Entre raison et désir. Partie 1 : Bien caché sous le masque

paprika972

Quand la venue d'une femme fait basculer les liens familiaux...

Partie 1 : Bien caché sous le masque

Alex

Purée ! J'ai déjà fini ma boîte de mouchoirs ! Cette bonnasse me fait décidément trop d'effet, et ce n'est que du virtuel ! Ça fait déjà trois semaines que ça dure ! Tout ça à cause de cet imbécile de Sébastien, c'est lui qui m'a recommandé ce site-là. « Vas-y ! C'est le meilleur ! Tu verras, y'a de la bombe là, tu t'ennuieras pas ! » Et il avait bien raison, l'enfoiré ! Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Bon, c'est vrai que c'est assez cher, mais vraiment, ça en vaut la peine. Surtout avec elle ! Elle ? C'est Amazone 21, son surnom est un peu kitch, c'est sûr, mais bon sang… c'est indescriptible, c'est… fantasmagorique ! Elle m'a rendu accro en deux semaines. C'est clair, avec elle, c'est tous les jours… je ne peux plus m'en passer… Dès qu'elle allume sa webcam, ça y est, je suis sous hypnose… Le pire, c'est que je ne sais même pas à quoi elle ressemble, elle porte toujours un loup noir, garni de longues plumes. Mais à vrai dire, rien à foutre, tant qu'elle est bonne ! Et puis, ça entretient le mystère. Je serais incapable de lui donner un âge, mais elle ne doit pas être très âgée. Peut-être quelques années de plus que moi… en tout cas, elle a un cul d'enfer ! Cette façon qu'elle a de m'allumer juste en balançant ses hanches… à ma grande honte, je dois avouer que je décharge tout de suite… je suis toujours tellement excité que ça sort quasiment tout seul… mais bon… ça, elle ne le saura jamais. Ce n'est que virtuel. Même si j'avoue que je donnerais tout pour la voir en vrai ! Ça me changerait des gamines inexpérimentées que j'ai connu jusqu'à maintenant. Y en a vraiment qu'une qui sortait du lot, mais bon, elle était du genre… glauque… Mais, avec Amazone 21, ouais, là ce serait chaud. Vraiment chaud. Rien que d'y penser, je me sens à l'étroit dans mon pantalon…

Robert

Mais qu'est-ce qu'il fiche encore ? Je l'appelle une nouvelle fois ! Ce gamin est toujours en retard, c'est une catastrophe. Alex est vraiment un gars super, le fils rêvé, mais la ponctualité, ce n'est vraiment pas son fort ! Ça a empiré, depuis que sa mère est partie… Il est devenu un peu plus secret aussi… c'est peut-être l'âge qui veut ça… 17 ans… ça passe tellement vite. Je regarde encore ma montre, excédé. Il exagère.

_Alex ! Tu te dépêches, oui ! On est déjà en retard !

_Oui, oui ! me répond sa voix à l'étage. Je l'entends descendre bruyamment les marches. Il a encore l'air crevé.

_Mais bon sang ! Tu fais quoi de tes nuits, pour avoir l'air si fatigué ? C'est encore ce fichu portable, c'est ça ? Tu discutes avec tes potes au lieu de dormir ?

Il baragouine quelque chose dans sa barbe, tout en levant les yeux au ciel. Bref. Je le regarde à la dérobée. J'aimerais tant lui parler de ce qui m'arrive, de cette femme que j'ai rencontrée et qui est en train de bouleverser ma vie. Je l'ai rencontrée à l'église. Jamais je n'avais encore ressenti ce que j'ai ressenti pour elle, même pas pour la mère d'Alex, et Dieu seul sait que je l'ai aimée. Elle est parfaite, si vertueuse, si à l'écoute, si… bref, elle est parfaite. Ça fait un mois qu'on se fréquente et je crois vraiment que j'ai envie de continuer avec elle. Un vrai coup de foudre. Le seul problème, c'est Alex. Je ne sais pas encore comment lui dire, comment amener les choses. Et je ne voudrais pas qu'il l'apprenne par quelqu'un d'autre que par moi. Il vaut mieux attendre le bon moment, afin que tout se passe en douceur.

 

Alex

Je suis le cours de philo d'un air distrait… mes pensées sont tournées vers Amazone 21… Hier soir, ça a été particulièrement hot, elle était en forme. Elle avait choisi un uniforme de soubrette particulièrement bandant : elle portait juste un tablier noir bordée de dentelle blanche, des porte-jarretelles noirs, des bas et des chaussures noires à talons aiguille. C'est tout. Chaque fois qu'elle se mettait de profil, on pouvait voir la courbe de ses fesses charnues, chaque fois qu'elle se penchait en avant, je n'avais qu'une envie : pouvoir plonger ma tête entre ses seins admirables… J'entends de nouveau sa voix rauque qui me susurre : « Que voudrais-tu que je te fasse ce soir ? » Tout ! Je voudrais qu'elle me fasse tout ! Mais je voudrais aussi tout lui faire. Je voudrais la dominer, la posséder entièrement, qu'elle soit totalement à moi. Je voudrais pouvoir la soumettre, la contraindre, qu'elle me supplie ! Je voudrais…

_Alex !

Le coup de coude de Seb me sort de mes fantasmes. Le prof m'interroge… je n'ai rien écouté… Et merde, un mot dans mon carnet !

En sortant de la salle à la fin du cours, Seb me dévisage d'un air interrogateur.

_C'est quoi ton problème Alex ? T'es tout le temps dans la lune en ce moment ! Me dis pas que c'est toujours à cause de… tu sais qui ?

Je lui souris. Seb est le seul à savoir à quel plaisir je m'adonne. C'est lui qui m'y a initié d'ailleurs ! S'il ne m'en avait pas parlé et s'il n'avait pas réussi à me convaincre, jamais je ne me serais risqué à faire ce genre de choses-là. Regarder un porno, c'est une chose, mais les sex cam… j'avais encore jamais testé. Et puis… imagine ce qui se dirait, si quelqu'un venait à l'apprendre ! Mon père est tout de même très actif au sein de l'église. Je crois même qu'il envisage de devenir diacre… ça ferait désordre…

_J'ai pas fermé l'œil de la nuit.

_Ah ouais ? T'étais avec qui ?

_Amazone 21 !

_Ah ouais ! Elle est chaude celle-là ! C'est la plus connue sur le site, la plus demandée.

Je le sais très bien, mais bizarrement, ça me dérange de l'entendre. J'ai naïvement l'impression d'être le seul qui compte pour elle, parfois… C'est ridicule, je sais, mais…

_Et t'as passé toute la nuit avec elle ?, renchérit Seb, les yeux écarquillés.

_T'es fou ou quoi ?! T'imagines combien ça m'aurait coûté ? Non, juste un moment… mais… c'était super… elle m'a chauffé comme jamais ! Impossible de m'endormir après ça !

_Tu t'es branlé ?

_Obligé !

Seb éclate de rire. Il se fout de ma gueule alors qu'il fait pareil !

_Oh ! Regarde qui vient vers nous !

Je suis son regard. C'est Doris et sa bande. Doris… c'est la fille populaire ! Tous les gars rêvent de se la taper. Intérieurement, je souris. Je suis loin d'être le plus populaire, mais, moi, j'ai eu la chance de lui plaire. Pourquoi ? Je pense que je ne le saurai jamais, mais je lui ai plu. Je n'ai qu'à repenser à ce moment volé dans les toilettes du dernier étage, il y a un an et demi environ… Jusqu'à maintenant, j'ai encore du mal à y croire. La classe de Doris et la mienne ont les mêmes créneaux pour l'EPS. Et ce jour-là, on s'était chauffé tous les deux. Elle n'avait pas de grands efforts à faire pour ça, sa tenue parlait pour elle : débardeur moulant, dévoilant son nombril, shorty indécent… et puis, cette attitude qu'elle avait, cette façon de me regarder, de se cambrer quand je glissais les yeux dans sa direction… Normalement, elle aurait dû être renvoyée du cours à cause de sa tenue, mais le prof d'EPS, ce vieux vicelard, en profitait bien. Il n'arrêtait pas de la mater. En fait, on le faisait tous… En retournant dans les vestiaires après le cours, j'ai trouvé un petit papier dans mon sac. « Retrouve-moi dans les toilettes, au dernier étage, après la cantine ». C'était signé Doris. Est-ce que c'était sérieux ? Est-ce que c'était un piège, du style bizutage… Aucune idée, mais à vrai dire, je n'ai même pas réfléchi, je ne me suis posé aucune question. J'y suis juste allé. Les toilettes du dernier étage sont très rarement utilisées. Quand je suis arrivé, j'avais déjà tellement fantasmé dans ma tête que j'étais déjà excité. Elle était là, un sourire mutin sur les lèvres. Elle m'a fait signe de me rapprocher, ce que j'ai fait.

_Il paraît que je te plais, m'a-t-elle dit, avec un tel aplomb que je ne m'y attendais pas. J'ai lamentablement bégayé quelque chose et elle a ri.

_Je sais. Et tu me plais aussi. Si ça te dit… on pourrait peut-être se montrer à quel point on se plaît…

Et elle m'a embrassé. Ce n'était pas un baiser gentillet comme ceux que j'avais coutume d'échanger avec les filles avec lesquelles j'avais flirté auparavant. C'était… différent. Elle a posé ses lèvres sur les miennes, puis, elle s'est mise à les caresser avec sa langue, tout en me regardant dans les yeux. Ce mouvement était si sensuel, qu'un long frisson m'a parcouru tout le corps. Ensuite, elle a attrapé ma lèvre inférieure et s'est mise à la suçoter, en poussant des petits gémissements. J'avais tellement envie d'elle que j'en ai eu mal. Elle s'est serrée contre moi et a passé ses bras autour de mon cou. Là, elle a glissé sournoisement sa langue dans ma bouche et elle m'a embrassé avec voracité. Mes mains courraient en tremblant un peu sur son corps. Elle a éclaté de rire face à ma maladresse.

_Dieu ! Que tu es timide ! Viens ! , m'a-t-elle ordonné en entrant dans une cabine. Je l'ai suivie. Elle m'a plaqué contre le mur et s'est mise à m'embrasser sur les lèvres, le cou, la pomme d'Adam. Ses mains, plus expérimentées que les miennes, ont rapidement glissé jusqu'à mon pantalon et en moins de temps qu'il n'en a fallu pour le dire, elles avaient déjà défait ma braguette.

_Tu as envie ? m'a-t-elle demandé en me regardant effrontément dans les yeux. Je lui ai fait oui de la tête, le souffle coupé. Elle a suggestivement passé sa langue sur ses lèvres et a baissé mon pantalon. Elle s'est relevée et a glissé une main dans mon caleçon. J'étais tellement excité que mon sexe lui a carrément sauté dans la main ! Elle s'est mise à le caresser doucement, avec tant de doigté, que j'ai vite compris qu'elle avait l'habitude de faire ça. Et elle le faisait sacrément bien. C'était tellement bon, tellement fort, tellement intense que je n'arrivais plus à respirer à un rythme normal. Et cette façon qu'elle avait de plonger ses yeux dans les miens sans ciller… je n'arrivais pas à soutenir son regard, c'était comme s'il me brûlait ! Elle s'est agenouillée, lentement, sensuellement, tout en gardant ses yeux braqués sur mon visage et avant que j'aie le temps de me préparer, elle a mis mon sexe dans sa bouche. C'était la première fois qu'on me faisait une fellation… Le fait de la regarder me faire ça, et d'y prendre du plaisir en plus… ce regard coquin et sensuel qu'elle me lançait pendant qu'elle me léchait… ça a été le plus beau jour de ma vie ! Le plaisir montait en moi par vagues, je n'entendais plus rien, je ne voyais plus rien, je ne sentais que sa langue qui glissait le long de ma bite… C'était trop fort ! Je n'ai pas tenu longtemps, j'ai joui sur son visage. Tout mon corps était parcouru de spasmes et mes jambes flageolaient. Je ne sais pas comment j'ai pu tenir debout. Doris s'est relevée, a pris du papier toilette et s'est essuyée. Je pensais qu'elle serait fâchée ou gênée – quoique, ça, ça m'aurait étonné--, mais non. Elle m'a souri et m'a de nouveau embrassé.

_T'inquiète pas. J'ai de quoi me remaquiller dans mon sac.

Elle s'est juste contentée de me dire ça. Elle a ouvert la porte de la cabine et elle est sortie. Je l'ai vue se laver le visage et sortir une trousse de son sac. Elle s'est refait une beauté en deux temps, trois mouvements. Je l'ai regardée se remettre langoureusement du rouge à lèvres. C'était incroyablement sexy. Puis, elle m'a regardé dans le miroir, m'a fait un clin d'œil et m'a dit :

_On remet ça quand tu veux.

Puis, elle est partie.

Voilà. C'est ça, Doris.

 

Doris

Je déambule dans le couloir sous les regards des autres. J'y suis tellement habituée maintenant, que ça ne me fait plus rien. Sauf peut-être quand c'est Alex qui me regarde… Et il le fait en ce moment, discrètement, pas comme son crétin de pote Sébastien qui bave littéralement sur moi… Un frisson de dégoût me parcourt tout entière ! Je me concentre sur Alex. Dire que j'ai été sa première fois ! Alors oui, je lui ai sauté dessus, à chaque fois, c'est vrai, mais s'il avait fallu que j'attende qu'il fasse le premier pas, il serait encore puceau à l'heure qu'il est ! Il était si timide et si maladroit les premières fois… je me demande si ça a changé depuis. Un pincement au cœur me fait réaliser que je ne le saurai probablement jamais. J'ai merdé avec lui ! Complètement… je le regrette. Je n'ai jamais retrouvé quelqu'un comme lui après ça. Avec lui, il y avait ce je-ne-sais-quoi… je me suis toujours montrée très entreprenante avec lui, mais en vrai, je crevais de trouille qu'il ne me rejette. Alors, au début, je ne lui en ai pas laissé le choix. Je le dépasse, lentement. Va-t-il se retourner et me regarder avec envie, comme il le faisait avant ? Discrètement, je jette un coup d'œil par-dessus mon épaule et j'espère. En vain, il continue son chemin, tandis que Sébastien, lui, se dévisse la tête, les yeux braqués sur mes jambes… ou plus haut, je dirais. Je regarde de nouveau devant moi, les yeux fiers. J'arbore un sourire qui paraît naturel, mais au fond de moi, j'ai envie de hurler ! Personne n'en saura jamais rien. Je dois être en forme. J'ai un rendez-vous ce soir et je ne veux pas le gâcher. Ça tombe bien, maman ne sera pas là, elle bosse tard. Du coup, je pourrai rentrer à l'heure que je veux, ou même, ne pas rentrer du tout, pourquoi pas ? Je sais qu'elle déteste quand je fais ça. Avec maman, ça a toujours été compliqué et vu le train auquel vont les choses, ce n'est pas près de s'arranger.

 

Robert

Je me demande bien dans quoi Alex dépense tout l'argent de poche que je lui donne ! C'est vrai que je l'ai gâté pour compenser le départ de sa mère et je crois que ce n'était vraiment pas la meilleure chose à faire. J'ai cédé à quasiment tous ses caprices et, d'une certaine façon, j'ai le sentiment d'avoir voulu acheter l'amour de mon fils. Alex aime profondément sa mère. Je me demande bien pourquoi, parce qu'elle n'a jamais vraiment été très maternelle avec lui. Même en fouillant bien dans ma mémoire, je ne me souviens pas l'avoir jamais vue le serrer tendrement dans ses bras. C'est moi qui l'ai convaincue de garder Alex, quand elle a appris qu'elle était enceinte. Elle voulait privilégier sa carrière et un enfant, selon elle, représentait un obstacle à son épanouissement personnel ! J'ai carrément dû la supplier pour qu'elle ne se débarrasse pas de son « encombrant fardeau », en lui promettant qu'elle n'aurait à s'inquiéter de rien, que je prendrais tout en charge. Et c'est ce que j'ai fait, j'ai tout pris en charge, tout en espérant qu'Alex ferait vibrer en elle la fibre maternelle… Quelle connerie ! Cette femme n'a jamais rien eu de maternel en elle. Qu'est-ce qui m'a pris de vouloir l'épouser ? Alors oui, c'est une femme magnifique, charismatique, électrisante… mais… Je me souviendrai toujours de ce fameux jour où je suis rentré plus tôt d'un voyage d'affaires. On s'était disputé avant mon départ et je voulais lui faire une belle surprise. Depuis quelques temps, notre couple n'allait pas très fort, mais j'avais envie d'y croire. J'étais passé chez le fleuriste, je lui avais acheté des chocolats. Quand le taxi m'avait déposé devant la maison, j'avais été étonné de voir la voiture de Fred, un bon ami de la famille, garée sur le bas-côté. Je m'étais arrêté devant la maison, une drôle d'appréhension au fond du ventre. J'étais entré, sans faire de bruit et là, j'avais entendu. Les gémissements, les respirations saccadées, tout indiquait que deux personnes s'envoyaient en l'air dans la maison. La rage m'avait envahi d'un coup, je n'arrivais pas à croire ce qui se passait, je voulais fermer les yeux, fermer les yeux sur ce qui se déroulait, chez moi, sous mon toit, entre ma femme et mon meilleur ami. Je m'étais détourné et j'avais ouvert la porte, dans l'idée de m'en aller, de faire comme si je ne savais rien, comme si je n'avais rien surpris, mais… non… il fallait que je voie. Il fallait que je sois témoin de la plus horrible des trahisons. Je serrais les poings tellement fort que je tordais les tiges des fleurs que je venais d'acheter. Les halètements venaient de la cuisine. La cuisine ! Dire qu'en temps normal, elle n'y mettait jamais les pieds ! Ça aurait été risible si la situation avait été différente. J'avançais lentement -- comme pour retarder le moment fatidique -- mais sûrement. Plus je me rapprochais et plus les gémissements étaient forts. J'avais contourné le mur et j'étais entré dans la pièce. Quel spectacle j'avais sous les yeux ! Ma femme, vêtue de sa robe rouge, cette robe qui la mettait tant en valeur et que j'aimais tellement la voir porter. Elle était quasiment affalée sur le plan de travail, en appui sur les avant-bras, la robe retroussée jusqu'à sa taille. Fred se trouvait entre ses cuisses, sa chemise ouverte sur son torse. Ma femme avait remonté ses jambes et les avait nouées autour du cou de son amant qui, penché sur elle, soufflait comme un bœuf, tout en la pénétrant avec vigueur. Ils en étaient visiblement, au sommet de l'excitation. Une atmosphère de bestialité empreignait la pièce. Tandis qu'elle jouissait de son plaisir, je regardais ma femme, étonné et meurtri à la fois. Elle ne m'avait jamais donné l'impression d'aimer le sexe. Peut-être, au final, que c'était moi qui n'étais pas à la hauteur ? Là, pourtant, elle était belle, elle était heureuse, elle était magnifique. Jamais je n'avais ressenti une humiliation aussi cuisante. Sous le coup de la fureur, j'avais laissé tomber la boîte de chocolats que j'avais achetée sur le sol. Fred avait levé la tête et m'avait dévisagé, comme un idiot.

« _Chéri… t'arrête pas ! », lui avait crié ma femme, qui n'avait pas encore constaté ma présence.

Fred s'était redressé tout à fait et elle avait fini par réaliser qu'il y avait un problème. Elle s'était contorsionnée et ses yeux, encore brillants à cause de l'excitation, s'étaient rivés aux miens. Je n'oublierai jamais son expression : ce n'était ni de la honte, ni du remords, mais plutôt le regret d'avoir été surprise en flagrant délit.

_  « Robert ? Mais… mais qu'est-ce que tu fais là ? »

C'était tout ce qu'elle avait trouvé à me dire. Je ne sais pas ce qui m'était passé par la tête, je m'étais rué sur un couteau de cuisine qui trainait près de l'évier et je l'avais planté dans le bras de Fred. Ce dernier avait hurlé de douleur et son cri m'avait tiré de l'était second dans lequel je me trouvais. J'ai immédiatement regretté mon geste…

Le soir même, ma femme quittait la maison avec toutes ses affaires. Je suis allé récupérer Alex qu'elle avait laissé chez Carole, la voisine, comme, je l'ai appris, elle le faisait toujours, quand Fred venait lui « rendre visite ». La voisine avait un air désolé sur le visage. Fred n'a pas porté plainte contre moi, ç'aurait été la meilleure ! Il m'avait déjà volé ma femme ! Alex avait cinq ans et depuis ce jour, il n'a revu sa mère que cinq fois, en tout et pour tout. Il était tellement triste, alors je l'ai choyé, gâté un peu trop peut-être, pour rattraper, pour combler son manque. J'ai bien eu quelques aventures, mais rien de bien sérieux. Je n'arrivais plus à m'investir. Alors j'ai laissé tomber et je me suis tourné vers l'église. Elle m'a apporté la paix. La paix et une nouvelle chance de bonheur, depuis peu, à travers Clémentine. Cette femme douce et aimante, qui a su me redonner confiance et qui saura aimer mon fils comme le sien. Clémentine est tout ce que ma femme n'était pas : apaisante, maternelle, calme, discrète, spirituelle. Elle est tout simplement parfaite. Je la vois dans la soirée et je vais discuter de ce point avec elle. Elle est toujours de bons conseils et saura trouver les mots qu'il faut pour régler cette situation.

 

Alex

Je tourne et me retourne dans mon lit. Le sommeil ne vient pas. Je regarde mon portable : 3h45. Rien à faire, je n'arriverai pas à dormir. Autant tuer le temps plutôt que de rester là, les yeux grands ouverts. Je me connecte sur les réseaux et je surveille les derniers posts. Ce n'est pas terrible, mais au moins, ça m'occupe l'esprit. Je n'ai pas passé beaucoup de temps avec Amazone 21 ce soir. J'ai plus le moindre sou en poche et mon père refuse de m'en donner ! D'habitude, en insistant un peu, je finis toujours par arriver à mes fins, mais là… rien ! Du coup, j'ai à peine eu le temps de la voir se mettre à poil. C'était excitant, comme toujours, mais hyper frustrant ! Ça a coupé quand elle enlevait sa culotte… Je revois encore ce grain de beauté qu'elle a sur la hanche droite… Bref… je préfère ne même pas y penser, ça m'énerve ! Tiens… Doris est connectée. Elle dort jamais cette meuf ou quoi ? Avant, elle m'envoyait des messages vers les 2h, 3h du mat. Et si je la chauffais un peu ? Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas parlé. Je lui envoie un message.

_Salut ? Pas encore couchée ?

Je souris. J'ai à peine envoyé mon message qu'elle me répond déjà. Ça ne rate pas. Les filles sont parfois tellement prévisibles.

_Toi non plus, visiblement. Tu fais quoi ? Ça fait un moment qu'on n'a pas pris le temps de discuter.

_ça t'a manqué ?

Elle marque un temps d'arrêt. Je souris encore.

_Oui, je l'avoue. Et toi ?

_ Moi aussi.

Autant lui écrire ce qu'elle a envie de lire. Et puis, je sais où je veux l'amener, alors tous les moyens sont bons pour ça.

_Je t'ai vue avec tes copines au lycée aujourd'hui. Elle était vachement sympa, la robe que tu portais. J'en ai pas mal parlé avec Seb.

_Elle t'a plu ?

_Tu sais bien que tout ce que tu portes me plaît toujours.

_Ah oui ? Et quelle est la tenue que tu préfères me voir porter ?

C'est mon tour de marquer un temps d'arrêt savamment étudié. Je sais très bien qu'à l'autre bout, elle est tendue, accrochée à mes mots.

_La tenue d'Eve, bien sûr. C'est celle qui te va le mieux.

Je ne sais pas à quel moment le rapport de force s'est inversé entre nous. Au début, j'étais comme un jouet entre ses mains. Après la fellation dans les toilettes du dernier étage, on s'est revus plusieurs fois et c'est la première fille que je me suis tapée. Je ne sais pas, je pense que c'est à partir de là qu'elle est partie en vrille. Au début, elle m'envoyait quelques messages, surtout des nudes souvent très hot, en photos, en vidéos. Ça me plaisait grave, ça m'excitait et surtout, ça m'a fait prendre conscience qu'elle me donnait le pouvoir sur elle. Je pouvais lui demander n'importe quoi. Mon portable vibre.

_Je sais. C'est la tenue que je porte justement en ce moment.

Enfin… ça n'a pas été long. C'est ce que j'aime avec elle. Elle est réactive.

_Fais voir.

_Maintenant ?

_Evidemment ! A moins que tu ne sois qu'une petite menteuse…

Silence. J'attends quelques longues secondes et elle m'envoie enfin une photo de ses cuisses. Elle a des cuisses magnifiques. Je n'aime pas les filles trop maigres aux cuisses trop fines. Ça n'a rien d'excitant. Celles de Doris sont comme je les aime : pleines, voluptueuses, charnues. J'en veux plus.

_Exquis. Dévoile-toi davantage.

Quelques secondes de plus. Une photo de son ventre. Ça donne trop envie ! Encore. Ce n'est pas assez.

_Si tu savais ce que j'ai envie de te faire…

_Explique-moi…

_Tu sais bien. Je te mordrais les hanches, les fesses, les cuisses à pleines dents et je te lécherais partout…

_Partout ? Où exactement ?

Je souris. J'aime ce petit jeu avec Doris. Je ne lui réponds pas directement. Ne tombons pas dans le trash tout de suite.

_Là où tu sais. Cet endroit qui te faisait perdre la tête quand je m'y attardais un peu trop…

_Est-ce que c'est celui-là ?

Elle m'envoie une photo de ses seins. Renflements adorables… A la vue de ces deux boules de chair, du velouté que je devine encore sous mes doigts, de ces boutons fièrement dressés qui me font saliver, je sens l'excitation monter en moi… Je dirige doucement ma main vers mon bas-ventre.

_Non… tu sais bien que c'est pas celui-là.

Elle ne répond pas tout de suite. J'en profite pour fermer les yeux et glisser la main dans mon caleçon. J'empoigne mon membre déjà durci et je me branle. Nouvelle vibration. Ça y est. Elle m'a envoyé la photo que j'attendais. Jambes légèrement écartées, elle me livre son intimité sans pudeur… Tout en me faisant du bien, je pianote à toute vitesse sur mon portable.

_Tu m'excites bien là… mais tu sais ce qui serait encore meilleur ?

_ ?...

_Caresse-toi. Envoie-moi la vidéo.

Nouveau silence. Je me calme un peu, ce serait dommage de me vider maintenant. J'inspire profondément et je ferme les yeux, en attente. Ma soirée ne sera pas fichue, finalement. J'ai fait chou blanc avec Amazone 21, mais je me rattrape avec Doris. Mon portable vibre. C'est parti…

 

Doris

Quand je me réveille, je me sens crevée. Ma soirée ne s'est pas passée aussi bien que prévu. Mon rencard était vraiment con et la seule chose qui l'intéressait, c'était la baise. Tout ça, c'est de ma faute aussi, je lui avais laissé entendre que j'étais partante. Le problème, c'est que ce n'était vraiment pas un bon coup. Y'a pas mal de filles qui font ça, qui sortent avec des hommes plus âgés et qui se font offrir plein de choses. C'est un bon plan quand l'homme en question est intéressant. Mais, moi, je n'ai pas tiré le gros lot… Alors oui, j'ai mangé dans un super resto gastronomique, j'ai passé un bon moment dans un grand hôtel très chic, mais je suis rentrée frustrée… Heureusement qu'Alex m'a contactée ! Il me manque, s'il savait. Je suis gourde. Il le sait forcément. Je me plie à tous ses caprices. J'anticipe ses demandes. Je suis prête à tout pour lui faire plaisir. Et je sais que je lui ai fait plaisir hier soir. Je sais qu'il a joui en pensant à moi et ça me fait plaisir. Moi aussi, j'ai pensé à lui… je pense tout le temps à lui, même dans les bras de quelqu'un d'autre. Chaque fois, je me dis que je dois passer à autre chose au lieu de rester bloquée sur lui, mais au fond de moi, je ne veux pas. Il me rend dingue ! Et j'aime cette impression de marcher sur un fil, d'être en équilibre et de tomber à n'importe quel moment. Cette sensation de trop tirer sur une corde déjà fragile… ça me donne l'impression d'être vivante. Mais en même temps, c'est comme ça que j'ai perdu Alex. J'ai complètement déconné et… bref. Je sais bien qu'il se sert de moi. La preuve, une fois notre petite affaire terminée, une fois monsieur satisfait, il s'est déconnecté sans un mot. Je ne suis qu'un outil qui lui permet de satisfaire ses pulsions. Mais je m'en contente, pour l'instant, même si ça me fait mal. Je voudrais être plus qu'un plan cul pour lui… Bref… ça ne sert à rien d'y penser. Je regarde négligemment l'heure sur mon portable. Ça fait deux heures que j'aurais dû être au lycée. Nadia m'a envoyé plein de messages pour savoir où je suis. Je me lève de mauvaise humeur et me rends dans la salle de bain. En passant devant la porte de ma mère, je me rends compte qu'elle dort encore. Elle est rentrée plus tard que moi. Bref. Je me dépêche de me préparer, tout en réfléchissant à une baboule pour expliquer mon retard. Aujourd'hui, je choisis de porter un short court et un débardeur au décolleté plongeant. J'enfile un pull par-dessus, il faut tout de même que j'arrive à entrer dans l'établissement… Je me maquille et je m'en vais. Sur le trajet, je repense à Alex. Il faut que je trouve le moyen de me rapprocher de lui, je veux qu'il me désire de nouveau. Je dois réfléchir à une stratégie, lui faire comprendre que c'est moi qu'il veut. Je ne sais pas encore comment m'y prendre, mais comme tous les mecs, il a une faiblesse. Et je la connais bien, sa faiblesse. Je sais comment l'exploiter à mon avantage.

 

 

 

Alex

Avec les potes, on s'est inscrits sur des sites de rencontre pour discuter avec des milf. Seb, André et moi, on a consulté les profils au CDI du collège, à la barbe de la documentaliste. Ça n'a pas été facile, elle est chiante et elle voit toujours tout ! Mais bon, on s'est bien marré. Je me suis créé le profil du parfait beau gosse, style le gars de vingt-cinq ans, ingénieur, passionné de surf… Bref. Le gros délire pour faire craquer ces dames. Franchement, sur le dernier site qu'on a vu, il y a des femmes qui sont plutôt pas mal, malgré leur âge. Seb dit qu'il aimerait bien en rencontrer une. Moi, je sais pas. Ça me dérange pas de me taper une fille plus âgée. Mais, pas trop tout de même. Les vieilles, c'est pas mon truc. Seb est d'un tout autre avis. « Tu te rends pas compte de la chance mon vieux ! T'imagines pas toute l'expérience que tu peux avoir avec ces femmes-là ! Elles en redemandent ! ». Il dit ça, mais il a jamais testé. Je me demande même s'il n'est pas toujours puceau. Seb est du genre à toujours se la ramener, toujours à se vanter et à faire beaucoup de bruit pour rien. J'ai des doutes à son sujet. Bref… ce n'est pas le propos. Je n'ai plus de sous et mon père ne veut plus m'en donner, alors je vais me contenter de discuter avec des vieilles sur les sites en attendant la fin du mois. Ça me fait grave chier, parce que je suis déjà en manque d'Amazone 21 ! Je suis sur le chemin du retour et j'écoute les conneries de Seb sur son « expérience » avec les femmes. Impayable, ce mec ! Mon portable vibre dans ma poche. Je le sors et j'ouvre le message. Encore des nudes. Cette fois-ci, elle m'a envoyé son dos, en vue plongeante. C'est forcément quelqu'un d'autre qui l'a faite pour elle, vu l'angle. Purée ! Doris ne comprend pas qu'elle me soûle avec tout ça. C'est juste la septième qu'elle m'envoie depuis ce matin ! Je range mon portable dans ma poche avant que Seb ne voie ça et qu'il s'extasie comme un gosse. Je ne prendrai même pas la peine de répondre aux sollicitations de Doris. Il serait temps qu'elle comprenne que je suis déjà passé à autre chose. Pourquoi elle s'accroche comme ça ? Plus elle me court après et moins j'ai envie de la voir, je comprends pas trop pourquoi… Mais ça m'importe peu.

_Dis… tu vas te connecter ce soir ? me demande Seb.

_Me connecter ?

_Ouais, sur le site de rencontre qu'on a vu en dernier. Y'en avait de bonnes dessus.

_Je sais pas encore. J'ai un devoir à remettre demain en histoire. Peut-être un peu plus tard.

_Fais pas le con, hein ?! Connecte-toi et dis-moi ce que ça a donné. Moi, je ferai pareil. Et on verra lequel d'entre nous aura le plus de succès !

Je rigole. C'est tout Seb. Quel gamin celui-là. Mais il a réussi à me motiver, l'espace d'un instant. Et puis pourquoi pas ? Ça peut être marrant. C'est virtuel, je peux dire ce que je veux…

On arrive tous les deux à une intersection et on se sépare. Ma maison n'est pas loin, environ six-cent mètres. Je me dépêche de rentrer. J'ai un petit creux et puis, j'ai envie de continuer à consulter les profils de toutes ces femmes en mal d'amour.

Je me prépare un casse-croûte vite fait et je monte dans ma chambre. Mon père n'est pas encore rentré. J'en profite alors pour me connecter tout de suite, contrairement à ce que j'ai dit à Seb. Le devoir d'histoire attendra. Waouh ! J'ai déjà reçu trois messages ! Je les lis rapidement et je regarde les profils des expéditrices. La première a une quarantaine d'année. Selon son profil, elle s'appelle Chantal, elle est divorcée, elle a trois enfants, secrétaire dans un cabinet médical. Elle recherche « quelqu'un avec qui partager les petits bonheurs de la vie ». Ça fait vraiment nunuche… mais bon. Elle est connectée, je lui envoie un message.

J'attends un moment, tout en grignotant un morceau. Elle répond. On échange un peu, mais bon, je m'ennuie. Ça n'a rien d'intéressant. Je zappe.

La deuxième, Sandrine, trente-deux ans, sans enfants. Recherche l'amour, aime les discussions, les longues balades, le cinéma… Elle est pas mal, mais bon…

La troisième, une bombe atomique. Annabelle. Elle est canon ! Mais qu'est-ce qu'elle fout là ? Comment une femme aussi magnifique peut-elle encore être célibataire ? J'ai comme une impression bizarre en la regardant. Elle a vraiment quelque chose d'électrisant dans le regard. Femme de quarante ans, sans enfants, aime la vie, s'amuser, profiter des bonnes choses. Je lui écris. Elle n'est pas connectée. Elle me répondra plus tard. Je continue de flâner sur le site pendant encore une bonne heure avant l'arrivée de mon père.

 

Doris

Ça ne marche pas. J'ai beau lui envoyer toutes sortes de photos, il ne me répond même pas ! Et ça me rend folle ! Pourquoi il m'a contactée la dernière fois si je ne lui plais pas ? J'en ai marre de son petit jeu ! Je suis dans ma chambre, allongée sur mon lit, désespérée. Une journée de merde. Je me suis fait emmerder par la CPE qui voulait à tout prix contacter ma mère à cause de mon retard. Sans compter que le prof de SVT m'a mis un mot dans le carnet pour devoir non fait. Et pour couronner le tout, je me suis disputée avec ma mère en rentrant. Elle se permet de me reprendre sur ma tenue vestimentaire ! C'est pas parce qu'elle s'habille comme une grenouille de bénitier que je dois en faire autant ! Bref ! Alex, c'est qu'un connard, il est comme tous les autres de toute façon ! J'aurais dû m'en rendre compte. Mais il me plaisait tellement, cette façon si douce qu'il avait de me parler au début, sa timidité, c'était tellement touchant… Et quand il a pris plus d'assurance, il a changé. Mais en même temps, ce côté détaché qu'il a me rend tellement accroc à lui ! Je ferme les yeux, je l'imagine là, dans ma chambre, avec moi, près de moi, sur moi, en moi ! Je le désire tellement fort que je suis déjà toute mouillée, rien qu'à la simple idée qu'il me prenne. Je perçois son odeur, son souffle chaud sur mon visage. Ma peau frissonne au souvenir de ses mains, de ses caresses sur moi, de cette façon parfois brusque qu'il avait de glisser ses doigts en moi, pour me faire du bien comme il disait. Mes tétons durcis saillent sous mon débardeur. J'ai chaud. Je suis en manque. Je veux Alex, tout de suite. Je sens que je pourrais faire tout ce qu'il me demanderait, n'importe quoi ! Et si je débarquais chez lui ? Soudain, la porte de ma chambre s'ouvre en grand et ma mère entre. J'ai à peine le temps d'enlever ma main de ma culotte, mortifiée.

_Mais… enfin ! Qu'est-ce que tu fais ? me lance-t-elle, presque scandalisée.

Je me redresse et je la défie du regard. Je reprends ma respiration et je lui réponds, insolente :

_Je me masturbe, pourquoi ? Ça ne t'arrive jamais ?

_Doris… tu devrais avoir honte…

_Honte ? Et de quoi au juste ? De me faire plaisir ? Certainement pas ! Et toi tu devrais le faire de temps en temps ! Souvent même ! Ça t'éviterait d'être aussi aigrie !

_ça suffit ! Je t'interdis de me parler sur ce ton, je suis ta mère. Et arrête ce petit jeu-là, Doris ! Va prendre une bonne douche froide pour éteindre tes ardeurs et descends. Le repas est prêt !

Elle s'en va en claquant la porte. Non mais franchement ! Elle m'agace, avec ce petit air supérieur qu'elle prend toujours. Il serait temps qu'elle se trouve quelqu'un qui la baise correctement et qu'elle me foute la paix ! Je prends mon portable et j'envoie un message à un pote. Si Alex ne veut pas de moi, je trouverai bien quelqu'un d'autre qui voudra. Quant au repas de ma mère, elle peut se le carrer où je pense. Ça lui fera sûrement le plus grand bien.

 

Robert

Je ne sais pas trop si Alex a bien pris la nouvelle de ma relation avec Clémentine. Il n'a pas beaucoup parlé, ni même posé trop de questions à son sujet. Depuis quelques temps, il paraît ailleurs, lointain. Il passe son temps enfermé dans sa chambre, plongé dans son portable. Il ne me dit rien de ce qu'il fait. Peut-être qu'il a une petite copine. Hier soir, il n'a quasiment rien mangé et il paraissait stressé. Je ne sais pas trop comment aborder le sujet avec lui. Je lui ai demandé s'il avait un souci, avec une fille ou autre chose, mais il a juste secoué la tête. Je dois avouer que je suis dépassé. J'en ai parlé avec Clémentine. Selon elle, je dois y aller en douceur avec Alex, lui laisser le temps de venir me parler de son propre chef. Ce n'est pas évident, mais j'essaie de suivre son conseil. Je lui ai proposé de venir dîner à la maison en fin de semaine, pour rencontrer Alex, mais elle m'a répondu qu'elle ne se sentait pas encore prête. Elle a besoin de temps. Après tout, on ne se fréquente que depuis quatre mois. Moi, je sais que c'est la femme de ma vie. Je l'ai su tout de suite. Mais elle, elle reste plus réservée. Elle n'a pas envie de se tromper, je peux comprendre ça. Je veux vraiment que ça marche. Ça fait douze ans que je suis seul. J'ai besoin d'avancer dans ma vie, de penser un peu à moi. Et j'ai trouvé la femme parfaite avec qui écrire cette nouvelle page de ma vie. Le prêtre de la paroisse est d'accord avec moi et considère lui aussi que Clémentine est une femme de qualité. En plus d'avoir une vraie beauté intérieure, c'est aussi une très belle femme, ce qui ne gâche rien. Même si je dois avouer que j'ai été plus d'une fois tenté de céder à la tentation… ça fait si longtemps que je n'ai pas touché une femme… et, c'est étrange, mais face à elle, parfois, je me sens comme un ado, empressé et maladroit… Depuis que je me suis tourné vers l'église, je me suis retenu d'avoir des aventures ; ce n'est pas faute d'avoir été sollicité pourtant, mais je voulais vraiment passer à autre chose, quelque chose de plus grand, qui m'élèverait. Et puis, je ne pouvais pas m'empêcher de revoir ma femme avec Fred et ça me bloquait. Mais avec Clémentine, c'est totalement différent. Elle a ouvert une porte que j'avais fermée, elle a réussi à s'infiltrer dans mes pensées et il m'arrive souvent de devoir lutter contre des pulsions que je croyais disparues, quand je suis en sa présence. Il y a une telle féminité, une espèce de sensualité qui se dégage d'elle parfois. Sa façon de parler, son regard franc qui me pénètre jusqu'à l'âme, sa main qu'elle pose sur mon bras, ma main, mon épaule, même ma jambe, quand nous sommes assis côte à côte. J'essaie de résister, mais Dieu, que c'est dur ! Certaines fois, j'ai envie de tout envoyer balader et simplement lui sauter dessus ! Mais je me retiens, de peur de l'effrayer. Elle est tellement pieuse et fervente. Elle ne comprendrait pas. Du coup, je serre les dents, je prie, j'essaie de me vider l'esprit, mais en vain. Le plus dur, c'est la nuit, quand je suis dans mon lit et que je voudrais tellement qu'elle soit à mes côtés… je la désire tellement que c'en est douloureux. Je ne veux pas tout gâcher avec elle, donc je tiendrai. J'ai hâte de la présenter à Alex, je suis sûr que le courant passera bien entre eux.

 

Alex

J'ai pas très bien dormi hier soir, tant j'étais stressé. Papa n'a pas arrêté de me poser des questions. J'ai l'impression qu'il se doute de quelque chose, qu'il sait déjà ce que je m'apprête à faire. Que c'est inscrit sur mon visage. C'est ridicule, je sais, mais je me sens un peu coupable malgré tout. Depuis trois semaines, je chatte avec Annabelle, cette femme de quarante ans et le moins que je puisse dire, c'est que c'est chaud ! On a très vite délaissé le site pour échanger via nos portables et là… c'est incroyable. On s'écrit tous les jours… ou plutôt, je lui écris tous les jours et nos conversations tournent exclusivement autour du sexe. Je lui ai fait croire que j'avais vingt-ans, mais… le hic… c'est qu'elle veut me rencontrer. Elle m'a proposé un rendez-vous pour demain, dans l'après-midi, dans un petit hôtel du centre-ville… je ne lui ai pas encore répondu. J'ai un peu paniqué, j'avoue…

Bon sang, je meurs d'envie de la rencontrer aussi et surtout qu'elle me fasse tout ce qu'elle a dit qu'elle me ferait si on était amenés à se rencontrer ! Mais en même temps, quand elle me verra, elle saura tout de suite que je lui ai menti ! Je ne sais pas quoi faire ? Est-ce que je dois m'en foutre et accepter le rendez-vous ou alors, est-ce que je dois me défiler ? Franchement, je lui ai raconté plein de choses, je me suis vanté sur plein de choses, mon expérience, mon nombre de partenaires, la taille de ma bite, mon endurance et là… maintenant que le réel commence à prendre le pas sur le virtuel, je ne me sens clairement pas à la hauteur d'une femme comme elle ! C'est une bombe ! Elle est chaude comme la braise et on sent qu'elle a de l'expérience ! Elle va se foutre de moi… Bon, je ne suis pas puceau non plus, mais j'ai géré que des gamines… des filles de mon âge quoi. La seule qui avait un tant soit peu d'expérience, c'était Doris. Mais bon, là, tout de même, je serai face à une femme, une vraie, et qui attend que je la fasse grimper au rideau. Elle a été claire, crue, directe dans ses messages. Elle veut me rencontrer pour qu'on baise. Les règles sont simples : on ne parle pas, on ne se pose aucune question, on ne s'attache pas. Ce sera du sexe, uniquement du sexe, rien que du sexe. Et ça me plaît, bien sûr. Franchement, qu'est-ce que je foutrais d'une vieille de quarante ans, sérieux !? Je compte pas l'épouser non plus ! C'est juste pour le plaisir et avoir plus d'expérience pour plus tard. Et de son côté, elle doit être une femme en mal d'amour, mal baisée, qui trompe son ennui en se tapant des petits jeunes… ou alors, c'est une grosse nympho… Je m'en fous, en fait… Je crois que j'ai pris ma décision. Je vais prendre le risque d'y aller, de la rencontrer… et vaille que vaille. J'attrape mon portable et je lui réponds que je serai au rendez-vous.

 

Doris

Alex est bizarre aujourd'hui. Il n'arrête pas de me regarder. Nous sommes à a cantine, avec nos amis respectifs, sur des tables différentes, mais Alex et moi sommes quasi face à face. Il a les yeux braqués sur moi. Son pote Sébastien et lui n'arrêtent pas de discuter -- comploter serait le mot le plus juste -- et rigoler. Est-ce qu'ils se moquent de moi ? Est-ce qu'Alex montre à Seb toutes les photos que je lui envoie ? J'ai besoin de savoir, alors, une fois mon repas terminé, je laisse mon groupe de copines et je m'approche de leur table. Ils lèvent tous les deux les yeux sur moi en même temps.

_Salut Alex.

On se dévisage tous les deux un moment, sans rien dire. Seb rompt notre joute silencieuse en lançant un salut à mon intention. Je l'ignore superbement.

_Est-ce que je peux te parler ?

Alex soupire silencieusement et me demande pourquoi. Je lui explique que je ne veux que discuter et Seb se met à glousser bêtement. Je lui lance un regard excédé et il semble comprendre le message, parce qu'il plonge son nez dans son assiette. Alex se lève et me suit dans le couloir.

_Bon, tu veux quoi ? me demande-t-il, un peu brusque.

_Pourquoi tu agis comme ça avec moi ?

_Bon, Doris, tu vas pas recommencer… si c'est pour te plaindre, autant que je retourne manger tout de suite…

_Attends ! Je… les photos que je t'envoie… j'espère juste que tu ne les montres pas à ton pote débile.

Il me regarde en souriant d'un drôle d'air.

_C'est pour ça que tu m'as dérangé ?

_Comment ça ? C'est important, je te signale ! Ces photos, je te les envoie à toi et j'aimerais bien qu'elles ne circulent pas sur les portables de tes potes, c'est tout.

_Je croyais que tu étais du genre à t'afficher.

Son air méprisant est insupportable. Il se rapproche de moi et me déclare :

_Tes photos, je ne les regarde même plus. Alors j'aimerais que tu arrêtes de m'en envoyer à la pelle, ok ? Sinon, elles finiront par circuler sur les portables de mes potes. Celui de Seb en premier, tiens. Tu sais qu'il est à fond sur toi ?

_J'en ai rien à foutre de Seb et tu le sais bien ! Tu sais bien que c'est toi que je veux !

Il lève les yeux au ciel d'un air ennuyé.

_Ouais, je sais. Mais moi je veux plus. Je suis déjà passé à autre chose, ok. Alors tourne la page, je sais pas moi, trouve-toi un nouveau copain, hein…

Il soupire de nouveau et retourne dans le réfectoire. Je serre les dents, je me retiens de hurler. Ce mec, c'est un connard ! Il va me payer ça ! Je ne sais pas encore comment, mais il va me payer ça !

 

Alex

Seb m'a harcelé de questions quand je suis revenu m'asseoir. Il voulait savoir ce que Doris me voulait. Je ne lui ai rien dit. Doris ne m'intéresse pas, j'ai autre chose à penser. J'ai rendez-vous avec Annabelle dans deux heures. J'ai cours cet aprem, mais j'ai décidé de sécher. Ce ne sont pas des cours très importants de toute façon… Je me sens un peu tendu. J'ai dit à Seb que je ne me sentais pas très bien et que je rentrais chez moi, mais je crois que je ne l'ai pas convaincu. Il m'a regardé d'un air bizarre. Il est persuadé que je vais retrouver Doris quelque part… je le laisse croire ce qu'il veut. Limite, ça m'arrange. Je rentre rapidement chez moi pour avoir le temps de me préparer et de décompresser. Bon sang, le stress me ronge. Mais l'excitation est beaucoup plus forte. Tandis que je prends une bonne douche, je me rends compte que ça fait un moment que je n'ai pas pensé à Amazone 21. Surtout depuis que je discute avec Annabelle. Bref ! On dira que je passe du virtuel au réel et c'est pas plus mal. Je choisis avec soin la tenue que je vais porter. Je ne veux pas avoir l'air d'un gamin, donc je décide de porter une chemise noire et un jean. Simple et efficace. Je me regarde dans le miroir et j'essaie de me convaincre que tout va bien se passer. Mais bon… j'ai du mal à me croire. En même temps, qu'est-ce qui peut m'arriver de pire que de me faire jeter ? Merde ! J'aurais jamais dû me poser cette question. Si elle ne me jette pas et que j'assure pas…si je décharge trop vite ou pire, si je bande carrément pas à cause du stress ? Je ferme les yeux, j'inspire et j'expire plusieurs fois pour me calmer. Tout ira bien ! Tout ira bien ! Mon portable sonne. C'est l'alarme que j'avais programmée pour ne pas être en retard. L'heure a passé tellement vite ! Bon je me regarde une dernière fois dans le miroir et je sors de ma chambre. Avant de partir, je passe par le bureau de mon père. Il cache parfois des sous dans une petite boîte, bien dissimulée derrière des livres. Je suis tombé dessus par hasard, une fois. Je prends une centaine d'euros et je m'en vais. Je le rembourserai sur l'argent de poche du mois prochain.

Je prends le bus et le trajet jusqu'au centre-ville me paraît durer une éternité. Je regarde par la fenêtre, mais je ne vois pas grand-chose. Je ne suis concentré que sur une chose : ce qui va se passer dans cette chambre d'hôtel dans moins d'une demi-heure. Etrangement, je me sens un peu moins anxieux que quand j'ai quitté la maison. Là, je suis juste en attente. Enfin, le bus s'arrête à destination et je descends. Je dois juste marcher pendant environ une dizaine de minutes pour trouver l'hôtel. Je sors mon portable pour vérifier la localisation et je me rends compte que j'ai reçu un message. Mes yeux s'écarquillent. C'est une photo d'Annabelle : elle est en sous-vêtements et elle a pris la photo en contre-plongée, ce qui fait que j'ai une vue directe sur sa poitrine. Mon cœur fait une embardée dans ma poitrine en lisant le message qui accompagne la photo : « Voilà un peu ce qui t'attend. Ne tarde pas ». J'accélère le pas et j'arrive enfin devant l'hôtel. C'est un hôtel ordinaire, qui ne paie pas de mine. Mais bon, c'est pas le plus important. J'entre et je me rends direct à la réception. C'est une femme d'un certain âge qui m'accueille, l'œil soupçonneux. Je demande la chambre numéro 6, comme Annabelle m'a dit de le faire. La vieille me dévisage d'un drôle d'air, mais m'indique finalement la direction. Je me dirige vers l'endroit qu'elle m'a montré et j'arrive enfin devant la porte. Je frappe.

 

Robert

Je ne comprends pas ce qui s'est passé. Le lycée m'a appelé pour m'informer qu'Alex n'était pas en cours cet après-midi. D'après l'un de ses camarades, il ne se sentait pas bien et serait rentré. J'ai immédiatement appelé Alex pour avoir de ses nouvelles, mais impossible de le joindre, que ce soit sur son portable ou encore à la maison. Et je suis bloqué au bureau, je préside une réunion extrêmement importante. Impensable de m'absenter. J'appelle la voisine pour lui demander d'aller jeter un coup d'œil à la maison juste au cas où… J'espère vraiment que ce n'est rien de grave. Il est très rarement malade, mais quand ça lui arrive, en général, c'est sérieux. Je le rappelle une nouvelle fois et je lui laisse un message lui indiquant que ma réunion va bientôt commencer, mais qu'il ne doit surtout pas hésiter à m'appeler en cas de besoin. Un petit coup frappé à ma porte me fait sursauter. C'est Denise, ma secrétaire.

_Monsieur ? La réunion commence dans cinq minutes.

_Très bien. Merci Denise. J'arrive.

J'attends qu'elle soit partie et j'appelle rapidement Clémentine. Sa voix a toujours un effet rassurant sur moi. Je lui dis qu'elle me manque, que j'ai très envie de la voir. Elle me propose un rendez-vous pour ce soir et j'accepte immédiatement, le cœur soudain plus léger. J'espère vraiment qu'Alex n'a rien de grave… Je m'en veux immédiatement de penser que s'il l'est vraiment, je ne pourrai pas voir Clémentine ce soir… Bref. Nous échangeons encore quelques mots doux et je raccroche. Je me sens de nouveau en pleine forme et sûr de moi. Je prends mes dossiers et je me dirige vers la salle de réunion.

 

 

Alex

« Entre. »

Sa voix est rauque, derrière la porte. J'inspire une dernière fois et je saisis la poignée. Elle est fraîche et me procure un petit frisson. J'ouvre enfin la porte et j'entre. La chambre n'est pas très grande. Il y a d'abord un petit couloir dans lequel se trouve la salle de bain, à gauche. J'entre tout à fait et je referme la porte derrière moi. Je ne vois qu'une partie du lit et, sur le lit, les jambes d'Annabelle. Elles sont longues et sa peau a l'air d'être tellement douce... Je déglutis. Je sens l'excitation et l'appréhension qui grimpent le long de mes jambes.

« Alors ? Tu attends quoi pour te montrer ? »

Elle paraît pressante. Je prends mon courage à deux mains et j'avance. Quand je la vois, nonchalamment allongée sur le lit, juste en sous-vêtements, je perds mon souffle. Elle est encore plus belle que sur sa photo de profil. Son corps tout entier est une invitation au plaisir. Quand elle me voit, elle se redresse, un peu surprise. Elle s'assied sur le lit et me dévisage.

_Alex ?

Elle a l'air de douter. J'opine lentement de la tête, le corps raide. J'ai soudain perdu toute mon assurance. Elle va me foutre hors de la chambre, c'est sûr !

Elle se lève et se met face à moi. Je sens son parfum. C'est une odeur un peu subtile, pas capiteuse. Fraîche, mais envoutante. Son regard capte le mien et je sens une grande vague glacée parcourir tout mon corps. Elle me tourne autour, un peu comme un animal sauvage qui soupèse sa proie. Elle me dévisage sous tous les angles, avant de me faire face à nouveau. Elle continue de me regarder, sans un mot, pendant de longues secondes, avant de se mettre à rire. Elle croise les bras et ce mouvement fait remonter ses seins, qui, je dois le préciser, sont absolument magnifiques et me donnent l'eau à la bouche. Mes mains me démangent.

_Si toi tu as vingt-cinq ans, alors moi je suis la reine d'Angleterre ! me lâche-t-elle avec un sourire amusé.

Je me détends. Elle n'est pas fâchée, elle n'en a pas l'air, en tout cas.

_C'est vrai, j'avoue. J'ai pas vingt-cinq ans. J'ai seulement…

_Chuuut, me susurre-t-elle en posant un doigt sur ma bouche. Ce simple contact me donne terriblement envie d'elle. Il faut que je me calme sinon je décharge tout de suite dans mon pantalon !

Elle se rapproche de moi et m'embrasse dans le cou.

_N'oublie pas les règles : pas de discussions, pas de questions, pas d'attachement. C'est clair ?

_Ou… oui oui. C'est très clair.

_Tu as prévu ce qu'il faut ?

_Oui, dans mon sac…

Elle fait glisser ses mains le long de mes bras et saisit mes doigts. Elle m'entraîne vers le lit et me force à m'allonger. Je ne résiste pas. Elle glisse ses mains sur mes cuisses, jusqu'à mes pieds et elle m'enlève mes chaussures. Je respire déjà bruyamment, totalement excité par ce qui est en train de se passer. Elle remonte tout doucement et me chuchote un « Calme-toi » tellement excitant que je me demande comment elle veut m'apaiser avec une voix aussi sexy ! Je ferme les yeux quand elle se met à califourchon sur moi. Je place mes mains sur ses cuisses et j'ai à peine le temps de percevoir la douceur de sa peau qu'elle me tape sur les mains.

_Pas touche ! me dit-elle d'un ton autoritaire. Laisse-moi faire.

Je souris. Le rôle de la maîtresse lui va comme un gant. En bon petit garçon que je suis, j'obéis à ses ordres et je la laisse me prendre en main. Elle détache les boutons de ma chemise, lentement, si lentement que ça me torture. Une fois torse nu, elle de penche vers moi et m'embrasse partout. Je ferme les yeux et je savoure la douceur de ses lèvres, de sa langue qui se promène sur ma peau. C'est super bon déjà, tout ce qu'elle me fait. Et plus elle descend vers mon ventre, plus ça devient difficile pour moi de me contenir. Je bande et je suis à l'étroit dans mon pantalon. Tout en glissant sa langue dans mon nombril, elle défait ma ceinture et le bouton de mon jean. Elle fait glisser la braguette et m'invite à lever le bassin. Je m'exécute et la regarde m'enlever mon jean. Bon sang, le plaisir qu'elle prend à faire ça est clairement visible sur son visage. C'est comme si elle s'apprêtait à me dévorer… Ma bite déforme mon caleçon, elle est déjà prête. Je serre les dents pour retarder la décharge. Putain, c'est tellement difficile ! Elle fait glisser mon caleçon et me l'enlève aussi. Je ferme les yeux en sentant sa main sur mon pénis… Ses doigts sont si fermes, si agiles, pas du tout hésitants. L'espace d'un instant, la pensée fugace de Doris frôle mon esprit. Heureusement, elle ne s'y attarde pas. Annabelle me branle lentement, elle n'y va pas trop fort. Elle sent bien que je me retiens. Bon sang, c'est trop bon, c'est trop bon, j'essaie d'inspirer, de me calmer, mais c'est hard ! Soudain, elle arrête. Je reprends mon souffle. Je la sens de nouveau se pencher sur moi et m'embrasser dans le cou, sur les épaules, sur le torse et elle termine avec ma bouche. Je réagis à son baiser. Elle me lèche le contour des lèvres, je gémis. Elle me mordille les lèvres et glisse sa langue dans ma bouche. Son baiser n'est pas tendre. Il est impérieux, sa langue est ferme, son souffle est chaud. J'ai à peine le temps d'en profiter qu'elle s'arrête de nouveau. Mais qu'est-ce qu'elle fait ? Elle veut me frustrer ou quoi ?! J'ouvre les yeux et la regarde. Elle me sourit et se remet à me branler, plus fermement cette fois. Je gémis un peu plus fort. Elle se penche et se met à lécher mon gland, comme si elle dégustait une bonne glace. J'en peux plus. Elle est trop bonne… je sens que ça vient. Elle me regarde et glisse toute ma bite dans sa bouche et commence à me sucer comme une déesse. De toutes celles qui m'avaient déjà sucé, Doris était la meilleure. Jusqu'à maintenant, parce qu'Annabelle… c'est juste… indescriptible. Il peut se passer n'importe quoi, un tremblement de terre, un tsunami, une attaque terroriste, je ne verrais rien ! Toute mon attention est focalisée sur ma bite dans la bouche sublime de cette femme. Je suis totalement à sa merci, elle peut me faire n'importe quoi… Je ne peux plus me retenir et j'éjacule dans sa bouche.

 

Robert

Quand je rentre, je trouve Alex allongé dans son lit, ses écouteurs sur les oreilles. J'entre dans sa chambre, il lève les yeux vers moi. Je m'avance jusqu'à lui et m'assieds sur son lit.

_ça va, Alex ?

Il hoche la tête et enlève ses écouteurs.

_Je me sens mieux, mais je suis un peu fatigué.

_ça a été difficile de te joindre.

_Mon portable était sur vibreur, j'ai oublié de remettre la sonnerie.

Je le regarde. C'est vrai qu'il a l'air fatigué. Crevé même. Mais, il y a tout de même quelque chose qui me chagrine.

_Le lycée m'a appelé à quinze heures. Et à seize heures tu n'étais toujours pas rentré. La voisine est venue sonner. Tu n'as pas ouvert.

_J'avais pas cours à quatorze heures et quand je suis rentré je me suis couché tout de suite. Je ne me suis pas levé pour ouvrir, c'est tout.

_Alex. Ne me mens pas, s'il te plaît. Carole t'a vu rentrer vers dix-sept heures.

Alex me regarde, excédé.

_Quoi ? C'est un interrogatoire ou quoi ?! Tu me surveilles maintenant !

_Je me suis inquiété ! Tu as dit à Sébastien que tu ne te sentais pas bien et que tu rentrais ! Tu peux bien comprendre que quand j'ai vu que je n'arrivais pas du tout à te joindre, ça m'a fait peur non ! Alors, je veux savoir exactement où tu étais et ce que tu as fait de ton après-midi ! Tout de suite !

Il baisse les yeux et se renfrogne. Je n'aurais pas dû élever la voix. Je me calme un peu et je reprends, plus doucement :

_Tu as juste séché les cours, c'est ça ?

Il me regarde de nouveau et hoche la tête.

_C'était pas des cours très importants.

_ça, c'est ton avis. Ce n'est pas à toi de décider quels cours tu suis et quels cours tu ne suis pas. Je ne veux plus que tu sèches pour faire je ne sais quoi, je ne sais où, est-ce que tu as bien compris ?

_Oui, papa, baragouine-t-il dans sa barbe.

_Et d'ailleurs, tu étais où ?

_Je me suis juste baladé… j'avais… j'avais besoin de faire le point… de réfléchir, quoi.

_De réfléchir ?

Il se redresse sur le lit et me regarde.

_Ben ouais… j'ai repensé à la discussion qu'on a eue la dernière fois, concernant ta copine et tout…

J'ouvre grand les yeux. Visiblement, le fait que je fréquente sérieusement une femme le perturbe. Je me calme tout à fait et je pose une main rassurante sur son épaule.

_ça te dérange… l'idée que je refasse ma vie ?

_Non… je crois que je me suis fait à l'idée. Tu vas pas rester un vieux célibataire toute ta vie non plus !

On rigole tous les deux. Je suis rassuré, pleinement. Si Alex accepte que je refasse ma vie avec Clémentine, alors tout va bien dans le meilleur des mondes.

_Je suis content de te l'entendre dire. Du coup, on pourrait programmer une rencontre ? Qu'est-ce que tu en dis ?

Il acquiesce.

_Alors je vais organiser tout ça. Tu verras, tu vas beaucoup aimer Clémentine, j'en suis sûr. Et concernant l'école buissonnière, je passe pour cette fois, mais que ça ne se reproduise pas, surtout ! Bon, je ne dîne pas ici ce soir, je sors avec…

_Clémentine, je sais. Amusez-vous bien.

_Je vais me préparer. Je ne rentrerai pas tard.

Je me lève et me dirige vers la porte quand Alex m'interpelle :

_Eh ! Papa ? Prends ton temps. Je ne suis plus un bébé, tu sais.

Je le regarde avec tendresse. Je le sais bien, mais il restera toujours le petit garçon auquel j'ai appris à faire du vélo, avec lequel j'allais pêcher, ce petit garçon que j'ai tellement désiré et que j'ai élevé seul. Rien ne changera jamais ça.

 

Doris

A ce qu'il paraît, Alex se serait trouvé une copine plus âgée. C'est ce crétin de Sébastien qui me l'a dit. Ça n'a vraiment pas été difficile de le faire parler, celui-là. Alex avait raison, il a un gros faible pour moi. Alors, j'ai trouvé l'astuce pour qu'il délie sa langue. Une petite gâterie en échange de petits secrets. Le deal était plutôt intéressant, même si je n'ai pris aucun plaisir à le faire. Je ne veux même pas y repenser. En tout cas, je sais qu'Alex a rencontré cette garce sur un site de rencontre il y a déjà presque un mois et que depuis, ils se voient fréquemment dans un hôtel. J'enrage ! Je ne l'ai jamais vue, mais je déteste cette femme ! Une vieille ! Une sale cougar qui aime se faire prendre par des petits jeunes ! Qu'elle aille au diable ! J'aimerais bien savoir de quoi elle a l'air. Elle doit au moins avoir quarante ans ! Elle doit être flasque et ridée… Mais enfin, qu'est-ce qu'Alex peut bien lui trouver ? Ok, il aura sans doute plus d'expérience avec elle, mais est-ce que ça vaut vraiment le coup ? J'ai bien envie de le suivre pour voir, pour voir qui il se tape en secret. En plus, il est encore mineur, il n'a que dix-sept ans. Ce que cette vieille peau fait est puni par la loi. Je pourrais bien la dénoncer et tout ça serait réglé… Mais il faudrait que je sache qui c'est. Sébastien non plus n'en sait rien. Alex ne lui a montré aucune photo, il ne lui a même pas décrit cette femme. Il lui a juste dit que c'était une bombe et qu'avec elle il prend son pied grave ! Quand je pense que c'est avec moi qu'il a appris la plupart de ce qu'il sait ! Si j'avais su, je ne l'aurais même pas regardé, ce connard !

Je passe la journée à échafauder mille et un plans pour découvrir l'identité secrète de la femme en question. Mais aucun n'est vraiment réaliste. Il faudrait que je le suive, mais c'est compliqué, on n'est pas dans la même classe, on n'a pas les mêmes horaires. Et puis, Alex est malin, il me repérera très vite, j'en suis sûre. Non… il faudrait que je passe par Sébastien. Il pourrait au moins lui demander le nom de cette garce pour que je puisse rechercher son profil sur le site. Oui, c'est un coup à jouer. Je frissonne de dégoût. Il va encore falloir que je le laisse passer ses doigts boudinés partout sur mon corps pour qu'il me rende ce petit service, mais bon… je suis prête à tout pour avoir ce que je veux.

 

Alex

Je m'améliore de jour en jour. Il n'y a qu'à voir l'état dans lequel je mets Annabelle en ce moment même. Elle adore la position de l'amazone où elle me monte comme si j'étais le meilleur étalon du monde. Même si elle me domine, avec elle, j'ai le sentiment d'être un homme, d'être adulte, d'être son égal. Et c'est le meilleur compliment qu'elle puisse me faire, parce qu'il faut vraiment assurer avec une femme comme Annabelle. Elle est insatiable, gourmande, vorace et je dois toujours être en forme pour la satisfaire. C'est éreintant, mais je ne donnerais ma place pour rien au monde. Chaque ondulation de son bassin, chaque impulsion de son corps parfait, chaque sautillement de ses seins lourds et pleins me parcourt de picotements au niveau des reins. Le rythme s'accélère de plus en plus et je sens venir en moi un déferlement que j'apprends de mieux en mieux à maîtriser. Je pose mes mains sur ses hanches pour l'accompagner dans son plaisir et je la regarde de tous mes yeux. Elle est si belle quand elle prend son pied ! Les yeux fermés, la bouche ouverte, le corps en sueur, la respiration saccadée, j'ai la sensation que tout en elle me supplie de la faire jouir. C'est profondément exaltant, c'est comme si j'étais un dieu, comme si elle m'appartenait, comme si je la possédais ! Dans ces moments-là, elle n'est qu'à moi, à moi seul. Je ne veux pas imaginer qu'elle se fasse prendre par quelqu'un d'autre que moi, qu'elle se donne à un autre que moi. C'est impensable pour moi.

On change de position. Elle se met à quatre et me présente son cul. Un cul superbe, magnifique, charnu, un véritable appel à la luxure ! Je me place derrière elle et je la pénètre tandis qu'elle se penche. Cette position extrêmement bestiale me donne le rôle du dominant, rôle que je n'ai que très rarement avec elle. La voir comme ça, courbée, penchée, livrée, soumise à mon emprise, en position de « faiblesse », me procure un plaisir inexprimable. Mais, en vrai, Annabelle n'est jamais faible, elle en donne juste l'illusion. Je suis toujours à sa merci, quelle que soit la position. Elle me domine, elle fait ce qu'elle veut de moi, elle me guide, un peu comme un mentor. Je fais tout pour la satisfaire, pour la combler et je suis au septième ciel quand j'y arrive, quand la voit se mordre les lèvres pour ne pas trop hurler son plaisir, quand elle agrippe les draps, quand son corps se crispe sous la douleur du plaisir, quand ses yeux se révulsent quand elle jouit… oui… pour ça, rien que pour ça, je veux bien être soumis, être son esclave. Je ferme les yeux et je la besogne bien comme il faut, bien comme elle aime, vu les gémissements rauques qu'elle pousse. J'ai envie d'aller de plus en plus fort, aller de plus en plus loin en elle, me fondre en elle. Je m'agrippe fermement à ses hanches et je la baise de toutes mes forces. C'est tellement bon, tellement intense que je sens que je deviens accroc à elle, accroc à sa peau, accroc à sa chatte, accroc à ses cris. Je ne peux plus m'en passer. Je sens le désir qui se décuple au fond de moi et je jouis, je me vide totalement. Elle s'effondre sur le lit, ruisselante. Je la rejoins et je retire ma capote que je lâche négligemment par terre. Je me sens incroyablement fatigué, mais tellement bien en même temps. Ma tête est vide de toute pensée, j'ai du mal à me reconnecter à la réalité. Je ferme les yeux quelques secondes, juste histoire de récupérer. Le temps s'écoule lentement sans vraiment que j'en prenne conscience. La pénombre que procurent les rideaux ne m'aide pas à me lever et je m'endors.

Quand je me réveille, Annabelle n'est plus là. Elle est déjà partie, sans un mot. Je sais pas, mais j'aime pas quand elle fait ça. Cette façon qu'elle a de s'éclipser dès qu'on a fini. Ça me laisse toujours un arrière-goût amer dans la bouche. Je me redresse sur le lit et je regarde l'heure. Merde ! Il est déjà presque dix-neuf heures ! Je prends mon portable dans mon sac. Mon père m'a laissé un message. Je l'écoute, le cœur battant et je soupire de soulagement. Il a une réunion de travail avec ses collaborateurs. Il rentrera vers dix-neuf trente au plus tard. Je saute hors du lit et je me rhabille en quatrième vitesse. Il faut que j'arrive à la maison avant lui.

 

Robert

Je me sens un peu coupable, mais en même temps, je n'arrive pas à regretter ce qui s'est passé la veille, avec Clémentine. On a couché ensemble pour la première fois. Je voulais vraiment attendre davantage… enfin, disons que mon esprit, ma conscience voulait attendre, mais mon corps en a décidé autrement. Depuis quelques temps, c'était juste intenable. J'avais de plus en plus de mal à contenir les pulsions que je ressentais face à elle. Et là, il n'a pas fallu grand-chose pour que je craque. Quand je l'ai raccompagnée chez elle après notre dîner au restaurant, je l'ai escortée jusqu'à sa porte et quand elle s'est penchée pour me dire au revoir, je n'ai pas pu m'empêcher de l'embrasser. Je crois que c'est ce qu'elle attendait aussi, parce qu'elle a immédiatement répondu à mon baiser. Ça faisait si longtemps que je mettais mes désirs en cage, que je n'ai pas pu me contrôler. C'était vraiment comme si le barrage avait littéralement sauté ! Elle m'a fait entrer et nous nous sommes directement rendus dans la chambre où nous avons fait l'amour comme deux ados un peu gauches. Visiblement, ça faisait longtemps pour elle aussi, mais au final, tout s'est très bien passé. Clémentine, c'est la femme de ma vie. Je ne peux plus imaginer le reste de mon existence sans elle. On en a parlé tous les deux, elle est d'accord pour que je la présente à Alex aujourd'hui. Elle vient dîner à la maison. Alex est content aussi, il m'a même aidé à faire les courses pour préparer un bon dîner. On s'est amusé comme des gosses cet après-midi, en confectionnant le repas. Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas été aussi proche, tous les deux. Ça m'a fait du bien, à Alex aussi je pense. Il avait l'air vraiment heureux. Bref… l'heure passe vite. Je me dépêche de me préparer. J'entends la porte d'entrée claquer. C'est sûrement Alex qui est rentré. Il est passé chez Sébastien pour un devoir qu'ils avaient en commun. Je regarde ma montre. Il est en retard. Clémentine devrait être là dans une vingtaine de minutes. Alex passe la tête par l'embrasure de la porte de ma chambre.

_Je suis rentré.

_Oui, je vois ça, mais tu es en retard.

_Oui, désolé, mais on a dû attendre un autre pote qui devait bosser aussi avec nous. Du coup, ça nous a un peu retardés, mais bon, on a fini au moins. Je file à la douche et je me dépêche.

_T'as plutôt intérêt.

Je lui souris. Moi je suis prêt, excité comme un enfant. J'espère vraiment que tout se passera bien. Je descends au rez-de-chaussée et je vérifie qu'il ne manque rien sur la table, que le rôti est bien cuit, que rien ne dépasse… Tout à l'air parfait. Je finis de préparer l'apéro et je dispose le tout sur un plateau. Alex me rejoint. Il porte une belle chemise. Eh ben… il fait des efforts, c'est tant mieux, ça me rassure.

La sonnerie retentit.

_C'est Clémentine. Tiens, va déposer ça sur la table du salon et prends les verres à vin dans le buffet.

Alex se charge du plateau tandis que je me dirige promptement vers la porte d'entrée que j'ouvre en grand. C'est bien Clémentine, rayonnant dans sa petite robe pastel. Mon cœur s'enflamme en la voyant et je l'invite à entrer, après un baiser appuyé sur les lèvres.

_Tu as trouvé facilement ?

_Oui, tes explications étaient très claires.

_ça va ? je lui demande en caressant sa joue. Son sourire est un peu crispé.

_Oui… juste un peu d'appréhension, c'est tout.

_Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer.

Je lui souris d'un air rassurant et elle glisse sa main dans la mienne.

_Viens, je vais te présenter mon fils.

Nous entrons dans le salon où se trouve Alex. Il est de dos, en train de déposer les verres à vin.

_Alex, je te présente Clémentine.

 

Alex

Je suis à la bourre ! Ce devoir était beaucoup plus long que prévu et avec deux cons comme Seb et André, c'était pas gagné ! J'ai pratiquement fait tout le boulot… comme d'hab ! Je m'active pour rentrer ; il manquerait plus que je sois en retard pile poil le jour où papa me présente sa nouvelle copine. En entrant, les bonnes odeurs de la cuisine me chatouillent doucement l'estomac et je me surprends à saliver. Je monte les marches en courant et je me rends dans la chambre de papa pour lui dire que je suis là. Il est là, devant son miroir, à s'examiner sous toutes les coutures. Il est presque touchant. Je crois qu'il est vraiment amoureux de cette Clémentine. Depuis qu'elle est entrée dans sa vie, il est plus serein, plus souriant, un peu moins rigide. Il me regarde dans le miroir.

_Je suis rentré.

_Oui, je vois ça, mais tu es en retard.

Son reproche est léger, je le sens bien.

_Oui, désolé, mais on a dû attendre un autre pote qui devait bosser aussi avec nous. Du coup, ça nous a un peu retardés, mais bon, on a fini au moins. Je file à la douche et je me dépêche.

_T'as plutôt intérêt.

Il me fait un sourire éclatant. Un vrai gosse. Est-ce que je serai comme ça moi aussi, quand je serai amoureux ? Avec ce sourire crétin sur le visage ? ! J'espère que non ! Je file à la douche et je me prépare rapidement. J'espère vraiment que cette femme est bien et qu'on va bien s'entendre. J'ai pas envie d'une belle-mère casse-couilles ! A ce qu'il paraît, elle a l'âge de papa. Tout ce que j'espère, c'est qu'elle ne voudra pas un enfant avec lui ! Il a quarante-trois ans. C'est un peu tard pour une femme d'avoir un gosse à cet âge, non ? Bref… Je choisis de mettre une chemise blanche. Il faut quand même faire bonne impression. Après un peu de parfum et un dernier coup d'œil dans le miroir, je descends. Papa finit de préparer les amuse-gueules dans la cuisine. Ça sent super bon, je meurs de faim.

La sonnerie retentit et papa se redresse comme un ressort. J'ai presque envie de me moquer de lui.

_C'est Clémentine. Tiens, va déposer ça sur la table du salon et prends les verres à vin dans le buffet, me dit-il en me tendant le plateau que je prends avec précaution. Je me dirige vers le salon, tandis que papa court presque à la porte d'entrée. J'arrive à tout déposer sans rien renverser et je vais prendre deux verres de vin dans le buffet. Pas de vin pour moi. Pas encore l'âge, même si j'en ai déjà bu. Mais ça, papa ne le saura jamais. J'entends des pas derrière mon dos et la voix de papa qui m'interpelle.

__Alex, je te présente Clémentine.

Je me retourne et là, mon cœur s'arrête. Clémentine ? Clémentine !

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