La pause

anaha

Le couperet tombe. Ça ne fonctionne pas. Ça ne le fait pas.

On a décidé ça un lundi soir où une fois de plus, j'ai dû vomir ce que je ne pouvais pas garder pour moi. Comme à mon habitude, impossible de fermer ma gueule.

Je navigue entre deux planètes.

Tout le temps. Et ce, dès le début de cette relation.

Planète "extase" : il est beau, tendre, doux, respectueux de mes envies et de mes libertés, à l'écoute, il me fait rire.

Planète "claque dans ta gueule" : il est immature, n'est pas foutu de me dire qu'il m'aime, centré sur lui-même, et par-dessus tout, n'aime pas le conflit. (Ou plutôt la moindre discussion de fond).

Un an et 3 mois plus tard…A faire la navette entre les deux et installer des ponts. A donner de ma personne, à faire plaisir, à donner tout court. A comprendre les réactions, exposer mon ressenti, définir des compromis…Rien.

Ça n'avance pas l'histoire.

Il est tel qu'il est, c'est à moi de prendre ou non.

Apparemment être en couple c'est soustraire les moins au plus, et serrer les fesses pour qu'il reste des plus.

(de préférence nombreux)…

Et dans le pire des cas, s'asseoir sur tout ce qui ne fonctionne pas, et se dire que l'on a de la chance dans ce qui fonctionne.

Moi, ça ne me suffit pas, alors je me tire. Ou du moins je fais mine, en espérant qu'il se prenne une claque suffisamment grande pour se rendre compte qu'il est juste con.

(je n'y crois pas trop à celle-là).

On finit donc par se dire communément qu'une pause peut résoudre l'ampleur de la situation.

C'est quoi une pause ? On espère que l'un de deux se réveille et revienne en chialant ?

C'est se morfondre soir après soir jusqu'au beau jour où l'on se morfond moins et que l'on sent que le trou dans le bide se referme ?

C'est espérer que l'autre n'aille pas taper ailleurs parce que l'attachement est si puissant qu'il annihile toute libido pour autrui ?

Ça dure combien de temps au juste ?

Jusqu'à combien de jours/semaines/mois mon égo me fera tenir sans envoyer le moindre signe de vie ?

En l'espace de 3 jours, j'ai vu les très proches, avec qui j'ai repassé de long en large la situation, cherchant dans leurs yeux, leur approbation face à mes arguments et qui m'aideraient à tenir mon silence face à lui et à sa connerie. Ça marche plutôt bien pour le moment.

Je me méfie de mon cerveau de vieille romantique corrompue par des mauvaises séries. Après quelques jours, j'oublie ce qui me fait chier. Ou du moins cela s'estompe dans l'ombre du manque, qui emporte tout le reste.

Moi en amour, j'aime bien entendu vibrer, mais aussi faire vibrer. Ai besoin de ressentir, d'entendre que je rends l'autre accroc tout autant que je le suis. Question d'égo.

Ici, c'est moi l'accro, celle en hyper vigilance à tout signe d'extase chez mon conjoint. Sauf qu'il y en a très peu. Alors, je me morfonds, je stresse, j'extrapole et créé des drames. Il en a marre de ça.

Bref, ça va être long cette pause.

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