Laisses-moi créer.

chachalou

La création, c'est un manque et une souffrance que l'on transforme.

 

Je ne vois pas tout ce que je haïs au quotidien en ce personnage. Dans ce roman, je ne perçois que la Grace et la Prestance d'un trentenaire remarquable, un homme qui sait faire rire et rire des autres et de lui, autant qu'il sait calmer et réconforter toute personne dans le besoin. Je vois cet homme rude et intransigeant, qui sait pourtant quand est-ce qu'il faut lâcher du lest et aller de l'avant. Je vois ses responsabilités, son côté leader, son sens de la communauté et de l'individu en lui-même. Je vois le pilier. Je vois l'homme sur qui l'on peut compter. Alors, laisse-moi au moins écrire ce frère-là quelque part, celui que tu es avec tout le monde, sauf à mon égard. 

Laisse-moi dépeindre ce que j'aurais aimé mieux connaître, ce que j'aurais aimé mieux comprendre, l'homme que j'aurais tant voulu que tu sois avec moi. Mais je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas pour quelles raisons, je ne comprends pas, je ne pourrai même pas trouver de sens à ce rejet, moi, tu ne m'aimes pas. Tu me détestes, tu ne me supportes pas, tu me haïs et je n'ai rien fais, jamais, pour mériter cela.

Alors, laisse-moi mon roman.  Laisse-moi mon talent. Laisse-moi rêver. Laisse-moi espérer. C'est peut-être la seule dignité que tu pourrais un temps soit peu, me donner. Ouai, laisse-moi mes rêves, mes espoirs, le souvenir de ta face que je revois parfois dans la nuit tard. Laisse-moi mes larmes. Laisses-moi pleurer pour toi, laisse-moi hurler en silence à ton absence. Laisse-moi faire. Je sais que tu ne comprends pas. Je sais que tu ne comprends rien. Je sais que tu es totalement décalé par rapport à mes demandes, mes envies, mes sentiments. 

Je sais, que tu n'es pas l'homme que tu m'as montré. Que tu haïs ta petite soeur et que visiblement, il n'y a rien à faire ou à dire, pour que cela puisse un jour, changer. 


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