Un monde perdu

julien-greco

Avez-vous déja eu l'impression d'être au beau milieu d'un épais brouillard ? D'avoir erré à travers celui-ci plus ou moins longtemps. Cependant et comme à chaque fois vous vous en sortez indemne enfin presque. Sans savoir pourquoi ni comment à votre retour. Vous ressentez un étrange désagrément. La sensation déstabilisante d'une perte de mémoire adoubée de pensées quasi obsessionnelles. Que m'arrive-t'il ? Où suis-je allé ? Combien de temps suis-je parti ?  Vais-je à nouveau le revivre ? Tant de questions en suspens sans le moindre début d'une explication. Cela dit, imaginons un instant par je ne sais quel hasard. Vous vous souvenez de votre dernière rechute. Imaginez, vous êtes sur le point de franchir l'épais brouillard. Qu'il y a t'il derrière ce mur de brume ? Qu'avez-vous trouvez de l'autre coté ?

Comment définiriez-vous votre vie ? La mienne ? Si vous souhaitez vraiment tout savoir. Ma vie ressemble à une île entourée fréquemment d'un épais brouillard. Une situation nébuleuse donnant un amas de problèmes à gérer au quotidien. Mes expériences professionnelles, mon entourage en sont des exemples concrets. Je ne parle même pas de mes relations amoureuses. En aparté mes absences spontanées et répétées alimentent les conversations de chacun. Pourquoi, est-il comme cela ? Que lui arrive-t-il ? Dès que je reprends mes esprits tout le monde attend des réponses. Qu'hélas il m'est impossible de donner. Ne sachant pas moi-même ce qu'il m'arrive lorsque la brume m'envahit. 
En vieillissant, ce phénomène est plus long qu'auparavant. A l'avenir, que vais-je devenir ? Suis-je condamné à finir de cette façon ? Le corps inerte tel un légume. L'esprit égaré dans un brouillard perpétuel. Jusqu'à ce funeste jour où pour la première fois. Je suis tombé dans un sommeil qui dura de long mois. A mon réveil, ma mémoire fut épargnée. Je me suis souvenu absolument tout.

Je me rappelle qu'un navire avait traversé le brouillard ! Je me rappelle qu'un navire s'était échoué ! Les naufragés voyant leurs fins toutes proches. Ils se mirent à espérer. Pendant un instant ils ont cru qu'ils allaient tous s'en sortir. Quand ils virent à leurs grandes surprises, une île. Une île titanesque aux rivages désastreusement aigris. Au point de leur faire perdre soudainement l'espoir qu'ils venaient à peine de récupérer.
En ce lieu, on y trouve aucune plage accueillantes. Seulement des falaises escarpées parsemé d'épaves de différentes époques. Dont certaines d'entre elles sont étrangement construites. Un des rescapés dit d'ailleurs tout en fixant l'une d'elles "on dirait un jouet" ! 
De l'autre côté de la brume, le vent souffle si fort vers l'intérieur des terres. Qu'il se pourrait bien être de mèche avec le brouillard. Ici les rochers sont aussi tranchants que des lames de rasoirs. Les vagues s'y brisent sans cesse dégageant un bruit assourdissant. "Là un passage" ! hurle un naufragé. Une énorme caverne semi-immergée dont l'entrée ressemble fortement à un crâne. Tous y pénètrent avec une angoissante sensation. Au bout du tunnel troglodyte une lumière transperce la pénombre. 


à suivre...

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