Zagreb

Jean Maxime Locard

Des deux côtés de Zagreb, on festoie la nuit tombée,
On déconne dès que s'agrippe à nos cœurs balkanisés,
Les restes d'écume aride, et les vapeurs avisées.

Des deux côtés de Zagreb, on s'invite à s'aviner,
Près des nouvelles baraques, on s'immole au feu follet,
Et près de la cathédrale, on trinque aux feux Capulet.

Des deux côtés de Zagreb, on ne s'entend plus parler,
Près des bars on s'assourdit, aux sons des plus dépravés,
Près des pubs on s'étourdit, des bardes hourdés aux pavés.

Des deux côtés de Zagreb, on se plaît à visiter,
Les parcs et les colonnades, et les palais habités,
Le musée des cœurs brisés, près de l'ancienne cité.

Des deux côtés de Zagreb, on vit comme à l'autre face,
Mêmes monnaie, même langue, et mêmes plaisir fugaces,
Même cimetières étranges, où y festoient les carcasses.

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