une table petite et quatre chaises à quatre pattes

Jaunie

Billet 01: Il m'arrive, parfois, de regretter d'avoir écrit certaines choses. Ce fut le cas hier. Hier qui, soit dit en pensant, est déjà un autre jour. Un autre jour de trépassé. Mais très vite je me ravise, sinon quel sens aurait d'écrire? Distraire? J'ai fait cela quelques fois. Mais je n'y trouve pas mon compte. Ou bien c'est très éphémère (J'adore ce mot, aller savoir pourquoi ?).

Ecrire, et donc m'écrire suppose d'aller loin, le plus possible. À l'instant où. Et certainement au-delà de la sacro et pas sainte et si ceinte pudeur.

Aucune pudeur donc. Ou bien est-ce que je ne donne pas à ce mot le même sens que beaucoup. Le bon sens. Pas de pudeur, pas de bons sens, pas de respect admiratif pour quoique ce soit,…Juste comme la bonne huile d'olive, ce qui sort. Le jus.

Et donc j'eus (Quelle stupide conjugaison!), un si court instant, une étincelle de regret à avoir barbouillé le dernier texte. Oui, beaucoup de sujets y fusent, c'est vrai et le temps qui m'est imparti en partie (Juste avant la publicité.) est trop court pour ne point les maltraiter.

Mais comme la Piaf…. Non, rien de rien, je ne…

Billet 02: Important ! J'avais complétement oublié…Où avais-je la tête sur les épaules ? Dans mes textes toute ressemblance avec des personnages de fiction ayant existé, ou fichus d'exister est totalement fortuite. Le truc essentiel et bateau quoi. D'autre part, sont libres de droit et donc je ne porterai pas plainte pour préserver « mon œuvre » si des expressions utilisées dans mes textes sont reprises.

Quelques exemples :

« Le vent souffle. » « Tant qu'on y est ! » « Moi, ce que j'en dis. » « Pierre qui roule. » « Pour le premier, j'ai dû pousser comme une folle. » Etc…

Ballot certes, mais bon de préciser.

 

Billet 03 : Comme très régulièrement Justa et Mario m'ont conviée à déjeuner. Il y avait les trois grands mômes, et le petit-fils ainsi que ses parents. Très famille, très tranquille. Avec le petit petit qui commence à avancer seul. Il me marche pas, ni à deux ni à quatre pattes, non. Il chenille. Et c'est amusant de le voir.

Puis plouf ! Le déjeuner terminé tout ce monde a disparu. Les grands mômes dans leurs chambres, et le petit avec ses parents je ne sais où, acheter je ne sais quoi. Alors avec Mario et justa nous avons été en terrasse et avons parlé de ci de là, de n'importe, et de quoi. Le sujet catalan comme de bien entendu. Et même Mario trouve effarant ce qui se passe là-bas. Des grands bourgeois dont les avoirs sont en sécurité à Andorre (Jusqu'au 01 Janvier 2018…Levée du secret bancaire bancale.) alliés avec un parti anarchiste, la CUP, pour lequel le pire est le meilleur. Je ne suis pas (plus) « anarchiste » suis anarchique. Je me suis donnée le droit de me tromper, et de changer ce qui pouvait l'être…J'avais 20 berges.

Et donc nous sommes d'accord avec Mario pour considérer que, si ceci va à son terme, la population, celle de tous les jours, celle du  travail, souffrira au-delà de l'imaginable. L'Europe fera de la Catalogne un exemple pour toutes les autres régions velléitaires en Europe. Et cette Europe-là n'a guère de pitié.

Et pis, Mario a fait une nouvelle acquisition, une boite noire et cylindrique qui obéit à la voix…Si, si…C'est une radio, elle comprend l'allemand et l'anglais. Dingue…Les radio sont bilingues. J'ai félicité Mario pour son acquisition. Pis je lui ai demandé à quoi ça servait. Je crois qu'il a répondu. « À rien » avec un vrai sourire. C'est donc un gadget. Un objet. Un objet gadget.

La conversation est venue sur les objets, leur utilité… Je ne suis pas objet et tous les gens que je connais ont plein plein d'objets. Des meubles, plein, des trucs électroniques, informatiques, technologiques, pratiques, écologiques, et j'en oublie…Mais des centaines de trucs très chiques (Y'a un hique ??) et bon genre. Les objets m'étouffent.

Et il y a bientôt cinq ans, je compris que rien ne m'appartenait dans la maison. Je vivais en leasing, ou bien n'étais-je pas la fille au pair de la maison ? Je me retrouvais donc sans beaucoup. Mon papa à moi dit que je vis dans du Louis Caisse. C'est assez vrai. Et je finis par ne pas m'en porter plus malle. Hi..Hi… Amusant non ?

Je respirais….J'ai appris donc que le minimum de biens faisait plus de bien que le maximum de biens. J'en ai gardé depuis lors une conviction très minimaliste du vrai « nécessaire » pour être, et accessoirement « vivre ». J'ai appris à me fichtre (Amusant, bis.) complétement de tous ces objets, ils ne me rassurent pas. Ils me bouffent de la place, de l'air. J'ai deux lits, une commode, une coiffeuse, un sofa petit, une table petite et quatre chaises à quatre pattes, une armoire de récup' droite comme un « i », une petite table de rien pour mettre l'ordi, mes deux grattes. Un ampli. Un fauteuil. Un sèche-cheveux. Des assiettes, des couverts, pas de découvert. Des fringues, faut que j'en jette encore ! Des shoes aussi ! Ok, ok….Le parfait n'existe pas. J'aime les fringues, les shoes, les sacs.

Et avec tout ça, je trouve que c'est déjà trop. Et puis … Et puis Jo, le chat. Pas d'objets, non du vivant. J'ai besoin de Jo, des animales en général mon capitaine, et des gens. Et des arbres. Du vivant. Mais n'ont-ils pas l'obsession de l'objet « intelligent », un objet qui vivrait… Penserait. Nous ne sommes donc plus très loin de la confusion.

Marchera-t-il aussi ? Le futur qu'ils imaginent a-t-il un avenir ? J'ai tellement envie que la réponse soit négative. Tellement. Trouverai-je mon compte dans un monde où des robots intelligents construisent des robots intelligents qui marchent, parlent, et horreur, pensent ?

Et de souhaiter m'en être enfuie avant. Ce qui sera le cas j'espère. Ouf !!

Et puis de l'objet, du vivant notre conversation s'en fut sur le thème « philosophie ». Mario marqua son retrait quand je m'étonnai que la philosophie ait disparu ou presque de ce monde 2.0. Ou que dans tous les cas elle n'avait plus sa place dans l'école de ces dernières années. Pour "réussir" il fallait donc faire des maths, triturer l'ordinateur, etc, etc… Mais les sciences zumaines ?

Justa était assez d'accord avec moi. Moi aussi d'ailleurs. Mario non finalement, confondant en un court instant celle-ci et la religion ( ?). Alors même que la philosophie est l'art du questionnement entre autres choses, et donc si loin du discours prosélyte du religieux de passage. Et puis me dit-il, les gens n'ont pas le temps…. Mais la pensée philosophique est bien celle du quotidien aussi….Pourtant. Puisqu'aussi bien le questionnement est permanent. Mon mien en tout cas. C'est pas bien, je sais. Je lui dis mes doutes sur cette société de consommation. Société de l'instant, de l'image… Mais je ne crois pas l'avoir convaincu. Et ce n'était pas l'idée …

Par définition donc.

Non, il aura et sans s'en rendre compte, nourrit mes questionnements. Une science, un progrès uniquement projetés sur demain répond-elle à l'intérêt premier des vivants ? Sans réflexion, sans ces fameux questionnements, j'en doute. Enfin, moi ce que j'en dis…

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