Suite 2 - Abracadabrantesque

menestrel75

"Nous aimons les fictions dans la mesure même où la fable reste assez dépendante du monde réel pour que nous ne sentions jamais mourir en nous le sentiment du vrai." (G.Duhamel)
« Je viens de vous demander votre culotte… »
« Je vous la donnerai si vous me donnez votre slip »
 
Il est ravi de sentir son répondant autant que ses tentatives de résister.
N'est-ce pas là précisément, le délice de ces jeux d'approche ?
 
« Reprenons une coupe, voulez-vous ? »
« Chercheriez-vous à me griser ? »
« Certes, n'en doutez pas, mais pas par l'alcool. »
 
Elle le regarde alors, décidée à le provoquer, voulant ainsi essayer de prendre l'avantage, lui montrer qu'il ne va pas réussir à la manœuvrer aussi facilement.
« Je suis sous le charme de cette rencontre qui est notre première rencontre.
Je suis malgré tout très étonnée que vous osiez me demander ma culotte.
Seriez-vous fétichiste des petites culottes ?
Et puis, cher Monsieur, comment pouvez-vous être certain que j'en porte une ? »
 
« Je ne suis jamais sûr de rien, chère Madame, mais ce que je sais de vous me permet de penser que vous n'êtes pas du genre à venir une première fois les fesses à l'air… »
Il la regarde en souriant doucement, il aime son allure et elle le devine.
« Soit, oubliez donc ma demande ! Peut-être suis-je un peu trop « speed » comme me l'a récemment reproché une femme avec qui je corresponds… »
 
« Non, non, je n'oublie pas, bien au contraire… »
(Elle sent instinctivement qu'elle peut le contrer, à ce moment, et ce jeu tellement cérébral en même temps qu'érotique la ravit.)
Le maître d'hôtel a discrètement posé deux nouvelles coupes et quelques amuse-gueules.
Il se saisit d'un petit canapé et se penche pour lui donner.
Elle l'attrape de ses lèvres en le fixant. Regard intense de part et d'autre.
 
« Votre galanterie est charmante…et le champagne que vous m'offrez ne me fait pas oublier que c'est vous qui renoncez au défi que vous m'avez lancé. C'est donc moi, maintenant, qui vous prie de me donner votre slip… Je vous attendrai sagement, je ne toucherai même pas à ce champagne…
Allez vite aux toilettes… et faîtes en sorte d'accéder à ma demande. »
 
Il est tout à fait étonné du ressort dont elle fait preuve ; il voit bien à ses yeux brillants, à sa respiration plus rapide qu'elle est dans l'émotion et il ne peut se cacher à lui-même qu'il éprouve une exaltation certaine.
Il a juste le temps de penser qu'il est ravi de sentir qu'elle a envie de Jouer.
 
« Eh bien ? Vous hésitez ? Vous avez peur d'aller vous déculotter ?
Devrais-je vous prendre par la main pour vous emmener moi-même et prendre ce que vous n'osez faire ? »
 
Elle a conscience qu'elle fait très fort et, subitement, comprend qu'elle risque d'être prise à son propre jeu.
 
« Je devine sans peine ce que vous pensez à cette seconde…
Comment allez-vous vous sortir du piège que vous vous êtes tendu ? »
 
« Je n'ai nullement la sensation d'être dans un piège… »
Tout en prononçant ces mots, elle prenait conscience que le virage allait être délicat à prendre, à négocier…
Oui, voilà, si dit-elle, négocier…
 
« Mais, chère amie, voyons… Comment pouvez-vous être certaine que je porte un slip !
Voyez-vous en plus d'être "speed", je suis audacieux.»
 
« Je n'hésiterais pas à vous présenter mes excuses si vous me démontrez que j'ai tort de penser que vous ayez pu oser venir nu sous ce pantalon de velours…
Un simple petit glissement de braguette suffirait à me rendre compte… même ici… »
 
« C'est très vrai, même ici, un simple petit mouvement de vos jambes suffirait à ce que mon regard indiscret puisse discrètement apercevoir si quelque étoffe protège votre vulve.. »
 
Diable d'homme, pense-t-elle…
 
« Votre regard, votre voix me troublent... Je sais que vous le savez... 
Vous en jouez... Comme d'une caresse !  
Grave... Chaude... Sensuelle... Tendre... Elle me bouleverse...!
Continuez à me faire frissonner... sous le souffle de vos mots...
Doux et... chauds…
Faîtes rougir mes joues des aveux que vous me dérobez...
Et d'émotion, mes seins se durcissent sous ma robe... »
 
Instantanément, elle comprend qu'elle n'aurait pas dû dévoiler ses sensations intimes…
Son antre est aussi émue que sa tête… Ses yeux humides et brillants n'ont rien à envier à son sexe…
Elle se sourit en pensant fugitivement qu'au fond, ce serait un bel hommage rendu à cet homme que de lui montrer à quel point il parvient à lui faire mouiller sa culotte…
 
« D'abord, on se croise, dans une gare,
Ou dans un lieu tout à part,
On s'envoie cent messages sur le tard,
Se promener l'œil hagard
A la recherche d'un phare
Puis se croiser par hasard
S'égarer dans un regard
Ensuite
Commencer à écrire une histoire
S'amuser à quatre mains
Et effeuiller délicatement demain ...
Aimez-vous mes mains ?
Et alors désirer… et ce n'est pas hasard !
S'installer dans cette histoire
Oublier tout ce qui est noir
Et s'effleurer avec égard... »
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