Les soirs noirs

corwin-clerc

Extrait de " Les Parfums de l'absence "

Blancs sont les champs
A la morte saison,
Long est le temps
Lorsqu'il vit sans raison.

Mais le destin invente
Et colorie parfois
De rêves étranges
Tous les hivers trop froids.

Si triste est l'automne
Lorsque le rouge flamboie,
Que les feuilles d'autrefois
Trop lentement ne tombent.

Tant de jours qui s'achèvent
Tant de nuit, tant de rêves
Qui jamais ne verront
Les douceurs
Les couleurs
Les douleurs
La chaleur
De la belle saison.

Et la candeur infâme
Qui noie les souvenirs
Et attire nos âmes
Vers les jours à venir
Bâtis sur des mensonges
Et de viles espérances
Dont les pères sont des songes
Déjà morts d'indifférence.

Et la chaleur intense
Des étés éphémères
Qui ne font pas taire
L'atroce souffrance
Du champ solitaire,
Lui qui toujours pense
A cette cruelle misère
Que l'on appelle solitude.
Il ne connaitra la plénitude
Seulement dans l'ombre de l'enfance
Où les étoiles dansent
Au ciel de certitudes.

Mais aussi le grand vent
Qui balaie les moments
De brulantes passions
Plus fortes que la raison
Dictée par la conscience.
Tous ces moments sans méfiance
Où il a cru pouvoir aimer
Le ciel qui ne fait que lui ordonner
Chaque soir noir ce qu'il sera demain
Quand il ne sera plus rien.


89.A.S.R.

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