Le fauve a soif

romualdmartin

poésie contemporaine : tributaire d'un goulot

J'ai plus de bière, je crois que je vais sortir
Arpenter les rues comme un fauve aux abois
comme une cloche colérique et maladroite
Et j'irais tuer des chiens, boire le sang des clodos
Jusqu'à ce que je trouve une épicerie
Tenue par un plus raté que moi
Je lui jetterais des pièces comme aux singes d'apparat
J'ordonnerais à mes pompes de me ramener chez moi
J'allumerais la télé, j'écluserais la cargaison de vinasse
Renifler mon aisselle et dégueuler un coup
Dans les rosiers de mamies ou sur le chat qui passe
Puis je vais ouvrir la fenêtre ou péter un carreau
Lever le bras droit aussi haut que possible
Et en regardant la rue, je vais crier "heil Hitler ! "

En m'écrasant les couilles en signe de soumission
Chier sur ma moquette neuve qui m'a couté un rein
Et courir nu, pour me noyer dans piscine du voisin
Ça fera jaser les vieilles qui s'emmerdent même en semaine
Et demain on verra s'il me reste du doliprane

Et un peu de dignité

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