LES MOULES DE BOUCHOT...

rocco-souffraulit

En orbite, vingt milles pépites dans ma tête,

Plus rien m’excite, plus rien d’honnête,

Sauf le filet qui coule le long d’un slip,

Faut bien l’admettre c’est pas la fête,

Les titres en kit ingurgitent mal les critiques.

Finis les histoires sur le ton de l’émotion,

Pollution sonore pour faire vibrer les cons,

Voix nasillardes aux problèmes de digestion,

Prenez des cours pour que de vos chansons

S’articulent vos narrations en mal d’inspiration.

Dans le commerce de la tierce

Saupoudrée de tierces promesses,

Le beau parleur s’adapte à son public.

Dans cette grande guerre glorieuse

Des douces sonorités harmonieuses

L’auteur, lui, emporte son public.

Celle qui monopolise les ondes radios

C’est de la banquise pour les manchots,

Ces refrains sur laser, stéréo à gogo,

C’est pour nourrir les moules de Bouchot.   

En orbite, vingt milles soupirs dans ma tête,

Plus rien m’attire, plutôt m’enfuir,

Faut pas se mentir c’est pour les martyrs,

Pour ceux aussi qui aiment vomir.

Cette rythmique des bits qui débitent,

C’est pour faire prendre l’air aux kleenex,

Donner concert de caisses et trompettes,

Je cherche l’extase, une petite étincelle,

Pour m’embraser comme une allumette

Attiser le feu de longues paroles si belles,

Avec une voie rauque et des mots glauques.

Dans la dissipation des sons

Par précipitation pour le pognon,

Le bonimenteur s’adapte à son public.

Dans la folle érection des sens,

Que l’on découvre par chance

Le géniteur, lui, emporte son public.

Celle qui monopolise les ondes radios

C’est du saccage à coup de sabots,

Ces refrains sur laser, stéréo à gogo,

C’est du matraquage à coup de cagots.  

En orbite, vingt milles souvenirs dans ma tête,

Plus rien m’déhanche, plus rien me branche,

Faut pas se mentir c’est fait à la pioche

Ou par des bucherons à coups de haches,

Oui c’est triste la vie, je sais c’est moche.

Crime de la cime des riches rimes,

Tous à l’égout avant que ça s’envenime,

Au risque de passer pour un vieil illuminé,

Je préfère finir au sonnet d’une merveille

Plutôt qu’une crise cardiaque des oreilles.

Dans l’industrie aux ventes foireuses,

Subjugué par une audition douteuse

L’inquisiteur s’adapte à son public.

Dans l’artisanat aux images délicieuses,

Détestées par des esgourdes boueuses

L’orateur, lui, dévore son public.

Celle qui monopolise les ondes radios,

Au charme d’un bouquet de poireaux,

De ses refrains sur laser, stéréo à gogo,

C’est un sol de pierre pour les râteaux. 

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