Le Cauchemar

missbrownie

Clémentine se réveilla en sursaut.
Ses draps étaient légèrement humide et Clémentine transpirait beaucoup.
L'esprit encore agare, elle se souvint qu'elle venait de faire un cauchemar. Pourtant tout lui paraissait si réel! Dehors, le doux chant des oiseaux ensorcelait l'été. A l'horizon, le soleil pointait déjà. Il était encore très tôt, et les yeux de Clémentine étaient encore dans le brouillard matinal. Toute la maisonnée était encore endormie, mais des voix incompréhensibles attirèrent son attention vers l'extérieur. Avec difficulté, elle se leva. Elle était comme saoule et elle buta contre sa commode.
Arrivée à sa fenêtre, elle tira ses rideaux en grand et la clarté l'éblouit. Elle ouvrit la fenêtre et un vent frais repoussa ses cheveux vers l'arrière.Un cours instant, elle ne put ouvrir les yeux. Cette petite brise lui faisait du bien. Elle glaçait son visage encore perlé de gouttes.
Puis, quelque chose la surprit: Elle était essoufflée! Bizarre. Mais qu'avait-elle donc fait?

Dans la rue, tous les voisins s'étaient rassemblés.
Que pouvait-il causer tant d'agitation dans ce quartier si paisible d'habitude?
Clémentine qui était connue de tous pour sa grande curiosité brûlait d'envie de tout savoir.
Sa curiosité redoubla quand une voiture de police et une ambulance arrivèrent. Clémentine s'habilla avec hâte pour ne manquer aucunes miettes de cette animation peu banale.
Au moment où elle atteignit le pas de la porte, un brancard sortit de la maison de la vieille Agathe. Son corps venait d'être découvert inanimé. Dans son jardin, gisait son pauvre caniche. La police conclut rapidement à un meurtre et l'enquête commença.

Différents sentiments s'entrechoquaient dans la tête de Clémentine. Elle était à la fois surprise, accablée et désarmée face à cette nouvelle. Malgré tout, un étrange sentiment de joie l'envahissait. A plusieurs reprises, elle avait souhaité la mort de cette vieille folle, car souvent, elle l'avait accusé à tort de maltraiter son chien et de jeter des papiers dans sa propriété. Mais ce n'était que des mots en l'air. Jamais elle n'aurait pu commettre un acte pareil.

Son grand esprit de détective la poussa à mener sa propre enquête auprès des voisins.
Pendant plusieurs jours, elle interrogea tous les habitants de cette petite ville, mais personne n'avait rien vu. Seules quelques personnes avaient entendu les aboiements du chien en détresse. Bien sûr, personne ne s'en était inquiété car un chien qui aboie la nuit est chose fréquente.
Il ne lui restait maintenant qu'un vieil homme à interroger. Celui-ci occupait la maison jumelle de la victime. Il devait sûrement avoir aperçu ou entendu quelque chose. Mais Clémentine se refusait à y aller car elle n'entretenait pas de bonnes relations avec lui. Horace, tel était son nom, était sans famille et n'aimait guère les enfants, surtout cette pauvre Clémentine qui avait eu le malheur de rayer sa voiture neuve avec son vélo.

La maison déserte d'Agathe avait été barricadée par la police après le meurtre, mais Clémentine était décidée à aller y faire un tour. Elle trouva une entrée derrière la maison assez grande pour qu'elle puisse y passer. A peine entrée, une odeur de putréfaction qui envahissait la maison lui donna la nausée. Les perruches de la vieille dame devaient sûrement être mortes de faim ...
Tout baignait dans l'obscurité. Seuls quelques rayons de lumière, passant entre les planches de bois clouées sur les portes et fenêtres donnaient un peu de clarté. Des multitudes de frissons parcouraient le corps de Clémentine. Elle avait peur de cette histoire que lui racontait autrefois sa grand-mère. D'après cette légende, les âmes des personnes assassinées ne trouvaient jamais le repos éternel, alors elles continuaient d'hanter leur demeure jusqu'à ce que vengeance soit faite. A chaque bruit qui retentissait, Clémentine pensait que c'était Agathe qui continuait sa vie ici. Mais peut-être était-ce vraiment elle!
Malgré sa peur, elle inspecta toutes les pièces , mais toutes les preuves avaient déjà été prises par la police.
Devant la porte de la chambre d'Agathe, elle fut prise de sueurs froides. Cette entrée dans la chambre était pour elle comme une entrée vers les ténèbres.

La scène qu'elle contempla était la preuve du véritable carnage qui s'était déroulé. Tous les meubles avaient du être projetés à travers la pièce car ils étaient cassés, éparpillés et sans dessus dessous. Agathe avait du se débattre car des traces de griffes et de sang dont on voyait l'empreinte avait été comme absorbé par le parquet. La vue de cette atrocité força Clémentine à s'enfuir.

Elle courut aussi vite qu'elle le put et alla se réfugier dans sa chambre. La scène lui avait fait tant horreur qu'elle ne pu s'empêcher de pleurer. Agathe ne méritait pas tant de souffrances, elle qui espérait mourir en paix dans son sommeil. Clémentine se leva pour attraper son journal intime. Elle voulait y noter ce qu'elle avait vu. En se levant de son lit, elle se piqua sous la plante des pieds. Elle aperçut alors un objet brillant au pied de son lit.
Mon Dieu! C'était la broche d'Agathe! Elle la portait tous les dimanches pour aller à la messe. Que faisait-elle là? Dans le journal local, il était écrit que le tueur avait aussi volé tous les bijoux de la vieille dame...
Désormais, elle comprenait tout: le cauchemar, la sueur et son essoufflement.
C'était donc elle l'assassin... et le voleur! Comment avait-elle pu faire cela?
Elle n'arrivait pas à supporter l'idée qu'elle ait pu commettre un tel crime aussi sanglant et que la police soit peut-être sur sa piste.
La prison, elle ne supporterait pas. Une seule solution s'offrait à elle: LE SUICIDE.
Dans la salle de bain, elle s'ouvrit les veines...

Quelques jours plus tard, alors que les parents de Clémentine venaient d'enterrer leur fille, la police annonça l'arrestation du tueur d'Agathe. Horace avait été d'un grand secours pour élucider l'affaire car il avait été le seul à apercevoir le coupable. Mais l'hors de l'interrogatoire, le meurtrier avoua qu'il y avait une autre témoin ce soir là...

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