Journal aléatoire d'un alcoolique en sevrage

lafaille

Jour n°7

Qu'il m'est difficile de passer une semaine sans un verre, mon corps est en manque, l'esprit devient lucide,  autant dire en proie au plus profond des désespoirs. La mélancolie dans les entrailles, les veines gonflées, et le cœur en panne. Cette impression parfois qu'il pourrait me lâcher à tout instant ce con. Fout-Le-Camp est fatigué, ce vieux chien ne semble attendre qu'une chose : la chute des miettes sur le plancher des vaches. Bon, je ne peux rien dire de mal sur lui, il me maintient en vie, si on peut appeler ça la vie, cette chienne. Samedi, le jour le plus difficile pour tenir sans un verre. A vrai dire, il y a une semaine, tous les jours s'appelaient samedi. Vous vous demandez sûrement si j'ai travaillé dans ma vie, figurez-vous que j'ai beaucoup travaillé, des métiers difficiles, physiques, mal payés, ingrats. Puis j'ai eu un accident sur une machine tourneur, je suis aujourd'hui en longue maladie. Depuis ma naissance, éternellement. Jusqu'à ce que mort s'en suive. Beaucoup de monde se demande pourquoi les gens boivent. Mauvaise question.  Moi, je me demande pourquoi les gens ne boivent pas. Sont-ils heureux pour autant ? Le mensonge est partout, surtout dans le bonheur. Hein Fout-Le-Camp t'en penses quoi toi ? Tu t'en fous et t'as bien raison, t'attends la miette, aujourd'hui mon vieux tu vas attendre longtemps, je n'ai pas faim, tiens viens-là tes croquettes. Après, on ira se balader, on ne sait jamais, si ça peut m'ouvrir l'appétit. 7 jours d'abstinence, perdu deux tailles de pantalon. Cool, je vais finir par disparaître. On fête ça Fout-Le-Camp ? Merde, c'est vrai je suis dans la merde, je ne me vois pas danser sur ma disparition sans un verre. Viens Fout-Le-Camp on se tire de ce trou à rats !

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