Symphonie inachevée

menestrel75

Nouvelle prémonitoire
Elle est en réunion, son esprit vagabonde …
Elle pense à Lui !
Lui qu'elle ne connaît qu'à travers ses mots.
Lui qui murmure à son oreille des mots magiques, sensuels et romantiques.
Il écrit si bien. Sa plume n'est qu'élégance et raffinement… Muse, que t'arrive-t-il ?
Ce n'est pas sérieux ! Reprends-toi ! Tout cela ne te ressemble pas !
Elle se re-concentre et écoute attentivement l'intervenante qui se démène pour expliquer le bien-fondé de la mise en place d'un parcours artistique et culturel dans le cursus d'un élève…
Artistique et culturel...Cela la ramène à Lui !
Sa culture aussi foisonnante qu'éclectique la fascine.
Esprit brillant pas sartrien, ses références sont multiples.
Il aime Nougaro, De Palmas, Wagner, la musique classique, émaille ses productions de nombreuses citations…
Et c'est reparti ! Il est encore là à squatter ses pensées ! Que faire ?
Elle est comme envoûtée par cette mélodie, cette somptueuse symphonie littéraire.
Elle aime les poètes, c'est là sa déraison !
C'est étrange, ce magnétisme qu'exercent ses écrits sur elle.
Cela lui rappelle un film de Spike Jonze : « Her » .
Le héros, Théodore, écrivain public, bouleversé par un récent divorce, décide de communiquer avec Samantha, logiciel féminin dont l'intelligence artificielle s'adapte parfaitement à sa personnalité. Ainsi, la voix suave, sensuelle de Scarlett Johansson l'accompagne et lui susurre avec intuition et drôlerie à peu près tout ce qu'il a envie d'entendre...
Il finit par tomber éperdument amoureux de cette virtuelle amante idéale.
Muse, elle, n'entend pas sa voix à Lui ; elle suit seulement des yeux la courbe vibrante et ondulante de ses mots, elle plonge avec délice dans la profondeur de ses textes, s'en abreuve et s'en laisse pénétrer, envahir...et presque posséder !
"Madame ! Quel est votre avis ?
_Vous me parlez ?"
Muse, plongée dans ses rêveries, était encore avec Lui !
Elle ne comprend plus rien, ce nouvel état si soudain la bouleverse, elle voudrait résister mais n'y parvient pas.
Un vent de liberté souffle sur ses neurones, un parfum d'inconnu la poursuit et l'attire … Que va-t-elle devenir ? Que sait-elle de lui ? Bien peu et presque tout. C'est un dangereux séducteur, le genre d'homme, qui habituellement, la fait fuir… C'est un cerveau romantique dans lequel errent et virevoltent tant de douces et folles paroles …
Un être compliqué, multiple dont le mystère et la singularité l'attire autant qu'elle l'effraie...
Elle porte, en elle, ses mots , ses phrases qui la remplissent, l'habitent. Il lui dit : «  J'effeuille , un mot, deux mots, plusieurs ? Entre deux vers tendres ou lascifs » Et son corps se balance au rythme de cette sensuelle mélodie chaloupant sa démarche.
Il poursuit : « Que choisir pour commencer ? Simplement commencer par vous effeuiller. »
Et son esprit se déchaîne allumant des étoiles de passion dans son regard. Il lui susurre : « Mes yeux se seraient fermés et ma bouche aurait déposé sur la sienne un si doux baiser que j'aurais voulu que le temps se pose et s'arrête en milliers de chants étoilés »
Dis, pourquoi écris-tu si diablement bien!
Diable, pourquoi écris-tu si divinement bien!
Tu n'as qu'à claquer de tes mots et je retombe sous ton emprise... Depuis que ses vers dansent la sarabande dans sa pauvre tête, elle irradie, dégage une sorte de magnétisme animal ; elle se sent terriblement femme, désirable, désirée, désirante ...
Elle est comme auréolée d'un halo de sensualité qui semble attiser la convoitise des hommes qu'elle croise. Elle attend fébrilement ses messages, les consomme avec délice, elle aime ces histoires qu'il lui raconte, ces mille et une nuits qu'il invente pour eux ...
Muse est une idéaliste, une romantique.
Elle rêve d'absolu, de grands et nobles sentiments… Elle a une faim viscérale d'Amour fou , de passion ; besoin de ce carburant sentimental pour exister...
Elle rêve de rencontrer cet alter-ego, qui devancerait ses envies, exaucerait ses désirs, devinerait ses pensées, chanterait sa beauté, rendrait hommage à sa singularité.
Elle ne voulait plus de tiédeur, il lui fallait de la passion, un peu de virtuosité, de ces passions magnifiques et irraisonnées qui nous font vibrer, palpiter…au fil des pages. Celle du chevalier Des Grieux pour Manon
Celle de Félix pour Henriette
Celle de Roméo pour Juliette
Celle de Tristan pour Yseut
Celle de Solal pour Muse !
Etait-il celui qu'elle attendait ?
Elle est sous le charme de ses mots... Est-il celui qu'elle attend ?
Bien sûr que non !
Elle, la jalouse, la possessive, l'exclusive amoureuse d'un Don Juan, d'un libertin romantique ! C'est une hérésie.
Elle le soupçonne déjà d'écrire à pléthore d'autres femmes, femmes qui se pâment à la lecture de ses textes et cette seule idée la met dans une rage incontrôlable !
Elle veut bien entrer dans le jeu mais être l'unique, l'élue.
Pas de partage possible ou envisageable.
Elle le veut pour elle seule et qu'il le clame !
Folie, folie quand tu nous tiens…
Elle aurait aimer pouvoir se doucher le cerveau, le passer minutieusement au jet pour délivrer ses neurones de cette soudaine inclinaison qui asservit toute sa raison.
Pourquoi la choisirait-il, elle plus qu'une autre ?
Elle, sage comme une image,
Elle, sans expérience,
Elle, petite oie blanche,
Elle, douce rêveuse…
Muse passe devant le miroir, s'observe, lui plairait-elle ?
Il aimerait ses cheveux châtains aux reflets dorés, il aimerait ses yeux noisette en amande,
il aimerait la rondeur de ses seins, il aimerait la cambrure de son dos, il aimerait ses fesses charnues, la blancheur de sa peau. Il aimerait son air malicieux. Il aimerait sa jeunesse.
Oui, elle en était sûre, il la désirerait !
Rassurée, conquérante, elle se dirige vers son ordinateur, tape son message et lui envoie :
« Bercez mes oreilles d'écrites douceurs
Réveillez la part romantique de mon âme
Effleurez mon corps de subtiles caresses
Embarquez-moi dans votre, notre envolée lyrique
Rêvons ensemble !
Idéalisons…
Jouons puisque tu, je le veux !
Je ne serai pas tout à fait Moi.
Tu ne seras pas tout à fait Toi.
Nous serons tout à la fois extérieurs
et tellement présents à nous-mêmes. »
Le jeu commence.
Elle, timide et candide
Lui, assuré et virtuose
Leurs mots se mélangent, se désirent, se caressent .. 
Leurs mots se répondent, s'attirent, s'aiment…
Elle aime les folies qu'il lui murmure, il aime les douceurs qu'elle lui susurre !
Leurs esprits s'enflamment, leurs corps se consument…
Vladimir, je revis par ta flamme
Tu me sais à la merci de tes mots
Esclave consentante de tes arpèges verbaux !
Touchant tour à tour mon pauvre cœur et mon humanité tremblante...
Court-circuitant mes fragiles certitudes
Réanimant mes dangereuses tendances romantiques
Tu prends ma main et m'entraînes dans ton aventure merveilleusement démoniaque.
Les jours passent, il est temps pour eux de …
de se voir, se rencontrer, de vivre leurs écrits...
Assis à la terrasse d'une brasserie parisienne, il ne cesse de penser à Elle, à demain,
jour de leur premier rendez-vous… Il est excité comme un adolescent.
Il va enfin la découvrir, la respirer, la toucher, la tendresser.
Il avait su très vite qu'elle était celle qu'il attendait,
elle l'avait agacé par ses hésitations, sa danse de midinette, un pas en avant deux pas en arrière, elle l'avait ému. Comme la rose du petit prince, elle était capricieuse, exigeante, maladroite mais tellement attachante, touchante dans sa fragilité, sa sensibilité à fleur de peau .
Il pense à Elle, sa petite ingénue, sa jeune élève si talentueuse. Il avait pressenti en elle des aptitudes exceptionnelles et elle ne l'avait pas déçu, l'alchimie entre eux était parfaite. Elle progressait étonnement vite. La tortue s'était muée en féline panthère…
 
Ils ne se connaissent qu'au travers de leurs mots...Le temps est venu pour eux de se rencontrer...
Ils doivent se retrouver à Deauville sur la plage .
Muse arrive la première, il est très tôt, tout est désert.
Elle s'assoit sur le sable et regarde le soleil se lever sur la mer.
Elle est un peu nerveuse, elle n'est pas habituée à ce genre de situation .
Elle a quelques appréhensions... Elle a longuement réfléchi à la tenue au style qu'elle arborerait pour cette première apparition aux yeux de son Pygmalion poète .
Elle a opté finalement pour une robe légère en soie et dentelle bleu nuit au décolleté suggestif juste ce qu'il faut, fendue sur les côtés qui laisse entrevoir ses cuisses au gré de ses mouvements. Elle aperçoit au loin un cavalier, il arrive au galop, s'arrête devant elle.
« _Vladimir ?
_Oui , venez, je vous enlève chère Muse !
Il lui tend la main pour l'aider à monter à ses côtés sur le cheval .
_Mais je ne suis pas cavalière et je porte une robe...
_Pas de manière avec moi ma chère Muse !
Et ne vous inquiétez pas, passez vos bras autour de ma taille, accrochez-vous, lovez-vous contre moi et suivez les mouvements de mon corps, ce sera un excellent exercice préliminaire aux voluptueuses chorégraphies que je compte bien vous faire exécuter ultérieurement... »
lui dit -il avec un petit sourire enjoué en plongeant ses yeux verts dans les siens .
Elle sent le rose envahir ses joues, il éprouve un gentil plaisir à mettre sa sage petite muse en émoi. Muse est profondément troublée par ce contact si rapide !
Coller ses seins , son ventre tout contre son dos .
Poser sa tête sur son épaule, respirer son odeur , sentir ses cheveux effleurer sa joue !
« Attention, on accélère la cadence, Chère petite !
_ Non, j'ai peur de tomber, s'il vous plaît !
_Resserrez-vous et ayez confiance en moi. »
Muse se serre fort contre lui et s'agrippe à sa taille.
Il aime la sentir si proche et sous sa protection.
Ils galopent ainsi pendant plusieurs minutes.
Il stoppe sa monture devant une jolie demeure normande à colombages.
« Nous sommes arrivés, laissez-moi vous aider à descendre. »
Il la saisit par la taille et la pose au sol. Il prend sa main, s'écarte un peu et la regarde .
_Vous êtes ravissante Muse plus encore que je ne l'imaginais !
Elle rougit et ne sait trop que répondre .
_Venez… Ne perdons plus de temps, Ma Dame !
Il l'entraîne dans une sorte de petit boudoir.
_ Voulez-vous boire quelque chose, un café, un thé , un chocolat ?
_ Un café s'il vous plaît.
_Très bien je vais vous chercher cela, mettez- vous à l'aise, faites comme chez vous .
Quand il revient chargé de son plateau, il s'arrête stupéfait ! Elle n'est plus là !
Évaporée, évanouie dans le décor ! Il aurait dû s'en douter, apeurée, rongée par la culpabilité, elle s'est enfuie !
« Muse! Muse! Où êtes-vous ? Ne faites pas l'enfant…
Muse s'est volatilisée.
A ce moment précis, une étrange jeune femme masquée enroulée dans un long voile aux transparences évocatrices sort négligemment de sa salle de bains.
« Que faites-vous chez moi, Madame, où se trouve Muse ? Avez- vous vu, croisé une jeune femme qui pourrait être votre jumelle vêtue d'une robe marine sortir d'ici ? Muse ?
 
_Muse ? Tenez, elle a laissé ce mot pour vous.
 
Cher Vladimir, poète de mon cœur
JE suis sérieuse, ELLE est sauvage !
JE suis raisonnable, ELLE est rêveuse !
JE suis sage, ELLE est rebelle !
JE suis jolie, ELLE est fatale!
JE suis timorée, ELLE est aventurière!
JE suis discrète, ELLE  est flamboyante!
JE suis séduisante, ELLE est enivrante!
JE suis romantique, ELLE est sensuelle!
JE suis polie, ELLE est insolente!
ELLE n'est pas vraiment MOI .
JE ne suis pas tout à fait ELLE.
ELLE est femme, JE suis mère!
ELLE est l'amante, JE suis l'amie!
ELLE est capricieuse , JE suis généreuse!
ELLE est impétueuse , JE suis réfléchie!
ELLE est sexy , JE suis élégante!
ELLE est magnétique, JE suis distante!
ELLE est mystérieuse, JE suis rassurante!
ELLE est libre , JE suis prisonnière!
ELLE est sensible, JE suis forte!
 
Bien jalouse et possessive, je vous laisse avec ELLE !
Vladimir qui, un instant avait eu peur, ne put s'empêcher de sourire. Il avait connu toutes sortes de scénarios mais celui-ci était inédit et attisait sa curiosité ainsi que tout son être ...d'autant que cette nouvelle Muse était diablement sexy.
 
« Qui êtes-vous donc belle inconnue masquée ?
_Je suis une Muse, votre élève ! Maître. Répond-t-elle en esquissant une discrète révérence.
Elle déroule une partie de son voile laissant ainsi apparaître la pointe de son sein gauche et la tend à Vladimir.
« Tenez cher Vladimir ! Nouez s'il vous plaît, ce tissu autour de votre poignet. 
Nous voici ainsi attachés l'un à l'autre ! Qu'en dites-vous ? Aimez-vous cela ?
Je suis à votre merci...Libre à vous de poursuivre le déroulement de ce voile…
_Intéressant… J'avoue être plutôt impatient de vous dévoiler, ma chère ! dit-il en commençant à tirer doucement sur la fine étoffe.
La vie est un jeu, n'est-ce pas ?
_Certes, j'aime jouer mais ...
_Pas de mais ! Prenez ce jeu de cartes. Nous en choisirons une à tour de rôle.
S'il s'agit d'un personnage masculin, vous pourrez tirer ce voile une fois.
S'il s'agit d'un personnage féminin, j'aurai le privilège de vous enlever l'un de vos vêtements.
_ Je suis un galant homme, je te laisse donc commencer, petite intrigante.
_Dame de trèfle, à moi l'honneur ! Elle s'approche, déboutonne sa chemise et la lui enlève avec douceur.
_A toi, maintenant !
_ Roi de cœur ! Vladimir tire sur le voile et découvre ainsi l'autre sein de la belle .
_ Une autre carte ?
_Rien ne presse, laisse-moi le temps de te regarder, tu es si belle, perçois-tu l'immense désir que tu provoques en moi ? J'ai connu beaucoup de femmes mais…
 
Elle s'avance tout près de lui, les yeux plongés dans les siens et pose un doigt sur ses lèvres.
 
_Chut, mon Ami, chut, je sais. Ne mets pas tous ses fantômes entre nous.
Je te veux aujourd'hui vierge de tous souvenirs et tout entier consacré à moi, ta muse ?
Ta reine de cœur ! C'est d'ailleurs la carte que je viens de prendre !
Elle s'agenouille devant lui, défait sa ceinture, déboutonne son pantalon qu'elle fait glisser le long de ses jambes musclées. Il profite de ce moment pour caresser ses longs cheveux bouclés, il prend délicatement sa tête entre ses mains la relève et l'attire à lui. Ils sont beaux, là, debout, collés, liés l'un à l'autre, vibrants de désirs à venir, lui en boxer, elle avec pour seule parure, son voile autour des hanches.
« Dis-moi petite sorcière, ne m'as-tu pas dit être mon élève et moi ton maître ?
Parce que jusqu'à présent, tu as soigneusement inversé les rôles ! Il est temps pour nous, pour moi de redevenir ton professeur d'amour. » Il s'écarte un peu et lui retire son masque.
 
« On dirait que j'ai retrouvé ma Muse...Tu aimes mes mots, n'est- ce-pas ?
_J'en suis folle ! Je me délecte de ce flot d'adjectifs, de verbes et de noms que tu assembles avec brio pour faire chavirer tout mon être."
_Ces mots d'amour, je veux les graver en toi ! Attends, je vais chercher ce qu'il faut pour cela... »
En s'éloignant, le voile finit de se dérouler et dénude complètement Muse.
Chercher ce qu'il faut… Elle est un peu inquiète, que lui réserve-t-il ? Elle a peut-être tort de lui faire autant confiance…
Elle est passionnément éprise de ses mots… Jamais personne ne lui avait écrit de si merveilleux textes…mais était-ce une raison pour se laisser emporter dans une telle aventure ?
Soudain, les doutes l'assaillent à nouveau...Que fait-elle dans ce salon, nue avec cet inconnu si connu ? Elle se sent coupable, un peu honteuse et puis elle a peur … mais il revient déjà .
Dans ses mains, pas de menottes ou autres objets de torture, seulement une belle plume et un petit encrier.
« Oh, mais tu es toute tremblante ! As-tu froid ? Il faut dire que… comment dire ? Tu n'es pas très habillée...Veux-tu que je te prête ma chemise ?
_Non, merci...
_Tu es toute contractée ma tortue craintive… Faut-il rappeler cette petite effrontée ?
Non, c'est Muse que je veux graver de mes écrits !
Il prend sa main, la porte à ses lèvres, embrasse ses doigts avec un mélange de douceur et de gourmandise.
_Viens, allonge- toi sur ce sofa. Mets-toi sur le ventre. Je vais te masser un peu…
Il commence par palper doucement mais fermement sa nuque, le haut de ses épaules, son dos. Elle soupire de bien-être et se sent pleinement rassurée. Il termine par une série de petits pincements le long de la colonne vertébrale…
_Quel bonheur, Vladimir ! Tes mains sont aussi magiques que tes mots !
Toutes mes tensions se sont envolées...Je me sens si bien, si détendue !
_Bien, alors tu es prête. Ferme les yeux, ne pense plus à rien, sois toute entière à tes sensations…
Il saisit la plume, effleure d'abord ses talons, remonte le long de ses jambes fuselées, il l'entend gémir timidement, il s'attarde sur le galbe de ses fesses, s'aventure au creux de ses cuisses, ses gémissements s'intensifient, la promène sur son dos, son corps ondule et frémit, et termine au creux de sa nuque.
_C'est déjà terminé ? Continue, je t'en supplie, je suis... enfin, tu vois bien ! Tu ne peux pas t'arrêter comme ça !
_Tais-toi petite libellule de mon coeur ! Et fais-moi un peu confiance sinon, je vais être obligé de te gronder !
Il se relève et va chercher le petit encrier.
_Viens ma Muse, lève-toi, mets-toi debout là, face à cette psyché, devant moi.
Il trempe la plume dans une belle encre bleue et écrit en belles lettres cursives tout autour de son cou tel un collier de saphirs : « Tu es ce vent d'envie dans mon cou. »
Puis il trempe à nouveau sa plume dans un autre encrier de couleur bordeaux et sur chacune de ses fesses, il trace : « Toi » « Moi »
 
Soudain, la pièce est inondée d'une lumière électrique, le tonnerre gronde au dehors,
un vent violent ouvre les fenêtres qui battent.
Par-delà le fracas, ils entendent une musique envahissante, bien plus forte que les roulements du tonnerre, bien que cette musique soit d'une douceur violente.
Un dernier éclair, plus violent que les autres, les projette enlacés dans la nuit, tout près de la lune, sur laquelle s'inscrit en lettres de feu : SYMPHONIE INACHEVEE.
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