Brodinski - Brava

Alice Grenon

Chronique de l'album Brava de Brodinski, parue sur le site downthewall.com

On avait tellement attendu ce premier album qu'au moment de l'écouter, gros flip : et si c'est de la daube ? Parce que Brodi, c'est un de nos tous premiers grands kiffs éléctroniques : on l'a vu en live, c'était une de ces baffes sonores qu'on n'oublie pas. Et évidemment, on a guetté tous ses EPs tels de petits suricates. Bref, pour lui, on est toujours au taquet.

On presse play et on reconnait les premières notes du premier extrait Can't Help Myself, en featuring avec SD (ancien membre de Glory Box Entertainement, le crew de Chief Kief), qui nous avait mis l'eau à la bouche avec son instru trainante et poussive que les vocaux soutiennent sans mettre de côté.
S'enchaine alors la seconde track et pour les amateurs du genre, c'est la jubilation : le même schéma de featuring. Un coup d'oeil à la tracklist nous suffit à capter que tout le CD est comme ça. Et c'est pas de collabs pourries en plus : du dernier talent d'Atlanta Chill Will à Bloody Jay en passant par I LOVE MAKONNEN ou même Young Scooter des Migos, la scène trap a l'air de s'être donné rendez-vous sur le LP de Louis Rogé. Et ça n'est pas pour nous déplaire.

Mais au lieu de faire une fixation sur ces guests clinquants, concentrons nous sur les prods. Comme on peut s'y attendre, ça drop lourdement mais posément. Brodi use et abuse joyeusement d'une basse minimaliste, presque flegmatique, typique de la trapCalculator (featChill Will), François-Xavier (featYoung Scooter), Cheddah (feat. Peewee Longway) ou même 51 Bandz (feat2$ Fabo et Phlo Finister) en sont les meilleurs exemples.
Le tout est saupoudré d'une touche d'électro très dark et de voix féminines - Bury Me (feat. Maluca et Bricc Baby Shitro) ; Need For Speed (feat. Louisahhh!!! et Bloody Jay) - et rythmé par quelques pépites qui sortent du lot. Ce sont d'ailleurs nos petites favorites : Interviews (feat. ILOVEMAKONNEN et Yung Gleesh), Follow Me - Part 2 (feat. Chill Will) ou encore la grinçante et désesperée Us (featBloody Jay).

Et dans tout ce bordel, pas un titre à jeter. On met bien entendu en cause notre affection particulière pour la trap music, mais le constat reste le même : dans son genre, c'est un très bon album. On pourrait regretter que Louis se soit fait tant soutenir, mais au contraire, on préfère applaudir le parti pris. Le DJ se pose ainsi en producteur, sans se prétendre tout puissant, utilisant ses compétences, mais aussi ses connaissances pour arriver à un résultat léché et abouti.

Brodinski voudrait-t-il être le prochain Lex Luger ? Dunno. Mais en tout cas, il semble bien parti pour…

Signaler ce texte