Discussion banale entre amis

black-word

Lors d'une journée ordinaire, une discussion ordinaire entre deux amis ordinaires qui pourrait paraître extra-ordinaire.

Un jeune homme marche en boitant dans une petite surface et croise son ami, un employé dans cette petite surface discutant avec un collègue de travail. Le voyant arriver vers lui, la main tendu et avec le pas boiteux, il lui sert la main et engage la conversation.

T – Qu'est-ce que tu t'es fait ?

A – Tu parle de quoi ?

T – De ta jambe. Tu boite.

A – A ça !

T – Oui.

A – Et bien ?

T – Qu'est-ce que tu t'es fait ?

A – Rien de spécial.

T – Pourtant tu boite.

A – Oui.

T – Tu as mal ?

A – Un peu.

T – Pourquoi ?

A – Je me suis fais mal.

T – Qu'est-ce que tu t'es fait ?

A – Rien de spécial.

T – T'es sur ?

A – Oui.

T – Je n'te crois pas.

A – Pourquoi ?

T – Je te connais.

A – Et donc ?

T – T'as du faire une connerie.

A – Qu'est-ce qui te fais dire ça ?

T – Je te connais.

A – Tu n'as aucune preuve.

T – De ?

A – Que j'ai fais une connerie.

T – T'as pas fait de connerie ?

A – Ce n'était pas moi.

T – Mais il y a eu une connerie.

A – C'était bien malgré moi.

T – Et ça t'as fais mal ?

A – Oui.

T – Qu'est-ce qui t'es arrivé ?

A – Rien de spécial.

T – Une belle connerie ?

A – Ridicule.

T – Pour toi ?

A – Oui.

T – Tu t'es fais mal tout seul ?

A – Non.

T – Pourquoi tu ne veux rien dire ?

A – Ce n'est rien de spécial.

T – Et qu'est-ce que c'est ?

A – Rien que tu imagine.

T – Et qu'est-ce que j'imagine ?

A – Sans doute quelque chose de faut.

T – Comment tu le sais ?

A – Je te connais.

T – Moi aussi.

A – Je sais.

T – Et tu sais que ce que j'imagine est faut ?

A – Oui.

T – Qu'est-ce que j'imagine.

A – Je ne sais pas, mais c'est faut.

T – Comment tu peux le savoir ?

A – La preuve. Qu'est-ce que tu imagine ?

T – Que tu t'es fais mal tout seul.

A – Ce qui est faut.

T – Quelqu'un t'a fait mal ?

A – Non.

T – Et tu ne t'es pas fais mal seul.

A – Non.

T – Mais c'était ridicule.

A – Très.

T – Très ?

A – Très ridicule.

T – Tu m'as l'air…

A – Désappointé ?

T – Gêné.

A – Pas tout à fais.

T – Possiblement…

A – Affamé ?

T – Énervé.

A – Ce serait abusé.

T – En train de pencher.

A – Sur le côté ?

T – A pêne.

A – Je suis blessé.

T – Mais qu'est-ce qui t'es arrivé ?

A – Je me suis cogné.

T – Au tibia ?

A – Bien deviné.

T – Tout seul ?

A – Non.

T – C'était un poteau ?

A – Un panneau.

T – Que tu n'as pas évité ?

A – Il était couché.

T – Que tu n'as pas évité.

A – Il était mal couché.

T – Et comment ça ce fait ?

A – Peut-être un mauvais employé de la municipalité.

T – Et tu t'es cogné.

A – Comme tu peux le voir.

T – Tu ne l'as pas évité ?

A – J'étais occupé.

T – Trop occupé ?

A – Comme tu peux t'en douter.

T – Mais tu marchais.

A – J'étais dans mes pensées.

T – Un peu distrait ?

A – Beaucoup, je dois l'avouer.

T – Mais ce n'est pas t'as faute.

A – Comment pourrait-on me le reprocher ?

T – De ne pas regarder où tu vas ?

A – De réfléchir.

T – Ce serait abusé.

A – Contant de te l'entendre dire.

Le collègue de travail – C'est toujours comment ça entre vous ?

T – Oui.

A – Non.

Les deux amis se fixent.

T – Tu t'es mangé un poteau.

A – Et toi t'as des goûts de merde en matière de jeux vidéos ! 


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