Volutes

nigmalevagabond

Perdu dans un dédale de volutes,

J'ai croisé un de ces joueurs de flûte.

Sa compagnie ne fût pas de trop,

Pour briser cette solitude en étau.


La fumée continuait de nous aveugler,

Mais nous nous devions d'avancer.

Au rythme de ses notes de musiques,

Ce royaume me semblait magnifique.


Je me surpris à, petit à petit, remplacer,

Les teints gris sombre délavés,

Qui s'entremêlaient dans la brume,

A les parer de couleurs en costume.


J'avais également la nette impression,

Que ce musicien de peu de raison,

S'adonnait au même riche exercice,

Qui comme moi lui servait de catharsis.


Avec ceci je voyais enfin les couleurs,

Qui au rythme de mes pas effaçaient la peur,

Et je me demandais en le voyant,

Si c'était ceci qui rendait le flûtiste souriant.


Dans les volutes se dessinaient des forêts,

Que nous continuions à arpenter,

La douce mélodie en attentive compagne,

Recouvrant le bruit des montagnes.


Celles-ci poussaient comme des arbres,

Sous nos frêles godasses campagnardes,

Et nous faisait rapidement nous élever,

Jusqu'à apercevoir le ciel étoilé.


D'en haut je ne voyais guère civilisation,

Mais la musique se faisait, c'est selon,

Tantôt mon impitoyable garde-fou,

Tantôt le bourreau de ma raison.


Finalement, le rêve prit bientôt fin,

Je perdis de vue le talentueux flûtiste,

Et la brume redevint grise, enfin,

Et je retrouvais ce paysage si triste.


Je sentais que j'étais proche de l'orée,

Près de la sortie de cet étrange dédale,

Enfin je retrouverais ceux que j'ai aimé,

Que je pourrais placer sur leur piédestal.


Vous m'avez tous tant manqués,

Perdu dans ces volutes de fumée,

Le royaume des morts n'est pas pour moi,

Malgré que j'en ai été son roi.

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