Comme un hommage

ezrane

En guise d'explication ...

Actualité. Ce terme est un peu mal choisi puisque ce texte n'est pas récent. Une actualité plutôt ancienne, ces quelques mots datent de mars 2012, simple recueillement suite à la tuerie de Toulouse.


Tu pleures, petite. Ton corps tombé est douloureux, et tu te noies dans la souffrance. Et l’incompréhension. Tu rejoignais d’autres fillettes, tu rejoignais d’autres garçons ; tu ne les verras plus. Tu ne vois plus que de lourdes chaussures. Bruits, cris, résonnent dans une ambiance étouffée, dans laquelle tu suffoques. Les chaussures se sont arrêtées. Et tes yeux se sont fermés.

Tu dors, petite. D’un sommeil profond et éternel. Pour toi, aujourd’hui, la vie a cessé. Pour les autres, elle doit continuer. Dans la peur. Désormais tu veilles, petite. De ton cœur pur d’enfant tu regardes vers le bas. Tu ne le méritais pas. La mort ne se mérite pas. La mort ne se donne pas. On hurle à l’injustice, mais toi, tu n’entends plus. Déjà tu es partie. Tu ne mettras plus jamais les pieds dans ce monde, salit par la bêtise et l’horreur.  Tu t’es enfuie, petite. Bien malgré toi. Mais ton image restera. Belle innocence, pureté de l’enfance, qui fait ressortir la froideur et la lâcheté de ce geste.

Je pense à toi, petite. On prie pour toi, petite ; partout, ici et ailleurs. Dans le silence semble se dessiner ton visage. Et ces déjà trop nombreux autres qui sont à tes côtés.

Tu n’étais pas différente, petite. Pas plus que moi je suis différente de toi. Nous sommes tous différents. Mais toi, tu as payé de ta vie. Il y a des larmes qui coulent pour toi. Je vois des gens pleurer pour toi.

Le bruit reprend. La classe, la ville, les gens, s’éveillent lentement, de ces secondes-éternité. Mais ma bouche reste close. Mon cœur est lourd sous des mots durs à prononcer. Voire même à rédiger.

Mais j’écris. Je t’écris, petite. Je t’offre mes mots, à toi qui es là-haut. Comme un hommage.

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