Vaudou Ménager

moiamy

Lundi 15 octobre.

Ma femme oublie de se réveiller pour prendre le train. C'est donc son chauffeur habituel qui accomplit cette corvée (ou qui s'y colle selon le point de vue).

Trois jours sans elle. L'occasion de ranger ma vie, de sortir d'une maison de "hoarder", mot qu'on pourrait traduire par "accumulateur de choses en tout genre" et que je traduirais personnellement par "horde de barbares qui peuplent votre territoire de déchets capitalistes".

Le grand ménage commence. Il parait que ces tâches soulagent certains névrosés. Ranger son extérieur pour y voir plus clair à l'intérieur. Ca sonne comme la phrase d'accroche pour une asso de méditation comportementale.

C'est donc en pleine méditation que je tombe nez à nez avec une de mes statues africaines. J'en possède six, à qui j'ai confié des pouvoirs symboliques : L'homme-père, l'homme-mari, l'homme-vieux, l'homme-esclave, l'homme-tranquille, et l'homme-malade. C'est ce dernier que je tiens dans la main, et dont j'observe la prolifération de champignons sur le corps. Comment ne pas faire un un parrallèle entre cette statue et moi, mon couple, ou ma femme qui saute de maladie en maladie comme on saute d'un train en marche vers un autre train sans savoir s'il transporte un waggon de pestiférés.

Je me résouds donc à tenter une expérience mystique. Nettoyer la statue de l'homme-malade pour guérir ma femme... a moins que cela ne me guérisse moi même. Mais de quoi suis-je le plus malade ?

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