Les bouteilles

Rose Alexandra Sawojka

Prose - Si vous aussi vous avez tenté de voir au loin de cette immensité...que peut être un lien indéfectible mais rempli de poison....

Des vagues viennent s'éclater sur des rochers noirs,

Et je suis sur une plage, remplie de bouteilles vides.

J'essaie de marcher pour en récupérer une,

Mais les messages me sont illisibles...

Seul le vent glacial qui se cogne à moi,

Me rappelle à quel point j'ai froid,

À quel point l'humanité est froide...


Et ces souvenirs bridés,

Qui s'éclatent sur mon visage...

Je n'arrive plus à discerner s'ils sont réels...

Je lève les mains pour jouer avec le vent.

Il me gèle les extrémités.

Mais, je m'acharne à vouloir trouver la raison,

La raison à ma présence ici?


Je tente de marcher dans ce sable humide,

Et à travers mes pas incertains et maladroits,

Je regarde ces messages de désespoir,

Portés par une eau violente et sombre,

Qui ne cesse d'essayer de m'attraper...

Je vois, je revois toutes ces choses,

Qu'on appelle souvenirs, et qui vous hantent.

Je revois toutes ces horreurs et joies,

Qui tentent de me soulever et de me guider.

Mais je n'y arrive pas.


L'eau caresse mes pieds, mes chevilles,

Elle est froide, glaciale, antipathique.

Elle n'aime rien ni personne

Et emporte tout dans son antre.

Le soleil n'est plus là pour me tenir chaud,

Et j'essaie de comprendre, encore,

Pourquoi mes souvenirs s'entrechoquent.


Je regarde l'océan avec intrigue,

Je le regarde avec fascination.

C'est beau. Extrêmement beau même.

Il attire les âmes perdues, les choses oubliées.

Les choses mortes dont on ne veut plus.


L'eau est montée à hauteur de mon ventre.

Ce n'est plus désagréable maintenant.

Je plonge mes mains pour me recouvrir de cette source.

Les gouttes perlent sur mon corps.

Je ressens chacune d'entre elle...

Chacune représente un souvenir que je veux oublier

Dans l'immensité de cet océan qui m'a appelée.


J'avance, le vent s'énerve et me pousse.

Quelque chose guide mes pas.

Il reste maintenant ma tête,

Qui se tourne vers les étoiles et contemple.

Avec cette mélancolie et cette douleur au coeur,

Je jette un dernier coup d'oeil à ces bouteilles,

Qui au final, n'étaient remplies que de haine.


Elles se sont échouées sur ma plage,

Mais moi, j'ai décidé de la quitter.

L'eau m'emporte maintenant, le froid me paralyse.

Les corps des oubliés sont enfin submergés.

Et toutes ces bouteilles n'ont servies à rien car,

Personne ne les ramasse,

Personne ne les voit.


Rose Sawojka.

  • Il y a toujours un œil qui voit ce que l'on ne voit pas, et nous le révèle en temps voulu et choisit.

    Un apprentissage.

    · Ago about 1 month ·
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    guegueette

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