JAUNE

no-mad

Poésie de couleur

Jaune






Jaune sable épuisé de plages grignotées forgeant les allées de bâtisses sans âme inoccupées.

Jaune flamme qui forge des aciers mécanisés d'une humanité naturopathe abîmée.

jaune gilets réfléchissants les lampadaires de rues  stéréotypées aux magasins copiés-collés.

Jaune souffre la gamine aux allumettes allumées d'ennui et de maladies non soignées.

Jaune aux dents si longues et acérées sur le fil du rasoir, temps d'un jardin horrifié.

Jaune le chien de Simenon qui ,jamais ne retrouvera son maître abandonné.

Jaune soleil du réchauffement, illuminés les pays sages surexploités au tumulte de cœurs fatigués.

Papier jauni d'un temps tant froissé d'une odalisque ignorée.

Jaune du rebut de nos commodes surchargées de nos arriérés.

Au jaune je lève mon verre cassé aux pommettes de nos oubliés.

Jaune lune qui ne sache tourner au meilleur de nos marées polluées.

Jaune pissenlit au gamin battu et apeuré qui ne puisse s'empêcher.

Jaune, notre terre assoiffée et craquelée d' infertilité asséchée.

Jaune, la main des rock N' rolleurs hépatiques contraints aux travaux forcés .

Jaunes, les enfants pâquerettes cueillant la vie en se marrant aux sons : cacahuète ! Bouton d'or !

Jaune, le maillot mouillé du dopage imposé, seul gagnant sur poulie d'or.

Jaune nos dents pourries qui n'arrivent plus à becqueter leur caca d'oie !

Jaune moutarde qui monte aux nez, devant ces pitoyables salamalecs d'assemblées.

Jaune, beurre et l'argent du beurre, le sourire en prime écrémé sur la paille d'affamés salariés.

Jaune, la cire de leurs parquets où crissent encore l'écho lointain des pleurs d'innocents condamnés.

Jaune vanille des champs de coton aux colons esclavagistes qui détournent les destinés.

Sourire jaune quand j'arpente les pentes sur primaire cobalt d'un magnétique Babylone.

Jaune, l'étoile de mort cousue sur le vêtement d'un passé point brillant et décousu !

Jaunes, nos rivières colorées d'excréments et de chimie polluante d'industrie dégradant faune et flore de complices cités.

Jaunes, ces milliers de lettres de dénonciation, œufs des enfants de Pétain couvés de complicité.

Jaune, cette statue de la liberté rouillée à l'origine bafouée, symbolique dores et déjà décapitée.

Jaune, luminescent rayon de joie et de chaleur, printemps des traîtres au pouvoir mensonger.

Jaune désertique du vide, scénario apocalyptique aux points de contrôle inopinément appropriés.

À 135 balles la jaune prune, dessert les désargentés qui souvent sortent mais avec maigre monnaie.

Il est vrai que le sourire est bien jaune désormais, il tendrait même vers l'orangé.

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