Assassinat de votre maladie

Swan Le Loup

    Mon Cher Ami,

        Ayant l'usufruit de mes activités, je constate que vous ne semblez pas prendre en compte le diagnostique de votre dernière consultation. Or ma patience a des limites que votre maladie n'a pas. J'ajouterai même qu'elle prend de l'ampleur. La prévention n'ayant plus lieu d'être, je me dois donc d'intervenir en vous prescrivant une ordonnance plus que corsée.
        Il est de fait que pour soulager vos prochaines douleurs les aspirines ne suffiront plus. Il serait de convenance d'anticiper un traitement à coups de calmants voir de morphine. Si par malheur votre guérison ne se manifeste pas ou que votre fièvre augmente, je dorloterais alors votre mental personnellement. Certes je ne suis pas psychologue, ayant plutôt des tendances chirurgicales, mais dans les cas d'urgence, comme le votre, les patients se transforment vite en cobayes. De plus, en devenant votre médecin traitant je vous alerte que vous risquerez de devenir vite allergique à ma présence, que les somnifères apaiseront vos nuits et les psychotropes votre neurasthénie, au risque de finir dans un asile de fous !
        Mine de rien, à la lecture de cette lettre je me persuade que vous retrouverez une bonne mine. Une santé de fer dans un corps de lâche. Dorénavant fini de faire le malade, le siphonné, le maboule voir le cinglé. Estimez-vous béat car mes prescriptions viennent certainement de vous sauver la vie. D'ailleurs j'y songe, mais je devrais peut-être me reconvertir dans la voyance…

        Je vous quitte en vous serrant la poigne.

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