D'un point à un autre.

balneon

A l'arrière de la voiture.
La route se décompose, virages après virage. Regardant par la fenêtre, à peine un arbre remarqué qu’il s’évapore. Quelques gouttes de pluie par moments, rien de remarquable pour le commun des voyageurs. J’entends un titre des Beatles au loin, entre discussions et clignotants. La voiture date un peu, tout comme moi. Je rêve aux lueurs des anges, au regard d’inconnues se décroisant, et le surréalisme des songes m’emporte. Plus une porte sous ce manteau de neige, plus un soupir sur le monde qui s’arrête enfin, sous la mélodie d’un moteur et de l’asphalte dévalé. Les yeux fermés, le temps se pose enfin. Un écrin vide s’ouvre sur lui-même…Infinité des passages éclosant, robe en déroute, sur une ruche d’infamies. Les mots peinent à se mouvoir, le bras engourdi et la sève montante, dans l’éternelle obscurité. Déchirure des sentiments, sur paix en révolte. La mise en route des cœurs s’endort. J’aurai beau essayer, la peine s’émeut d’un rien. Une larme, un idéal, la fin des temps, et l’odeur d’un chemin sans bornes. Mille kilomètres aller-retour, des astres, des vautours. Des as, tour par tour. Fumée d’un whiskey au vase clos, un film des années 60 ou un banal idiot au milieu d’une arche d’eau. Mouvance des lettres autant que des à-coups d’un visage sur le bord d’un siège. S’endormir semble parfois inaccessible, et tout devient onirique. Un élan sur la terre, migration des paysages, plus aucune couleur ne crie gare, et tournent les orages. C’est après la déroute que les sens dorment. Naissance d’un nouveau départ alors que la clef met fin au bruit du chaos.
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