Varla Sweet Varla

Aurélien Cibilleau

Varla, de son vrai nom Mary, est née en 1979 à Glasgow.

Elle a passé une partie de son enfance dans une cité ouvrière en périphérie de la ville, que les natifs partageaient avec les Irlandais. De nos jours Glasgow est en plein réaménagement mais lorsque Varla avait 10 ans ce n’était pas le cas. Des quartiers entiers étaient encore laissés à l’abandon, et c’est dans cette atmosphère empreinte de déliquescence et de malaise social que la jeune fille a grandi.

Jusqu’à l’événement dont l’émancipation constituera son rite de passage à l’âge adulte. Un soir, en rentrant chez elle, à 11 ans à peine, Varla fut séquestrée par un homme qu’elle décrira plus tard aux policiers comme étant le diable. Un vieillard au teint pâle, aux yeux rouges et au visage voilé. On cherchera plus tard à lui expliquer que l’homme était un patient échappé des services psychiatriques, albinos de surcroît. En vain, l’homme avait définitivement laissé son empreinte sur l'enfant. On n’a jamais vraiment su ce qui s’était passé pendant ses 48h de captivité, d’autant plus que l’homme se suicida peu après.

Toujours est-il que la jeune fille, dés lors hantée en rêve par une forme humaine cornue avec des yeux rouges, commença à fréquenter les dojô (alors en pleine recrudescence après les succès relatifs des films de la Shaw Brothers dans les salles d’exploitation) plus que les salles de cours.

Elle y apprit les rudiments du kung fu mais aussi le maniement des armes blanches (dont le lancer restera sa spécialité). Toute sa famille partit à Chicago, où son père trouva un travail à l’usine puis sur les docks. Elle avait 14 ans. Elle y abandonna les arts martiaux asiatiques pour une discipline plus violente et importée du Brésil par un de ses compatriotes : le free-fight. Il lui restera de toutes ces années de combat une prédisposition au corps à corps.

A 21 ans et après l‘obtention de la nationalité américaine elle s’engagea dans le corps des Marines, puis dans la Navy. A 28 ans elle passe formatrice au combat puis se fait engager par la CIA.

Varla est organisée, réservée et secrète, ce qui la prédispose aux missions d’infiltration nécessitant au préalable l’acclimatation à un milieu.

… c’est-ce qu’on lui demande de faire dans Varla, Sweet Varla, le récit de sa première mission.

Synopsis :

1.

QG de la C.I.A. Le colonel  reçoit son nouvel agent et lui résume la situation. Deux fils de diplomates européens influents, ont été assassinés sur un espace appartenant au territoire américain mais situé en plein Paris : la Cité Universitaire Internationale de Paris. La police française, suspectant des américains d’être coupables de ce meurtre, veut éloigner la CIA de l’enquête en attendant que la DGSE intervienne. Varla doit secrètement coiffer au poteau le commissaire Dumoutier, responsable de l'enquête, et ses acolytes en enquêtant sous la couverture d’une nouvelle résidente de la Cité Universitaire. 

2.

Paris. David, un résident conduit Varla jusqu’à sa chambre. Elle s'endort, fais un cauchemar et se réveille. Elle erre dans le campus et arrive devant la Fondation des Etats-Unis. Malgré les scellés, elle rentre et trouve la scène du crime. Du verre cassé et des bouteilles trainent un peu partout.

Une canette roule par terre et Varla a tout juste le temps de remarquer une silhouette partir en courant. Dehors, David, ivre mort, lui montre un faux message de Varla lui donnant RDV à la Fondation. Un piège. David ramasse la carte de visite d'un bar/club, laissée par le fuyard. Il en profite pour y inviter Varla, qui accepte pour une double raison : essayer d'y trouver une piste et savoir pourquoi on avait voulu attirer David dans un endroit isolé.

3.

Pendant la soirée Varla remarque une belle jeune femme : Sabba. Elles commencent à discuter quand Brandon, son petit ami, prend impunément Sabba sous son bras puis l'entraine à l'écart. En retrait, dans un coin du club, l’adjoint de Dumoutier, est à l'affut.

4.

Pendant ce temps là, dehors, David est entriné dans une ruelle sombre par la bande d'amis de Brandon.Varla arrive à temps pour le secourir. Elle manque néanmoins de succomber sous le nombre de ses assaillants quand l’adjoint de Dumoutier accourt et les menace de son arme. Ils s'enfuient.

David est emmené à l’hopital et Varla est interrogée. Plus tard dans la nuit elle fait l'amour avec Sabba.

 5.

Varla interroge David à l'hôpital sur la soirée du meurtre et sur l'homme masqué. David lui raconte comment Brandon organise des orgies entre résidents, comment tout le monde s’était réveillé le matin du meurtre pour constater parmi eux la présence des deux cadavres. David parle d’un homme qu’il n’avait jamais vu auparavant, un homme qui avait sodomisé pratiquement toutes les jeunes femmes de la soirée et dont il avait plusieurs fois perçu les échanges complices avec Brandon. Varla révèle à David sa véritable identité.

6.

Le lendemain, ils sortent de l’hôpital et s'enferment dans la chambre de Varla, le temps d’échafauder un plan.

7.

Varla et David prennent Brandon en filature, dans l'espoir qu'il les mène au sodomiseur, jusqu’en haut de la butte Montmartre où Sabba lui a donné RDV. Mais un homme embusqué dans le funiculaire tire dans la foule. Sabba meure. Brandon s'enfuit. David et Varla descendent les marches de la rue en trottinette afin d’échapper aux tirs. Ils se crashent. Le tireur tue le jeune homme et profère des menaces à l'adresse de Varla. Elle reconnait, malgré la cagoule, la voix d’Eric Kroll.

8.

Varla se réveille à l'hôpital alors que la télévision annonce le suicide de Brandon. On a retrouvé chez lui un masque de bouc, l’arme ayant servit à tuer les deux jeunes étudiants. On lui impute également la fusillade de Montmartre, constatant avec stupeur qu'il était le fils d’un des plus éminent membre du congrès américain. De là les esprits s’échauffent. On remet ouvertement en cause la moralité et la légitimité de la plus grande puissance mondiale.

Le colonel veut faire rapatrier Varla. La CIA refuse puis aussi soudainement, change d’avis. Mais la jeune femme veut résoudre cette affaire et se venger.

De son coté Dumoutier trouve curieux la coïncidence de retrouver Varla impliquée dans les deux drames et bien que le coupable soit officiellement mort il doute. Le profil de l’adolescent ne correspond pas à l’idée qu’il se fait du tireur. Alors il fait suivre Varla qui reçoit un mot lui donnant RDV sur le toit de la Fondation des Etats-Unis.

L’ homme-bouc l’attend. Après 20 ans, Varla est enfin prête à affronter la bête. L’homme-bouc porte la main à son masque et l’enlève. Malko Linge. Derrière elle, Kroll la somme de se rendre.

Les deux policiers montent l'escalier.

Malko lui explique tout. Comment il a profité des bas instincts des enfants des puissants de ce monde pour ce qu‘il appel son «baroud d‘honneur ». Comment la CIA avait dépêché officieusement Varla en croyant qu’elle pourrait le mettre hors d’état de nuire avant de lui proposer une somme immense pour qu’il mette fin lui-même à sa vengeance machiavélique après qu’elle ait transmis le message de Kroll. Il avait accepté et fait porté le chapeau à Brandon, qu’il avait assassiné. L’affaire était résolue. Voilà pourquoi la CIA avait décidé de rappeler Varla. Mais elle avait voulu continuer et Malko, ayant eu accès à son dossier donc à son profil psychologique par l’intermédiaire de contacts qu’il avait dans l’administration, avait anticipé la chose. Il l'avait alors convoquer pour la confronter à ses peurs les plus intimes. Varla lance son couteau dans le bras armé de Malko et un surikken dans chaque oeil de Kroll.

Dumoutier et son adjoint s'interposent. Linge tire, tue l’adjoint et blesse Dumoutier qui s’écroule. Varla propulse Malko dans le vide. Dumoutier arrête Varla. Le colonel, au courant de son succès, vient la récupérer..

Scène érotique

Le soleil perçait la couche des nuages de rosée pour miroiter sur la robe de strass négligemment jetée sur le sol. Il se reflétait dans la sueur qu’exsudaient les deux corps nus, révélant à la vue une infinité de perles liquides qui couraient sur leurs membres au rythme de leurs mouvements délicatement saccadés. Les doigts fins encore parés de leurs bagues glissaient sur cette fine pellicule d‘eau, le tintement des bracelets à leurs poignet mourant sous le souffle de leurs expirations. Leurs cheveux leur retombaient sur le visage, oscillant en mèches que leurs bouches avaient rendu compactes et humides alors que la condensation opacifiait les vitres. Cette fine couche de buée dispersait, maintenant que l’astre se détachait lentement sur un ciel virant au bleu, les rayons d’or qui venaient auréoler les deux femmes enlacées dans l’ombre et immaculer les murs.

Varla avait assis la jeune femme sur le bord de son bureau.  

Elle lui happa une petite partie de l’oreille avec la bouche et sentit son souffle chaud la faire frissonner. Sa main droite, pendant que la gauche les maintenait l’une contre l’autre, frôla sa poitrine, puis redescendit le long de ses reins pour se glisser entre leurs cuisses. Sabba soupira doucement, et Varla lui mordilla sensuellement la base du cou. Sa main gauche desserra son étreinte, et alors que Sabba resserrait la sienne, elle glissa le long de sa jambe pour la caresser dans la longueur, jusqu’au plat du pied dont les orteils retenaient encore un escarpin rouge auquel le soleil donnait la couleur du sang.Sabba balaya la surface du bureau de ses bras aveugles, et se cambrant elle compressa un peu plus Varla qui vacilla sur elle-même et la rejoignit sur le meuble. Elles fracassèrent une lampe, l’ordinateur portable et les enceintes sur le sol en une pluie irrégulière que vint conclure la chute de l’escarpin et, assises l’une sur l’autre, Hydre-Narcisse à deux tête sous l’illusion du contre-jour, elles se soudèrent, bouches grandes ouvertes. Varla, tremblante, l‘allongea sur le bureau. La jeune femme poussa un gémissement, s‘efforçant d‘étouffer le suivant en serrant les dents. Varla lui empoigna les cuisses et la releva, prenant de nouveau la position assise pour lui sucer un téton pendant que trois de ses doigts la caressaient de l’intérieur. Toutes les deux serrèrent les lèvres avant de jouir, yeux dans les yeux, chacune aspirant le souffle de l’autre, et relâchèrent leur étreinte par un baiser.

Scéne d’action

Sabba était à l’heure, en haut des marches conduisant à la face ouest de la basilique du Sacré Cœur. Prendre le funiculaire aurait été plus discret mais Varla et David, derrière Brandon, avaient l’air de parfaits anonymes. David devançait Varla et bien qu’elle appréhendait qu’il ne compromette le bon déroulement de la filature elle appréciait le changement qui s’opérait chez lui. Il refoulait enfin sa peur pour trouver la force d’avancer.

Brandon avait rejoint Sabba.

Varla et David s’étaient arrêtés, attendant que le rendez-vous prenne fin pour reprendre la filature. Sabba n’avait pas menti, elle était bien en train de rompre. La voix du jeune homme leur parvenait maintenant de loin, Varla essayait d’en saisir quelques mots. Sabba semblait avoir peur.David observait l’agent. Elle paraissait en dehors du monde, presque vulnérable en fait, tant l’effort de concentration l’isolait du reste. En quoi l’échange entre Brandon et Sabba pouvait-il bien être important ? Le funiculaire remontait tranquillement derrière eux, sur leur droite, les rayons obliques du soleil couchant projetant son ombre sur l’escalier. Le véhicule passa doucement à leur niveau et alors que l’ombre les avalait David se jeta sur Varla. Les balles fauchèrent le groupe scolaire derrière eux, traversèrent les vitres d’un appartement du rez-de-chaussée juste derrière. Le tir se réajusta et l’agent, sous le coup de l’adrénaline, souleva David de terre pour l’entrainer dans une montée infernale. Les balles les suivaient de prés.Le tir touchait les passants à hauteur de visage.  Varla et David grimpaient les marches le plus vite possible, l’agent essayant tant bien que mal de garder un œil sur Brandon malgré les débris humains, les projections de pierre et de verre. L’américain restait là sans bouger, abasourdi par le chaos et la destruction. Le feu s’arrêta aussi brutalement qu’il avait commencé, et Varla perçut le pivotement du pied soutenant la Gatling. En haut des marches, agrippée au bras de Brandon, Sabba hurla. Ses viscères furent propulsées hors de son corps. Brandon, touché à l’épaule, s’enfuit. David en profita pour saisir la trottinette d’un gamin et, sortant Varla de sa torpeur, la fit monter sur l’engin qu’il plaça sur la rambarde ( un petit muret). Si remonter les escaliers ne leur laissait aucune chance, pourquoi ne pas essayer de les descendre ? Ils prirent de la vitesse, et négocièrent la descente de chaque pallier avant de percuter une voiture arrêtée en contrebas. Le choc fut rude. Varla ne voyait pratiquement plus rien, la tête lui tournait. Elle entendit seulement le funiculaire s’arrêter. A demi-consciente elle s‘adossa à la voiture, la tête pantelante et la vision brouillée. Elle vit la main de David se lever lentement vers le ciel, et deux jambes venir droit sur eux. Et un revolver aussi. Qui se pointa impitoyablement sur le bras levé. Le coup partit. Le bras retomba. David était mort. Les jambes de l’assassin plièrent, son buste et sa tête rentrèrent dans le champ de vision de Varla. Nettes, comme la certitude qu’allait faire naitre ces quelques paroles : Donne ce message à tes employeurs : « Don’t fuck with us ». La certitude qu’elle avait déjà entendu cette voix, une fois. C’était celle d’Eric Kroll.

Report this text