Family Affair

Jean Denis Crouhy

Family Affair

Mon père était mort et je ne me sentais guère plus vivant que lui. J’avais quarante-trois ans et je devais être l’auteur de théâtre le moins joué de Chicago. Mon seul public ces derniers mois avait été mon psy, que je payais une fortune pour m’écouter, et mon chat siamois de quinze kilos qui me revenait plus cher en croquettes que mon psy. Cela faisait déjà huit ans que je n’avais pas eu de nouvelles de mon père et, à en juger par la folle ambiance qui régnait à ses funérailles, je n’étais pas le seul à l’avoir perdu de vue. Seul Detroit, qui l’avait accueilli par hasard pour mourir alors qu’il s’était échappé de son hospice, semblait se soucier de son enterrement et mettait un point d’honneur à  rendre vivante cette matinée avec ses sirènes et ses bruits de moteurs. Mon frère, qui avait toujours des choses plus importantes à faire, n’avait pas jugé nécessaire de faire le déplacement et ma mère, toujours pressée, avait déjà précédé mon père dans la tombe trente ans auparavant afin peut-être de préparer convenablement son arrivée dans l’au-delà… Impossible aussi de joindre le peu d’amis qu’il devait lui rester. Mon père n’avait pas d’agenda sur lui quand il s’écroula devant Grand Circus Park et je n’avais pas eu le temps de passer chez lui avant la cérémonie. Nous étions donc cinq autour de son cercueil en comptant les deux employés des pompes funèbres, son chien Miles, le père McKenzie et moi-même.

 

Le lendemain de cette grande célébration, je dus vider les affaires de son appartement avant que les services sociaux ne s’en occupent. J’avais déjà accompagné mon père vider l’appartement de son propre père et je redoutais de devoir le faire un jour à mon tour… Peut-être que l’on devient réellement un homme après cette épreuve : une sorte de rite d’initiation pour l’Œdipus Rex Modernus qui, nettoyant l’appartement de son père après sa mort, prend enfin sa place dans l’ordre du monde… Thèbes n’est plus alors qu’un minuscule deux pièces-cuisine dont nous gardons jalousement les clefs sous le regard amusé des grands manitous-proprio qui gouvernent le monde et choisissent ce que nous devons lire, écouter et avaler…

Je continuai le rangement, perdu dans mes pensées quand, après avoir jeté l’équivalent d’une vie entière dans des sacs poubelles triple épaisseur de cinquante litres, je tombai sur un carnet en simili-cuir rouge. Je me souvins que mes parents avaient l’habitude de noter tous les évènements qui leur tenaient à cœur dans ces carnets. Celui-ci avait été écrit en attendant leur premier enfant, Simon, mon grand frère. Je le dévorai, intrigué et jaloux. Au milieu de toutes ces pages, mon père avait collé une publicité de Sun Records qui invitait les musiciens amateurs à enregistrer dans leur studio mythique à Memphis. Il avait noté à côté de cette publicité qu’ils iraient tous les trois là-bas pour enregistrer en famille. Mon père n’était pas un musicien amateur mais il n’avait jamais pu enregistrer chez Sun Records et je me souviens qu’il parlait souvent de cette idée d’enregistrement chez eux et de son rendez-vous manqué avec Sam Phillips.

Je crois qu’au fond de lui, mon père rêvait d’avoir sa propre Carter Family et nous aurions sans doute pu faire carrière et défier la famille Jackson si une Ford Mustang blanche de 1968 n’avait emporté ma mère et les rêves de mon père au fond de l’East River lors de notre unique voyage à New-York pour les dix ans de mon frère.

En continuant de fouiller, je mis la main sur le seul disque que mon père avait enregistré à ma connaissance. La pochette du vinyle était toute délavée et l’on pouvait lire au-dessus de la photo du groupe ce titre imprononçable : « Paul Chaz And The Slash Cats - You Ain't Got No Rights On Me ». Sur la photo je reconnus autour de mon père, Earl, Sam et Daniel. Les images de ses amis me revinrent en tête. Earl me soulevant pour jouer de sa contrebasse et Daniel qui me laissait taper comme un sourd sur sa batterie.

Je trouvai la vieille platine de mon père et passai le disque. Le son était encore bon et le disque à peine rayé. Ses chansons étaient restées dans ma mémoire et je pouvais encore entendre ma mère me les chanter. Les deux morceaux qui clôturaient les faces A et B se terminaient en improvisations complètement absurdes et dévastatrices avec larsens, cris gutturaux, bouillie sonore incompressible faisant saturer l’enregistrement, explosions de batterie à coups de pied et aboiements divers. J’arrivais à les imaginer tous les quatre se déchainant comme des forcenés, persuadés de laisser une trace dans l’Histoire, imaginant que les musiciens du monde entier les imiteraient par la suite.  Je regardai la date et lus « 1958 ». Je me demandais qui avait été assez fou pour produire un tel disque à cette époque.

À ma connaissance mon père n’avait rien enregistré d’autre. Pourtant, il connaissait tous les musiciens de Detroit et Chicago et faisait même plusieurs concerts par semaine mais personne ne devait être assez fou pour l’enregistrer et prendre le risque de voir son studio détruit. Avec le temps, mon père s’était fait à cet état de choses et racontait que sa musique était une fureur de l’instant, qu’elle se vivait dans le présent avec l’énergie du public et que ça ne rimait à rien de l’enregistrer… Je me souviens maintenant qu’il y avait toujours des jeunes musiciens qui squattaient notre appartement. Ils adulaient mon père et buvaient ses paroles comme s’il leur délivrait l’ultime Vérité - Paul Chaz descendant du mont Sinaï pour leur délivrer les trois commandements du rock : tu ne t’accorderas pas, tu hurleras ce que tu as sur le cœur plus fort que ton voisin et surtout tu ne suivras aucun commandement… Je me souvins que j’étais jaloux de l’attention que mon père leur portait.

Le dernier coup de cymbale retentit sur la platine quand je retrouvai enfin le vieil agenda de mon père avec les numéros de téléphone d’Earl, Sam et Daniel.

Je décidai de les contacter tous les trois pour réaliser le rêve de mon père. Nous enregistrerions enfin ses propres chansons chez Sun Records avec ce qui pouvait ressembler à une famille : ses deux fils et ses trois meilleurs amis. Je pensais que cela serait un bon moyen d’honorer sa mémoire…

J’attendis une semaine, le temps de me remettre de ce déménagement initiatique et je téléphonai à Earl et Sam pour leur parler de mon projet et leur annoncer la mort de mon père. Ils acceptèrent sans hésiter et Sam m’expliqua que Daniel était mort vingt ans plus tôt mais qu’il viendrait avec sa sœur Daisy. Ils semblaient emballés par l’idée et il ne restait plus qu’à convaincre mon frère. Après trois heures de discussion, Simon abdiqua et promit de se libérer pour l’enregistrement. Je raccrochai heureux et réservai le studio pour le mois suivant. Les tarifs n’étaient pas si exorbitants, mais le billet d’avion Chicago-Memphis et la nuit au Peabody Hotel achevèrent mes dernières économies ; je devrais trouver un vrai job en rentrant.

Un mois après je débarquai à Memphis. La ville n’avait pas connu d’été aussi chaud depuis 1974 et je ne pris pas le temps de m’arrêter pour écouter les sept sosies du King qui jalonnaient Union Street de mon hôtel jusqu’au studio Sun. Chacun massacrait à sa façon Love Me Tender ou HeartBreak Hotel accompagné par une sono minable. Je donnais dix dollars à un gamin de seize ans aux cheveux longs et gras qui hurlait avec sa guitare qu’il haïssait tous ces connards de touristes et ce qu’était devenu le rock et qu’un jour Elvis allait revenir pour tous les exterminer. Quand j’arrivai enfin dans les minuscules locaux de Sun Records, on m’invita à m’installer en me montrant le studio d’enregistrement. L’ingénieur du son viendrait nous enregistrer dès que nous serions prêts. Je regardai au mur les photos de Johnny Cash, Elvis et Jerry Lee Lewis… je réalisais le rêve de mon père. L’idée m’excitait mais elle me paraissait absurde. Je ne savais pas trop ce que je faisais là. J’avais beau être le plus proche de mon père, ça ne rimait à rien : il ne ferait rien du vinyle que nous allions enregistrer à sa mémoire…J’étais impulsif et têtu comme lui et j’avais décidé de cette idée d’enregistrement sur un coup de tête et m’y étais tenu sans savoir ce qui arriverait après. C’était moi l’artiste de la famille - ou le raté selon la version de Simon – et je voulais faire un truc un peu dingue comme l’aurait fait mon père…

Ce n’est pas si dingue avait répondu mon frère, c’est juste une connerie, une autre connerie comme d’habitude ! Je vais essayer de me dégager une journée et je vais venir. De toute façon tu vas avoir besoin de fric, j’imagine… Et ta pièce, ça avance ? À une époque, mon frère n’était pas le gros con qu’il était devenu. Il avait des rêves et voulait même devenir batteur mais, à la mort de notre mère, il s’était réfugié dans les études et n’avait plus jamais touché de batterie : il était devenu responsable commercial de la stratégie marketing pour l’ensemble outillage des produits sans fil Capscom  pour tout le Dakota du nord et maintenant, il jouait au grand frère protecteur en m’envoyait de l’argent quand j’étais trop dans la merde.

J’étais perdu dans mes pensées quand Earl entra dans le studio. Il ne ressemblait pas du tout au souvenir que j’en avais gardé. Je me rappelais d’un géant toujours habillé en croque-mort et je voyais devant moi un petit vieux vouté au crâne rasé habillé d’un short trop petit et d’une chemise hawaïenne délavée. Il me regarda les larmes aux yeux et me serra dans ses bras encore puissants :

—   Merde Ron, tu ressembles vraiment à ton père ! Ça me fait plaisir de te voir ! Ça fait combien de temps que je ne t’avais pas vu ? Vingt ans ? Plus ? La dernière fois t’avais à peine dix ans !

 

—   Ouais c’est vrai, je devais pas avoir plus…

 

—   C’est sympa de faire ça pour ton père, il aurait aimé nous voir tous ici !

 

—   Tu crois ?

 

—   Pas de doute! Simon va venir ?

 

—   Normalement oui, il est à New-York mais il m’a promis de venir.

 

Earl regarda l’étui à guitare posé à mes pieds  et me demanda :

—   Alors tu joues aussi ? Tu composes un peu ? Paul m‘avait dit que ton truc c’était plutôt l’écriture ?

 

—   Ben disons que j’ai essayé d’écrire deux ou trois pièces de théâtre sans trop de succès mais là je crois que je vais bientôt arrêter pour trouver un vrai job…

Earl eu un sourire :

—   Haha, je crois pas que ton père aurait apprécié ! Enfin bon, chacun sa vie, t’es pas obligé de t’accrocher jusqu’au bout pour faire comme lui…

 

—   Et finir seul comme lui dans un appart pourri… tiens, au fait, j’ai aussi retrouvé le vinyle que vous aviez enregistré ensemble.

 

Je lui tendis le disque et il regarda la pochette, ému. Ils étaient tous les quatre devant la Cadillac verte d’Earl : Daniel se tenait sur la gauche avec ses baguettes en croix, près de lui Earl s’appuyait sur sa contrebasse rouge, le regard menaçant et mon père et Sam se tenaient à sa gauche, leurs guitares en bandoulière. Je regardai encore une fois la pochette et je lui demandai ce qui était arrivé à Daniel.

—   Tout le monde dit que c’est de la faute de Mitch Mitchell… son truc à Daniel c’était d’insuffler l’énergie d’Elvin Jones dans le rock, tu vois, un truc bien puissant mais avec un drive continu qui te porte loin… Il devait enregistrer avec Hendrix parce que c’est ce que Jimi voulait, un Elvin Jones rock. Mais quand Jimi est rentré d’Angleterre, il a ramené Mitchell pour son trio et c’était trop tard… Quand il a vu Mitch Mitchell jouer avec Jimi, Daniel est devenu furieux. Il était persuadé que Mitchell lui avait tout volé… En vrai Mitch était bien meilleur que Daniel mais bon… Du coup, Dany s’est mis à se défoncer de plus en plus et à devenir de plus en plus aigri. Il en faisait trop et personne ne voulait l’embaucher… Il n’y avait que Paul pour jouer avec lui… Ils avaient une putain d’énergie tu sais, ils étaient bien plus rock que la plupart des groupes des années soixante mais c’était tellement barré et free qu’ils ne trouvaient jamais de job... ils avaient un sacré truc à eux…

 

—   Attends, vous connaissiez Hendrix ?

 

—   Ben oui, rigola-t-il, on a joué quelquefois avec lui, ton père ne racontait pas que des conneries…

 

—   Et pourquoi t’as arrêté le groupe avec les autres ? A cause de Daniel ?

 

—   Ben… en fait j’étais à fond dans mes délires mystiques et puis un jour à Chicago, j’ai rencontré Sun Ra – tu connais Sun Ra ? j’inclinai la tête en signe d’approbation – et donc je suis parti avec lui dans son trip free-jazz-cosmique et j’ai continué dans ce sens. Le rock c’était fini pour moi et ton père ne voulait pas faire de jazz et puis, les délires mystiques, c’était pas son truc, du coup chacun a fait sa route de son côté…

 

Il marqua une pause puis reprit, le sourire aux lèvres :

—   Ceci dit, c’est vraiment con, parce que je me suis jamais autant marré qu’avec les plans foireux de ton père et les délires complètement barrés de Dany…

 

Nous fûmes interrompus par Sam et sa sœur Daisy. Je n’avais aucun souvenir d’eux, seul Earl était resté dans ma mémoire, sans doute à cause de sa taille et de ses délires sur les extra-terrestres qui me fascinaient quand j’étais gosse… Daisy avait gardé ses lunettes pour masquer ses yeux rouges et Sam ne semblait pas en mener bien large non plus. Ils me prirent chaleureusement dans leurs bras.

Mon frère se faisait attendre et, pendant que les trois amis de mon père échangeaient leurs souvenirs, je laissai cinq messages sur son portable. Au bout d’un moment, Sam lança :

—   Laisse Ron, il ne viendra pas, il ne nous reste que quelques heures, tu as choisis les morceaux ?

 

—   Ben j’ai pensé à « Love Ain’t A Constant Thing » et « Miscellaneous Feeling About Rose » que mon père avait écrites pour ma mère. Mais sans batteur ça va être dur à jouer… je comptais sur Simon pour faire la batterie…

 

Je craquai, sans doute à cause de la fatigue ou du fait de les voir tous ici et je ne pus retenir mes larmes devant eux. Ils vinrent tous autour de moi et me consolèrent :

—   Ecoute, me dit gentiment Earl, on a pas besoin de batteur, on est pas obligés de les jouer comme avant, OK ? Daisy va chanter et Sam jouera la guitare lead, ça nous fera une version plus soft. Pas besoin de jouer les enragés ! D’abord, on a plus le même âge qu’avant et ensuite ton père n’aimait pas les copieurs, il aurait aimé que tu fasses ton propre truc, OK ?

 

J’acquiesçai mollement.

—   T’as pas une chanson à toi, demanda Daisy ?

 

—   Si si, j’ai un truc que mon père aimait bien je l’avais écrite pour un de ses anniversaires, j’ai encore les accords en tête je crois…

 

Je leur montrai alors les accords et au bout d’un moment nous fîmes signes à l’ingénieur du son de venir. Les prises se firent en une fois, à l’ancienne, avec le micro au-dessus du groupe. Je n’avais jamais pris un tel plaisir à jouer. Moi qui écrivais toujours tout seul devant mon ordinateur, je compris ce que ressentait mon père quand il jouait avec eux. La contrebasse d’Earl nous portait littéralement, la voix de Daisy était fragile et magnifique… Je ne savais pas qu’elle chantait aussi bien. Sam avait trouvé une ligne mélodique parfaite qui ne gênait jamais le chant. Je me souvins alors que mon père m’avait dit qu’il avait joué avec les plus grands et je compris ce qu’il avait voulu dire par là et ce qu’il avait voulu retrouver toute sa vie.

Il n’y eut pas beaucoup de paroles échangées pendant l’enregistrement, uniquement des sourires et des regards complices. À la fin, on reçut dix vinyles aux couleurs de Sun Records. J’avais rempli ma mission, immortaliser les chansons de mon père et j’avais en prime enregistré une des miennes avec ses musiciens.

Le soir on dîna tous sur Beale Street et ils me racontèrent un tas d’anecdotes sur leur métier et leurs souvenirs avec mon père et j’oubliai dans l’alcool le désistement de mon frère. Sam nous traîna ensuite dans un club de blues où ils venaient souvent tous les cinq autrefois. On joua toute la nuit avec les musiciens du coin et tous me payèrent des coups en me parlant de ce père que je découvrais peu à peu, je ne connaissais rien de lui au fond…

Nous avons fini ivres vers sept heures du matin dans un café en face de Sun Records pour prendre un solide petit-déjeuner avant de nous quitter. Earl n’arrêtait pas de parler pendant que nous tombions dans nos assiettes.

À neuf heures du matin j’étais seul et saoul dans une rue de Memphis.

J’avais passé la nuit avec les meilleurs amis de mon père. Ils avaient tous poursuivi leurs rêves, comme lui. De loin, on aurait dit une bande de vieux ringards qui ne rentrait dans aucun cadre, Earl avec sa chemise hors d’âge, Daisy avec son vieux pull de hippie, ses longs cheveux gris et son strabisme et Sam qui avait atteint un poids que les professionnels de la santé ne recommanderaient à personne… Pourtant, ils avaient joué avec les plus grands musiciens et passé leur vie à faire ce qu’ils aimaient, sans plan de carrière…

Je titubai jusqu’à l’hôtel en me jurant de suivre ce que je jugerais juste. Je repensai à l’ambiance des théâtres quand nous montions mes pièces, les rencontres avec les acteurs, les musiciens, les techniciens, les nuits sans fin et les veilles de première quand nous faisions un silence tous ensemble, les déchirures quand tout le monde se quittait, les nouvelles rencontres, Dieu, Sophocle et Shakespeare, la téquila du Sud, les sept vinyles que je tenais dans les mains… Je vomis au pied d’un feu rouge et décidai de m’accrocher à mes rêves comme à ce feu qui passait au vert – encore un signe pensai-je en titubant – il n’était plus question d’arrêter ! Mon proprio pourrait bien attendre encore un peu pour son loyer, je n’irais pas travailler, ni demain ; ni après-demain...

Quelques minutes plus tard, j’arrivai enfin dans ma chambre d’hôtel et m’écroulai ivre-mort sur le lit en laissant tomber mes vinyles. Je regardai le plafond tanguer en espérant que cette décision ne soit pas une promesse de poivrot oubliée dès le lendemain.

Signaler ce texte