Amorphe

iamlarsen

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J'ai la tête ailleurs. On est Lundi matin, presque midi . Encore un de ces matins où je suis incapable de me mettre en marche, où tout m'empêche, où je me sens bloqué, poussé vers le fond, j'ai pas la force, j'arrive pas à aller en cours. Je me retrouve dans mon pieu, à fumer un joint à peine éveillé, à cogiter pour rien, et à me détester dès le matin, me trouver toujours plus con et imbécile, de gâcher toutes ces chances que j'ai, qui se présentent face à moi, comme ces filles dont je parle et que j'aime et que toujours je laisse indécises, à l'image de mes journées qui ne se décident pas. J'ai séché, encore et toujours. Séché. Séché au pieu, scotché au pieu... Et je pense à toi, et à cette nuit que je viens de rêver. A tout ce que je n'aurai pas si je continue à me comporter de cette façon, toi et le reste. Je me rue sur mon clavier pour le taper, car tant que je traîne amorphe tout ça n'est pas encore très important, ce n'est pas très grave, ça n'existe pas encore. Je suis seul avec mon imbécile de comportement et je serai seul demain avec toutes ses conséquences.

La vérité, c'est que je suis incapable de garder un cap, j'adore les idées, l'idée que je peux me faire des choses, toutes les choses, tout ce qui m'entoure je m'en fais une idée ! J'aime l'idée de l'amour, tellement que je saute à pied joint dedans. J'aime l'idée de succès, tellement que je me lance à écrire des pages et des pages de rien et de tout, alors que le succès est garantis au bout de quelques années d'études dit-on ? Mais je me le propose à ma façon, comme une idée du succès que je me fais, un fantasme absolu. Peut-être est celui qui a des idées, un fantasque personnage. Quelqu'un qui vit pour ses idées et mourra dedans. Peut-être est-il quelqu'un privé de patience et de temps, de par ses idées qui le dévorent et l'angoissent. Peut-être pourra t-il se les expliquer un jour, peut-être pas, en attendant, j'ai ce besoin de les mettre à plat. Oui, c'est lui, puis moi, puis nous. Tous les pronoms y passent, c'est tout le monde à la fois et puis personne, comme si j'étais tout le monde à la fois et puis personne. Je me déteste !

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