Chapitre 4 et 5

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(Je ferais pousser des fleurs dans mes cheveux - suite) Énièmes excuses pour les fautes de frappes, d’inattentions et d'orthographe.

4

 

            La matinée paru incroyablement longue.

            Moran passa la nuit à demander des détails, et tous ce à quoi répondait Samuelle ne semblaient jamais satisfaire sa curiosité. Elles s'endormirent l'une à côté de l'autre, et cette nuit-là, pour la première fois depuis son arrivée, Samuelle rêva de Paris, des quais où elle se promenait, et de Coline. Moran la serra dans ses bras et quelque part, Samuelle fut heureuse d'être tombée sur elle à l'aéroport.

            Elle se leva ce matin avec l'idée qu'elle ne regrettait rien, encore une fois.

            L'amphithéâtre était à moitié vide lorsqu'elle s'installa au cinquième rang, Moran et Gabriella sur ses pas. Sa colocataire s'empressa de raconter toute l'histoire, en faisant preuve d'une discrétion digne d'un ogre.  Elles arrêtèrent leurs gémissements à peine camouflés lorsque le sujet principal de leur conversation fit son entrée et se plaça au second rang. Samuelle lança un regard en direction du Duffel-coat enroulé dans son sac. Elle devrait aller lui rendre tout à l'heure, mais d'abord, six heures de cours l'attendaient.

            Daniel et Paul rejoignirent les trois amies à la cafétéria vers midi. Gabriella se fit plus discrète, et ce comportement étrange, qui retint l'attention de Moran, attira à Samuelle une tape légère dans le coude de la part de sa colocataire.

« Quoi ?  Mima-t-elle avec ses lèvres.

- Je te parie 50 dollars que notre grecque s'en entichée de Paul, chuchota Moran à son oreille.

- Tu débloques. »

            Elles camouflèrent leurs rires avec une fausse crise toux.

Ils mangèrent rapidement, et chacun repartis de son côté, avec pour objectif de continuer leur débat –qui se midi tournait autour de l'émergence des nouveaux riches en Asie Centrale- plus tard en fin de soirée, autour d'un café dans le hall de la bibliothèque universitaire.

            Et quand ce moment fut arrivé, Samuelle fut surprise de voir assis, au bout de la table, personne d'autre qu'Alexandre.  Elle s'empressa de s'asseoir, à côté de Margot et Timothy. Puis, sentant le regard du garçon fixé sur elle, elle préféra s'échapper et fumer une cigarette devant les portes automatiques.

« Ils se sont installés après moi, si jamais tu te posais la question. Il n'y avait pas d'autre table de libre, lança Alexandre, qui arriva derrière elle. Je ne voudrais pas que tu penses que je te suis. »

            Elle tira sur sa cigarette après lui avoir adressé un timide sourire.

« Alors, bonne journée ?

- Ca va oui. J'ai ton manteau, dans mon sac.

- Oui, Moran me l'a donné. Elle est très… Marrante.

- Intrusive et entreprenante, tu peux le dire ! Mais elle est adorable, et c'est une bonne amie.

- Vous vous connaissez depuis longtemps ?

- On s'est rencontrées à l'aéroport, en Juillet dernier. »

            Elle préféra ne pas en dire plus, ce qui n'échappa pas au jeune homme, qui changea de discussion devant le malaise de Samuelle.

« J'ai compris, plus de question !

- Merci, rit-elle.

- Comment va ton dos ?

- Bien, j'ai l'habitude, lui dit-elle en lui rappelant leur conversation de la veille au soir. Et toi ?

- Ca m'a l'air d'aller aussi. Et puis si jamais j'ai besoin, je saurais vers qui me tourner. »

            Son sourire était un cadeau. Samuelle se sentit cruche à penser de cette façon, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Il semblait sincère, ou au moins innocent.

« Je dois y aller, annonça-t-il après une minute de silence.

- Ok. »

            Elle s'empêcha de faire pencher ses yeux dans sa direction. Samuelle tenait à son intégrité et son indépendance plus qu'à n'importe quel autre trait de son caractère.

            Gabriella la rejoignit à l'extérieur, suivie de près par Moran.

C'était une de leurs habitudes, ça aussi : fumer une cigarette dehors, et échanger des anecdotes. Quelques fois, il s'agissait d'éviter une conversation trop houleuse à la table, ou une personne dont la présence n'était pas désirée aussi. 

            Cet après-midi-là, Samuelle compris qu'aucun de ces trois prétextes n'était la raison de la venue de ses amies. Elles avaient un plan, Samuelle savait déchiffrer les expressions sur leurs visages : Gabriella plissait ses yeux et arborait toujours un sourire malicieux dans ces cas-là, Moran elle se contentait de glousser en laissant apparaître sur ses pommettes pâles des petites tâches rougeâtres.

            Et elles se présentaient exactement comme ça, à l'instant.

« Samedi soir on fête l'anniversaire de Margot ! Annonça fièrement Moran.

- Je sais oui, on en parle depuis une semaine.

- Et ce sera super fun !

- Ô oui, on va s'éclater ! »

            Elles semblaient être fières, à faire les malignes en gardant Samuelle hors du secret de leur prochain plan diabolique.

            La dernière fois qu'elles avaient œuvré de telle manière, une fille que Paul avait invité à venir avec eux s'était retrouvée avec une tâche de Martini rouge sur sa robe en cachemire. La fille en question, une étudiante en doctorat qu'elles voyaient pour la troisième fois, ne leur plaisait pas. Elle était arrogante, égoïste et l'esprit un peu trop fermé.  

            Un mois plus tôt, un après midi, Margot leur avait confié avoir un faible pour un type de leur promo –Calvin, surement bisexuel, maniéré, et surtout beaucoup trop bavard. Moran était passé à l'action la première : Colin avait débarqué un soir au Club, alors que la bande d'amis se retrouvaient pour fêter les vacances au semi-trimestre.  Vint le tour de Gabriella : la reine des messages subliminaux les mis mal à l'aise, les fit rire et enfin, entama des sujets de conversations qui ne pouvaient que les rapprocher (politique du pays, féminisme, voyages) et trois mois plus tard, après une centaine de sms échangés, des aveux embarrassants sur leurs sentiments et une longue, longue attente : Colin et Margot s'étaient enfin embrassés.

            Samuelle eut alors la certitude que ses amies avaient prévu quelque chose pour son compte, Samedi soir. Et au moment le moins opportun, elle serait prise au piège.

            Elle travailla tous les soirs jusqu'à ce fameux anniversaire. La fin de sa semaine fut rythmé par les révisions en vue des futurs examens, le restaurent, ses footings matinaux et Moran qui ne cessait de la questionner sur celui qu'elle appelait « Duffel-goat ».  Bizarrement, elle n'appréhendait rien, ni même ne pensait à le revoir. Elle avait eu ce qu'elle voulait : une conversation avec lui, qui avait confirmé son ressentiment à son égard. Il semblait être un jeune homme honnête, et elle n'avait pas l'intention d'en apprendre plus sur son compte.

            La seule question qui continuait d'occuper son esprit était la signification de ce prénom. Andrea. Une fille, une femme même surement. Mais qui ? Et surtout pourquoi ?

            Ce Samedi, alors qu'ils étaient tous réunis autour de trois bouteilles de vodka et de quelques sodas, elle n'eut pas le temps de se poser une question de plus. Daniel la saisit par le bras et l'entraina à l'extérieur, prétextant l'envie de fumer une cigarette.

« Tu fumes toi ?

- Mais non Sam, il faut juste qu'on parle de quelque chose ! »

            Ils s'éloignèrent de seulement quelques mètres, au coin de la rue. Bon sang, il faisait un froid de dingue et Samuelle n'avait pas eu le temps d'attraper son écharpe.

« Alors, il parait que ça avance avec le type ? Lança Dan.

- Quoi ?

- Tu peux m'en parler, t'en fait pas ! C'est Paul qui m'a dit que tu étais allé avec lui dans un bar l'autre soir, Gabriella lui a dit.

- Il voulait juste s'excuser pour un truc débile, on s'est croisé au salon de tatouage.

- Et donc ?

- Quoi ?

- Tu vas le revoir ?

- Je l'ai vu Mardi déjà, à la bibliothèque.

- Sam ! Fais pas ta prude ! Tu vas le revoir, ou pas ? Insinua-t-il avec un clin d'œil qui traduisait le fond de  sa pensée.

- Je ne sais pas, Dan. File-moi mes clopes. »

            Elle alluma sa cigarette après avoir emprunté le briquet d'un type juste à côté d'eux. Daniel ne s'était jamais montré si intrusif ; elle n'aimait déjà pas parler de ces choses-là d'habitude, avec lui s'en était d'autant plus gênant.

Une amitié naturelle s'était installée en eux dès leur première rencontre pourtant : Daniel plaisantais sur tout et rien, et toujours avec un humour bien spécial. Samuelle étant la reine du sarcasme, ils s'étaient entendus de suite. Puis ils s'étaient découverts des centres d'intérêt communs ;  comme par exemple leur passion pour la philosophie, le rock des années 80 et 90 ou encore l'univers de Tolkien. Daniel était une des seules personnes dans le groupe d'amis à connaitre les prénoms des membres de sa famille, et il était aussi le seul à qui elle confiait ses doutes. Surement parce qu'il pouvait également les comprendre –il avait quitté le domicile familial après la mort de son père et le remariage de sa mère avec son oncle-, et  puis il était plus âgé.

Seulement, les garçons n'avait jamais fait partie d'une de leurs discussions nocturnes, lorsque Samuelle s'ennuyait sur le chemin en rentrant du travail.

Elle fit alors la chose qu'elle savait le mieux faire, détourner l'attention, et ainsi changer le sens de la conversation dans une direction qui ne l'impliquait ni de près, ni de loin.

« Gabriella l'a dit à Paul alors ?

- Ça te gêne ?

- Non ! Mais je veux dire… Gabrielle et Paul ?

- Ouais je sais. Je crois que lui il n'y a pas fait attention, au fait qu'elle craque complètement pour lui je veux dire.

- En même temps il ne fait pas attention à grand chose.

- Arrête, tu sais bien que Paul n'est pas si insensible que ça. Il est discret c'est tout. Et je ne crois pas que Gaby l'intéresse dans ce sens, même si il l'adore vraiment.

-Mmh.. »

            Elle écrasa sa deuxième cigarette sous son pied, Daniel rentra. Elle fumait beaucoup trop depuis son arrivée à Toronto, elle le savait et ses amis le lui répétait que trop souvent. Coline aussi, lorsqu'elles étaient encore amies.

            Son cœur loupa un battement lorsqu'elle fi face à cette pensée. Elle était ici, dans ce bar, à fêter l'anniversaire d'une fille qu'elle ne connaissait que depuis quelques mois alors que sa plus ancienne amie, sa sœur quasiment, se sentait peut-être seule de l'autre côté de l'Atlantique, dans une ville où Samuelle ne s'était pas sentie à sa place.

            Et si Coline ressentait-elle aussi ce sentiment désormais ? Et si elle n'avait personne pour l'aider ? Pour la comprendre ? Peut-être même qu'elle était malade ? Ou partie, sans laisser d'adresse.

            Samuelle saisit instinctivement son téléphone dans la poche de son jean. Dans son répertoire, le prénom de sa meilleure amie était encore précédé d'une petite étoile, ce qui la plaçait toujours, depuis tout ce temps, au-dessus des autres contacts.

« Je suis là pour toi.  Je t'aime, cocotte. »

Elle n'écrivit pas un mot de plus,  mais elle savait que cela importait peu : Coline comprendrait. Coline saurait, et c'était ce qui importait le plus.

 

            A sa grande surprise, elle fut bientôt rejointe par ses amis, qui n'auraient pas dû boire autant, et fut entrainée sans qu'elle ne puisse protester aux portes d'une boîte de nuit branchée.


 

5

 

 

            Ce soir, elle décida de danser. Après quelques verres, surement deux ou trois en trop, Samuelle semblait plus légère qu'à son habitude. Sa mine blasée et sa nonchalance, à laquelle s'étaient accoutumée tous ses amis, avaient disparu. Elle se dandinait sur la piste, en remuant ses courbes comme elle ne l'avait jamais fait.

            Avec Gabriella et Moran, elle chantait à en perdre la voix en l'honneur de l'anniversaire de leur amie et, malgré tout, Samuelle était heureuse d'être ici. Ses pensées mélancoliques de l'heure précédente s'étaient évaporées à la seconde même ou elle avait fait signe à Coline que jamais elle ne l'abandonnerait. Les trois amies s'étaient lancées au milieu de la boîte de nuit, entrainant avec elle Margot et Chloe ; Daniel et Paul restèrent en retrait à enchaîner les verres de whisky. Calvin emmena sa petite amie dans un coin où ils seraient tranquilles. Ainsi, vers 4h du matin, la soirée semblait arriver à sa fin.

« On s'en fou Sam ! On reste, il est temps de te détendre un peu ! Hurla Moran pour se faire entendre. »

            La musique, qui battait la mesure à un rythme impossible accélérait au rythme de son palpitant. Sa tête tournait, et elle n'était plus sure d'être elle-même lorsqu'un corps vint se coller au sien. Des bras l'entourèrent, des bras d'homme, mais elle ne changea pas son attitude lorsque ses hanches  vinrent se brusquer contre les siennes. Elle ne fit pas face à celui qui se mouvait contre elle sans suivre le rythme de la musique. Moran et Gabriella s'étaient écartées, la première avait jeté son dévolu sur un jeune homme à l'autre bout de la salle, la seconde était retournée s'asseoir avec les garçons.

            Daniel l'observait de leur table, près du bar, elle sentait son regard insistant sur elle. Peu-importe. Elle était libre, et l'alcool lui offrait un sentiment de légèreté qu'elle avait rarement connu.

            Une chose vint déranger ce moment cependant, et ce fut quelque chose à laquelle Samuelle ne s'était pas préparée.  Des mains un peu trop insistantes se baladaient le long de ses reins, et quelque chose de dur heurta le creux de ses fesses.

            Il ne lui fallut pas plus d'une seconde pour, cette fois, se retourner, gifler violement le type en soutenant son regard et fuir la piste de danse. Et ce qu'elle ressenti ne fut qu'encore plus jouissif : elle était toujours Samuelle, belle et mystérieuse, aux yeux perçant. Le jeune homme en resta bouche-bé, et ne fit aucun mouvement ; ni pour se défendre, ni même pour tenter de la rattraper.

            Samuelle sorti son ticket de vestiaire, le présenta à la jeune femme beaucoup trop maquillée à l'entrée de la boite de nuit et quitta l'endroit en se promettant que jamais elle n'y remettrait les pieds.

            Elle plongea la main au fond de son sac pour prendre son paquet de cigarette, en saisit une mais cette fois, elle ne réussit pas à la mener jusqu'à sa bouche.  Combien de verres avait-elle bu déjà ? Six ? Sept ? Peut-être dix, même surement plus. L'air frais qui frappait ses joues pâles  ne suffisait pas à ressembler ses esprits. Quelques mètres plus loin, elle se fit glisser le long d'un mur et se posa de tout son poids sur le bitume gelé de la 9ème. Et sans qu'elle ne comprenne réellement pourquoi, une larme coula le long de sa joue. Ça doit être le froid.

            Elle resta assis un long moment par terre, en fumant une cigarette, puis une autre et encore un autre. Le sommeil la gagnait, et ses amis n'avaient sans doute surement pas remarqué son absence, puisqu'aucun d'eux ne pouvait être aperçu aux portes de la boite de nuit.

            Une paire de chaussure cependant s'installa devant elle, avec à son bord deux longues jambes cachées sous un jean sombre. Elle rassembla ses forces pour lever la tête vers le jeune homme qui se tenait devant elle, et un sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle aperçut le Duffel-coat noir qu'il portait.

« Comment va Wonder Woman ?

- Quoi ? Elle n'était pas capable de répondre autre chose.

            Il s'accroupit à sa hauteur et posa une main sur le sol. Samuelle pouvait deviner l'intensité de son regard, même à une heure si tardive, où l'on n'aurait pu deviner la couleur de ses iris. 

« Thomas. Tu l'as sacrément amoché.

- Qui ?

- Le type que t'as méchamment griffé il y a à peine vingt minutes, c'est mon meilleur pote, raconta Alexandre.

- Et bien il l'a cherché.

- Si on veut oui. Il faut dire que tu n'étais pas si fermée que ça non plus, au début.

- Je voulais m'amuser. »

Elle répondait encore par des phrases courtes, mais cela ne semblait en aucun cas perturber Alexandre, qui esquissait un sourire en coin à chaque mot prononcé par Samuelle.

 « En tout cas, il se souviendra longtemps de ta manucure ! Plaisanta-t-il. »

            Samuelle sorti sa main de sa poche et la monta de façon à pouvoir l'observer plus sérieusement. Elle fixa ses longs doigts fins intensément, avant de se souvenir que Moran avait absolument voulu lui faire ses ongles pour ce soir, et malgré les lamentations de Samuelle durant la séance de torture, sa colocataire avait tout de même obtenu ce qu'elle voulait : chaque onglé était décoré d'un camaïeu de bleu avec une couche de vernis pailleté.

« Ce ne te va pas du tout, je trouve, fit remarquer Alexandre, toujours penché vers elle.

- J'en ai cassé un.

- Thomas à les joues dures.

- Il n'y avait pas que ses joues, crois-moi. »

            Elle eut la chance d'entendre son rire encore une fois, et malgré son état, celui-ci fit clairement écho à tous ceux imprimés dans son esprit depuis l'autre soir.

Alexandre se releva soudainement, elle eut peur qu'il parte, et qu'une fois de plus elle ne puisse pas profiter d'un moment avec lui. Mais il vint s'installer à côté d'elle, et souffla lorsqu'un posa sa tête contre le mur, dans un soulagement qui faisait paraitre la fatigue accumulée cette semaine. Il remonta ses genoux jusqu'à son buste et plaça son bras sur les épaules de Samuelle. Quoi ?

« Qu'est-ce que vous faisiez ici ?

- Thomas y travaille, et nous on l'accompagne quelques fois. Il est aux platines, c'est pour ça qu'il drague tout ce qui bouge. Il a trouvé une autre fille après que tu l'as griffé.

- Gifflé !

- Non, je te jure, griffé : il saignait un peu, là. Il pointa son index sur la joue réchauffée de Samuelle.

- Je ne m'excuserais pas !

- C'est ce que je lui ai dit, quand il a voulu te courir après.

- Mais c'est toi qui est venu, en conclut Samuelle lorsqu'elle put enfin remettre les évènements dans l'ordre.

- Oui, c'est moi qui t'ai trouvé.

- Et maintenant, on fait quoi ? »

            Elle sentit le poids de son bras se retirer, et en à peine cinq secondes, Samuelle se tenait sur ses pieds, face à lui, les jambes tremblantes et ses mains dans les siennes. 

« Tes amis te cherchent, ils sont inquiets. Je suis venu pour te chercher, je te l'ai, tu te rappelles ?

- D'accord, on y va. »

            Et elle se laissa entraîner, déçue et aussi perdue dans le tas de questions qui s'accumulaient dans son esprit. Elle les chassa d'un mouvement de bras, littéralement, ce qui la fit non seulement tituber, mais en plus et à son plus grand contentement, rire une nouvelle fois Alexandre.

            Il lança un sourire au pot de peinture du vestiaire, et Samuelle ne put s'empêcher de lui lancer, elle, un regard d'une jalousie qu'elle se découvrait à peine. C'était peut-être elle, Andrea ?

            Paul, Daniel et Gabriella se tenaient juste à l'entrée, accrochés à leurs téléphones et visiblement inquiets.

« Je te laisse entre de bonne main, j'y retourne, dit-il en saluant brièvement ses trois amis. »

            Samuelle ne le remarqua pas, mais du coin de l'œil Daniel observa Alexandre retourner à l'intérieur de la boite de nuit, et avec une attention qu'elle ne lui connaissait pas, il la saisit par le bras puis la hanche : « Allez on rentre, on a assez rigolé pour ce soir. »

            Il semblait en colère, ou quelque peu distant par rapport aux autres fois. Samuelle n'y prêta pas attention. Et après tout, elle était libre de faire ce que bon lui semblait ; elle sourit sans que personne ne le remarque.

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