Journal aléatoire d'un alcoolique en sevrage

lafaille

Jour n°10

Fout-Le-Camp m'a encore sauvé la vie, il m'a réveillé, alors que  la soupe sur le feu commençait à fondre. Maintenant, c'est moi qui fonds. Je fonds devant ce chien sans qui rien n'aurait été possible. J'imagine l'appartement prendre feu, avec tous mes cheveux, épais et tous ces poils à Fout-Le-Camp, je vous raconte pas, un brasier en enfer. Car j'ai arrêté de boire, 10 jours, et c'est insupportable. La plupart des nuits, je dors deux heures. Hier, rien. Aujourd'hui, rien. Je suis un zombie, je cherche mon aliment, ce qui me plongerait dans l'oubli de l'alcool. Cette putain de drogue, ce liquide pour lequel j'aurais pu vendre mon âme. Mon corps, je l'ai un peu vendu, il ne reste plus grand chose de bon là-dedans, du pourri. Parfois, il s'est noyé dans son vomi ce corps. Je tiens encore debout, pour Fout-Le-Camp. Le reste, je m'en tape. Je me promène le long des rues éclairées, on est en plein jour, et on a décidé de mettre de la lumière. Ah oui c'est bientôt Noël, horrible cette période. Des guirlandes à la con et ces chants tout aussi cons, franchement quelle foutaise la vie. Une mascarade de plus. Viens Fout-Le-Camp, on va se balader ailleurs. On va devoir encore supporter ces gens en pleine quête du bonheur familial. Quelle plaie. La famille est une putain, à un moment donné, elle vous fait payer. Tiens aujourd'hui j'ai décidé d'une chose, je ne bois plus, mais je fume. Faut pas déconner. Allez viens Fout-Le-Camp, on rentre.

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