Cigarette

bathilda

«Tu as des idées de cadeau pour l'anniversaire de Tom ? »

A peine avais-tu terminé ta question que nos yeux se croisèrent. Je te souris. Tu me rendis mon sourire, creusant dans ton ombre de barbe deux adorables fossettes. Quand tu me souris, tes yeux gris se mettent à pétiller. Je te plais autant que tu me plais, c'est certain et pourtant, nous ne nous le sommes encore jamais avoué. Alors que nous étions sortis fumer une cigarette sur la terrasse du bar, les autres recommandent une tournée de bière à l'intérieur. C'était en avril. Il pleuvait à verse.

Sans que je m'y attende, tes lèvres vinrent à la rencontre des miennes. Ce premier baiser, que tant de fois j'avais imaginé, jamais je n'aurais osé espérer qu'il eut lieu ce soir-là. Jamais je n'aurais osé espérer que tu fisses le premier pas. Ta bouche caressait la mienne, douce comme un morceau de satin au milieu de ton visage rugueux et mal rasé que j'aime tant regarder. Je tentais de m'enivrer de ce moment de bonheur irréel, sublimant chaque seconde. De tous nos baisers suivants, aucun ne pourra jamais remplacer celui-là. Des doigts j'effleurais ton visage, tes pommettes, ton menton. J'avais peine à y croire. Sans un mot, tu pris ma main et nous commençâmes à marcher dans les rues pavées. La pluie fraîche ruisselait dans nos cheveux, glissait dans nos cols. Tu restais coi et moi aussi, la bouche close et encore enfiévrée de ce premier baiser que tu m'avais donné. Sans mot dire tu me guidas. Je savais pertinemment où nous allions. Je devinais à l'avance tout ce qui allait se passer. Lorsque nous franchîmes le seuil de ton appartement je regardais d'un œil neuf cet environnement pourtant familier. On y était. Ce moment fantasmé en secret, espéré en pleurant, il devenait réel, enfin. Tes yeux ne pétillaient plus mais brillaient d'une lueur étrange que je ne leur avais jamais vue. Ton regard souvent impénétrable était devenu sensuel. J'en frissonnais de désir. Tu t'approchas de moi et posas tes mains sur mes épaules. Je me sentais petite à côté de toi et j'aimais ça. Je dû me hisser sur la pointe des pieds pour te donner un nouveau baiser. Le deuxième. Je me jurais alors que je les compterai tous. Je m'agrippai à ton cou, avide de ta bouche qui parcourrait à présent ma nuque. Ta main se faufila sous mon chemisier pendant que l'autre en ouvrait délicatement les boutons un à un. Ta peau avait l'odeur du tabac à laquelle se mêlait celle de ton parfum que si souvent j'étais allée humer en secret dans les parfumeries de Paris. Tes gestes étaient lents, presque irréels de légèreté, comme si toi aussi, tu voulais ancrer ce moment et jouir encore un peu du désir de l'attente. Sur ton visage se reflète la lumière dorée des quelques bougies qui éclairent la pièce d'un halo féérique. Je sens ma robe glisser le long de mon corps. Emprisonnée dans un bas de soie noire, ma jambe remonte le long de la tienne. Je sens, à travers l'étoffe délicate, la rugosité de ton jean. Ma pointe de pied frôle ta cuisse. Alors que tes baisers se font plus profonds, plus intenses, je glisse ma main au creux de ton entrejambe. Sous mes doigts, je sens la peau si douce de ton sexe raide. Tes gémissements à mon oreille redoublèrent mon ardeur. Tout s'accéléra. En quelques secondes, je fus nue contre toi. Avec dextérité, tu libérais mes seins de leur écrin de dentelle avant de les embrasser. J'aimerais que tu les caresses, encore et encore. Que tu les mordilles. Je veux sentir ta langue effleurer leurs pointes dures. Je ne tiens plus. J'ai tellement envie de toi. Maintenant. Avec fébrilité, je t'attire tout contre moi, nous basculons sur le canapé. A mon tour de te t'effeuiller. Tout en ouvrant ta chemise, je mordille ton oreille. Je sens à la mienne que ton souffle se fait encore un peu plus court. J'embrasse les creux de ton cou, ton torse, ton ventre. Ton sexe nu effleure le mien. Je sens sa douceur. Je sens sa dureté. J'ondule le bassin lentement, écarte les jambes, je suis offerte. Mais tu ralentis, tu prends ton temps. Ta bouche commence à descendre, tu lèches mon nombril et, me mettant au supplice, tu effleures de la langue mon sexe humide avant de t'arrêter. En silence, je te supplie de me faire l'amour, de jouir en moi avec violence. Tu me prends alors dans tes bras et me pénètres doucement. Nous poussons tous les deux un soupir de délivrance et déjà, les sens exacerbés par ces mois d'attente, je sens les premiers spasmes de l'orgasme monter en moi. Tes yeux ne quittent pas les miens. Je me sentis si belle dans ton regard. On aurait dit que tu essayais de parler mais je n'entends rien. Je sens que je vais jouir, mais déjà tu m'échappes. Ta voix résonne, comme un écho lointain.

« Oh! Tu rêves ? Alors tu as des idées de cadeaux pour l'anniversaire de Tom ? »

Oui j'ai rêvé. Nous finissons notre cigarette avant de rejoindre les autres, à l'intérieur. Ton meilleur ami est là. C'est Tom, mon mari. C'est fou ce qu'en quelques secondes il peut se passer dans la tête d'une femme prisonnière d'un amour interdit.

  • En naviguant sur WLW, sur quoi tombe-je ? Sur ce tezxte un peu ancien, et qui me plait bien !

    · Ago 5 months ·
    Oiseau... 300

    astrov

  • La scène de sexe est bien écrite, pas simple de ne pas tomber dans le cliché dans ce registre érotique. Bravo et merci.

    · Ago over 3 years ·
    Poule 2

    Giorgio Buitoni

  • et pas que dans la tête d'une femme c'est pire chez les mecs :) joliment hot

    · Ago almost 6 years ·
    P 20140419 154141 1 smalllll2

    Christophe Paris

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