Un été marmoréen

Alison

« Chaque homme doit décider s’il marchera dans la lumière de l’altruisme créatif ou dans les ténèbres de l’égoïsme destructeur. » Martin Luther King

Je déteste les jours de grand soleil.


Lorsque mes yeux m'extirpent d'un sommeil profond, j'espère toujours entendre clandestinement la pluie frapper à ma fenêtre et l'accueillir comme une douce invitée. Ce phénomène météorologique réveille en moi un sentiment de béatitude et de consolation. Ainsi, je ne me sens plus exclue, et pour une fois, je peux être quelqu'un de normal. Il n'y a que les fous qui ne possèdent pas le plaisir de profiter de la tiédeur d'une couverture ni d'une bonne tasse de café, ou alors les personnes très occupées par leur emploi. Mais lorsque l'ennemie vient éclabousser ma fenêtre de son aura dorée et lumineuse, c'est dans ma poitrine qu'il pleut face à un constat amer et indéniable : Je suis terriblement seule

Je n'ai jamais compris les relations sociales, ni leur fonctionnement ni leur intérêt. Il y a quelque chose que je n'arrive pas à saisir, quelque chose qui me glisse entre les doigts, comme si je mettais une volonté draconienne à capturer de la fumée dans le creux de mes paumes. Je ne comprends pas la futilité des discussions de groupe, encore moins la joie que peut vous procurer une soirée entre amis autour d'un bon verre de vin. Je fuis les perpétuels et inlassables questionnements sur la vie des autres et la mienne, les quelconques tentatives d'approche intéressée ou intellectuelle m'ennuient et m'exaspèrent. 

Je ne suis pas une personne égoïste, seulement préventive. Les relations humaines m'éprouvent car je me soucie beaucoup trop du ressenti des autres. Je les éponge, je les absorbe jusqu'à l'indigestion, jusqu'à en vomir. Je place tellement d'espoir en l'humain qu'il parvient toujours à me décevoir d'une manière ou d'une autre. J'ai un sens aiguisé de l'égalité et de la justice, c'est pourquoi, lorsque j'aide les autres, j'estime qu'ils m'aident à mon tour, avec la même exactitude. Je reste une éternelle amoureuse du mythe de l'androgyne car j'espère, presque utopiquement, rencontrer le miroir de mon amertume et de mes peines, de ma volupté et de ma félicité. Pour l'instant, je n'ai su rencontrer que des miroirs sans tain qui n'ont fait qu'accentuer mon angoisse maladive de ne jamais mettre fin à ma quête. 


Et c'est pour toutes les raisons énumérées, lorsque le soleil est à son zénith, que je me mets à broyer du noir. 

  • La pluie c'est la vie ! (V pour Vendetta). La pluie c'est dieu et tout ce que l'on veut lui attribuer. Je connais également ce sentiment de lassitude et de gène sous le soleil. j'aime me réfugier dans le brouillard et la pluie, j'aime l'automne et ses promesses ... de repos. Je suis introvertis ! ... Est ce réellement un défaut ? j'aime beaucoup ce texte. La solitude n’est qu'une vue de l'esprit.

    · Ago almost 3 years ·
    Gaston

    daniel-m

  • Criant de vérité quant à l'inaccessible utopie de rencontrer l'Autre Cependant il est un bonheur rare: Celui de trouver en chemin quelques ersatz. Mais pour cela il faut affronter la souffrance. Et sortir de sa boîte pour les trouver sous peine de passer toute une vie sans gouter à l'extase de prendre la main d'une âme presque sœur: Le feu qu'il en résulte brule bien après la rupture, jusqu'à la fin des temps. Et parfois le miracle se produit: En principe rien ne dure, mais il y a de rares exceptions qui confirment la règle.

    · Ago almost 3 years ·
    Img 20190210 205453

    enzogrimaldi7

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