Aux sortir de l'Enfer.

chachalou

Je connais bien, les flammes et les menaces des ténèbres.

 

A dire vrai, s'il y a bien un seul domaine que je connaisse parfaitement depuis ma naissance, c'est le champs néfaste de l'Enfer. Lorsque je dis Enfer, je parle Malheurs, Souffrances, Hurlements de désespoirs, Colères sans noms, Cris gueulés et Larmes tues. Oui, aussi étrange que cela puisse paraître, malgré mon jeune âge, je connais tout cela. J'ai bâtis mon enfance, mon adolescence et ma jeune vie d'adulte sur le Néant. Le Néant, d'ailleurs, ou le trop plein. Car n'est-t-il pas vrai que lorsqu'il y a trop à dire, l'on se contente de n'en dire Rien. Soit, c'est ce Vide sidéral qui m'a éduqué. 

Ce n'était pas lourd à porter, croyez-moi ! Parce que si l'on ne connait que la souffrance et la morosité, il est délicat de se sentir injustement considérée. Aussi, je n'avais aucun regrets, aucune haine, aucune rancune, ne sachant pas que ma vie aurait pût être et aurait dût être normalement bien différente et plus épanouie. Ainsi, j'ai modelé mon Néant et mes Enfers les jugeant porteurs pour Demain. J'en ai tiré des leçons et j'ai construis une mentalité robuste et sans failles. J'ai pris le peu de joie présent à chaque journée pour injecter à ces nombreux enfers, quelques doses de bonheur et de sincérité. 

Chaque jour donc et depuis vingt-ans, ce sont ces petits rien qui me poussent constamment au devant de la vie, à la recherche des champs, en quête de fleurs colorées, d'oiseaux et de chevaux qui errent sans soucis, sans angoisses, sans grandes peurs, bien que par leur proie, sûrement pourchassés parfois. Mais contrairement à ce que l'on peut s'imaginer, le fait de n'avoir rien eût n'a pas été destructif. Du moment que je ne connaissais pas la joie et la satisfaction de posséder, de participer, de sourire et de m'épanouir, je ne pouvais nourrir aucun espoir, aucun regret. C'était logique, mathématiquement vérifié. 

Mais le pire choc à été plus tardif, lorsque dans la joie à peine découverte et savourée, un drame m'a frappé, m'ôtant ainsi et de nouveau, tout de la Vie, la Vraie. Vous vous rappelé alors de votre passé, de votre néant anciennement chéri et apprivoisé. Vous vous remémorez également l'ensemble de ce qui vous à été donné récemment. C'est le Paradoxe. L'incompréhension. Et le Tragique de la Situation. La joie s'est de nouveau arrachée à ma vie. Et dans ces moments, vous ne pouvez que pleurer, maudite sûrement, anéantie c'est évident. Vous prenez en pleine face votre position de misérable fille, malmenée aux gré des vents, des courants, sans pouvoirs d'actions, dénuée d'affects, de bonheur, de beaux et tendres sentiments. 

Vous êtes soumise ou prisonnière, avec pour seule idée, le fait qu'il faille accepter de mener une nouvelle fois ce combat-là trop connu de vos services. Vous êtes déroutée dans ces injustices qui ne sauraient vous faire voir la vie sous un jour nouveau. Vous êtes anéantie dans la Solitude, dans le Néant, celui qui vous était si familier auparavant mais qui aujourd'hui, vous paraît injustement présent.

Au final, oui, qu'est-ce qui pourrait être pire que cela : se battre toute sa vie durant pour goûter à la joie et voir cette même joie s'envoler du jour au lendemain, sans raisons particulière, réduisant à néant tout vos efforts, votre courage et votre mentalité d'antan ?

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