecture de "La Formule de Dieu", de JR Dos Santos, car cet ouvrage m'avait réfléchir sur les questions qu'il soulevait, et les réponses partielles qu'il y apportait. Je souhaitais alors contribuer aux réflexions qu'il ouvrait.

Je souhaiterais en faire de même concernant le handicap et la maladie, ceux et celles qui les subissent, et les conséquences désastreuses, dramatiques, à de nombreux niveaux, auxquelles ils sont sujet.Et moi le premier, comme je l'exprime souvent dans certains de mes textes les plus personnels.

Une modeste contribution peut-être, qui ne changera pas les choses, j'en suis convaincu. Peut-être, malgré tout, cela ouvrira t'il les yeux de quelques-uns et de quelques-unes sur ce que leur comportements engendrent sur des gens comme moi ou d'autres, qui se sentent en permanence mis à l'écart, rejetés, soumis au silence et à la solitude. Peut-être se rendront-ils compte que ces comportements les meurtrissent, les détruisent, les poussent au désespoir et à la folie, et qu'ils ne peuvent dès lors s'exprimer que les moyens qui leur restent, et qui, le plus souvent, sont encore plus destructeurs - autant pour eux que ceux et celles qui les entourent.

Nous verrons bien. En tout cas, aujourd'hui, c'est mon jour de repos. Je termine ce texte, avant d'aller me reposer, parce que la semaine qui vient de s'écouler a été exténuante physiquement, psychiquement, émotionnellement. Je vais aller visionner un épisode de "la caméra explore le temps", un ou deux films téléchargés sur le disque dur de mon lecteur-enregistreur de DVD. Car il n'est pas question de sortir ; il fait trop chaud, et ce n'est pas bon pour mon état de santé. De plus, il y a des risques d'orage dans la région aujourd'hui. Puis, ce soir, un autre film éventuellement, mais téléchargé sr une clé USB que je branche sur un port du même type, de mon téléviseur. Avant d'aller lire de 23h à 1h du matin la suite la quadrilogie de romans se déroulant durant la croisade contre les cathares au début du 13e siècle, et qui est passionnante, captivante.

Sur ce, je cous laisse. Je vous souhaite un bon repos dominical. Profitez bien de partager des instants privilégiés avec les vôtres, avec ceux et celles que vous aimez et qui vous aiment, qui sont importants pour vous autant que vous êtes importants pour eux. Soyez heureux, en bonne santé - c'est un privilège que tout le monde na pas. Pour ma part, je vous souhaite tout ce qu'il y a de meilleur sur cette Terre. Mes pensées les plus affectueuses et les plus amicales vous accompagnent en permanence...

Dominique Capo

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