L'ÉCRIVAIN

Silandre Carteria

Et oui, toute la vie y est. T'es pas balaise devant c'qui suit.

Peut-être demain, aujourd'hui je ne sais pas. Il vit à l'ombre des dunes, ailleurs. Savoir son nom... Quelle importance!

Et dire que demain c'est aujourd'hui ça m'rend dingue. Mais c'est où maintenant, où demain, où hier? À l'ombre des mots je survis. Il me cache soleil et pluie et ça me soulage un temps, un moment. "Elle est curieuse, fouineuse. Dans mes brouillons elle rature et se casse à mon approche." C'est ce qu'il se dit. Mais je sais que des ombres le sillonnent et que lentement sa source s'éteint.

Affriolantes, ouais! Pour un temps si court, j'sais bien que ce peintre se taira et que surgira un désert, de longues paraphrases, l'idée d'un corps en séduction. Il aura mal et moi aussi. Je redoute et doute, j'envoute, quoi faire devant la déroute, se taire?

Face à un corps inanimé, je déchire mon poème et je le laisse se fondre dans ce brasier qui emporte sa vie, les cendres de tant de beauté. Je le dévisage. Ses yeux parlaient à dieu, le suppliant de lui rendre l'autre, sa moitié, celle toujours dansante.

Sale affaire que la mort. Ca vous tue un mec pour sur. Se relever, faut ce qu'il faut. Il renaitra et sa plume réécrira l'histoire...

Celle de sa demie, tout là-haut, implorant son encre de ne pas sécher. Une plume d'oie au bout de doigts.

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