La séduction selon Hugo

Hugo Tatarensefs

Je suis seul dans le coin d’un bar,  un verre de vin rouge à la main. J’ai remarqué la jolie jeune fille accoudée au bar, un verre de vin blanc à la main. Je l’ai vu, mais ne l’approche pas. Persuadé qu’elle me regarde, je feinte une désinvolture en regardant par la fenêtre et exprime ma sensibilité en dessinant des cœurs avec l’humidité de mon verre. Alors qu’en réalité, je ne pense qu’à son regard, qui certainement, fixe mes tétons qui transpercent mon singlet en maille fine. C’est à ce moment précis que décolle la mise en scène. Je sors un petit cahier d’artiste, bourré de notes et de papiers annexes pour créer l’illusion d’une vie bohémienne.


 Ensuite, je me mets à  y dessiner à l’aide d’un tout petit crayon qui laisse transparaître une grande production créative, alors que sa petitesse n’est que le résultat d’un affutage intensif. Ensuite, je déchire la page de mon cahier et la plie en quatre pour me diriger vers la femelle en question et dire: « j’ai vu que tu me regardais du haut de ton tabouret », notons que la rime est intéressante à exploiter. Souvent elle me répondra: « Non je ne t’avais pas remarqué, désolé»: notez qu’elle est assez sympathique que pour s’excuser. Malgré ceci, je n’abandonne surtout pas la mise en scène préliminaire, car il est très important de ne jamais quitter son rôle en plein exercice de séduction. A ce moment, je fais un léger signe de la tête ajouté d’un sourire mielleux pour effectivement l’excuser.

Ensuite, je dépose mon bout de papier sur le comptoir et le fais glisser jusqu’à elle à l’aide de mon majeur, un air de peur peu se dessiner sur son visage, mais répétons le : « ne pas se décourager ». Enfin, elle le déplie et je dis: « Je n’ai pu m’empêcher de dessiner votre portrait, vous êtes méga belle », utilisez « méga » ou « hyper » afin de démontrer votre côté branché. A cet instant, la jeune fille tire une grimace reflétant la terreur qui l’envahit (j’ai longtemps cru que ceci était l’expression physique du coup de foudre). Pour la calmer je lui caresse tendrement le visage du révère sec de la main en me plongeant dans son regard effrayé. Après un temps de pose, je lui dis: « Votre beauté frôle mon talent » car il faut toujours être fier de son travail.

Cette technique de séduction n’a pas encore prouvé son efficacité, mais je ne l’abandonnerais jamais. Je reste intimement persuadé que la drague est un travail de mensonge et de leurres. Lorsque la proie est emprisonnée et qu’elle se sent blotti dans vos bras d’artistes, frappez là avec la massue de la vérité ! C’est d’ailleurs à ce moment là que je compte lui roter à la gueule en disant : « Ah oui, petit détail, je vis encore chez ma mère et je travaille dans un magasin de pantoufles! On bouffe devant la téloche ce soir ? Il ya un du sport et des bimbos à poils !».

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