Robomosexuels

anxiolytique


L'un bénéficiait d'une grande taille,
La ferraille sur son crâne en bataille.
Au-dessus de ses imposants talons,
Trônaient ses ligaments de laiton,
Imposant sa carrosserie droite
Boulonnée de façon fort adroite.

L'autre souffrait d'une taille modeste
Mais défilait d'un pas assuré, leste,
Bâtit et soudé dans l'aluminium,
Il paraissait léger comme l'hélium.
Ils avaient quelque chose en commun,
Probablement tiré de l'être humain :

L'amour et l'homosexualité
Du binôme aux châssis érotisés,
Aux désirs primaires et mécaniques.
Dans un brillant ballet logarithmique,
Ils paradaient afin de se séduire,
Vidanger leur détergent puis s'enduire.

Le premier, la denture rétractée,
Mais la mâchoire goulûment vissée,
S'exécutait dans un lent va-et-vient
En articulant les doigts de sa main,
Pour extraire et ingérer les données
De son fier compagnon métallisé.

Celui-ci arborait une érection
Comparable à une barre de plomb.
Sa batterie, à l'aube de l'ardeur,
Faisait pulser son ronronnant moteur
Pour diffracter sa liqueur digitale
Tenue en sa soupape génitale.

Dans la lueur des néons rémanents,
Les robots, dans un doux vrombissement,
Se caressaient mutuellement
Et lustraient leurs deux carrosseries,
Saillantes, empreintes de rêverie
Dans une artificielle synergie.

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