Journal aléatoire d'un alcoolique en sevrage

lafaille

Jour n°34

Levé aux aurores, dormi 3 heures, le ciel est encore bas pour se faire oublier, on attendra bien demain. Je ne suis pas du matin, un nouveau jour une nouvelle corvée, tenir debout encore et encore, ça fatigue un homme. Des heures à devoir se dire que tout ça n'est pas pour rien, je suis confus mais je n'y vois aucun sens. La mort se faufile dès la naissance, alors se battre, pourquoi ? Café clopes et détour du regard vers ce passé d'alcoolique, 34 jours, un record. Pourtant, je n'éprouve aucune fierté à tenir le coup, j'espère juste de ne pas retomber dans la profonde mélancolie de la première semaine d'abstinence, le vide au cœur et la boule au ventre, la gorge serrée, je ne respire plus. Les bébés dorment, et la joie de se retrouver avec eux tous les matins me donnent envie de pleurer, je suis au bord des larmes à chaque fois que je les regarde. Que voulez-vous je suis un sentimental. Au premier abord, on pourrait croire le contraire, misogyne à tous les étages, la femelle mise au rabais, je ne suis pas sûr de pouvoir m'expliquer à ce sujet, je suis un paradoxe qui assume. Après tout, je ne suis pas là pour me justifier, et merde, la voisine du dessus est en train de se faire un délire post-adolescent à la con, je l'entends danser comme une folle, je l'imagine avec un balai-micro, devant la glace, se regardant le nombril et l'origine du monde dans toute sa splendeur. Ça craint ! Je je suis une catin, arrête Mylène de m'emmerder, putain la paranoïa revient, non pas SANDRINE, je ne veux pas te voir dans les escaliers lorsque je m'apprête à sortir Fout-Le-Camp et Reviens, nonnnnnnnnnnnn…

Il est quelle heure ? Putain, 6 heures, mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire ? On s'emmerde abstinent. Ben t'en penses quoi toi mimine, allez viens me faire un câlin, le vieux con est en manque d'affection.

 

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