Lettre à DIVINE

syrus-mif

Dans ce récit émouvant et poétique, je nous emmène dans une quête passionnée et introspective pour comprendre et appréhender une énigme nommée Divine.

Un jour radieux, au sein de la Bibliothèque de Polytechnique où je trouve souvent refuge, je t'ai aperçue, ô sublime créature céleste. En cet instant fugace, j'ai été saisi par une immobilisation envoûtante, non pas par une affliction pathologique, mais par la manifestation de ta grâce qui m'a pétrifié instantanément.

Une fois mes esprits recouvrés, il m'était inconcevable d'attribuer tant de grâce, de finesse et d'élégance à une simple mortelle. En tant que philosophe, le doute s'est alors insinué en moi. Je doutais de la véracité de ces yeux envoûtants, de ta démarche qui semblait défier les lois physiques, comme si tu fendais l'air à chaque pas ! Je doutais même de ta stature, convaincu que seul Héphaïstos pouvait concevoir une telle merveille. Finalement, le doute s'immisça jusqu'à remettre en question ton existence même.

Immédiatement, j'ai partagé cet instant magique avec mon ami, cherchant confirmation pour dissiper tout doute, et à ma grande stupéfaction, il acquiesça, convaincu comme moi de ta réalité. Dès lors, chaque fois qu'il te croisait, il prenait un malin plaisir à me rappeler ta présence, sachant pertinemment que ta proximité avait le don de me déstabiliser, lui offrant ainsi matière à plaisanteries à mes dépens.

Le temps s'écoula sans que j'ose t'approcher, non par timidité, mais parce que je percevais une disparité entre nos univers. Un jour splendide, alors que je peaufinais l'un de mes poèmes évoquant ma belle et opulente contrée, j'entendis une voix. Tu sais, ce type de son que les psychanalystes utilisent pour apaiser leurs patients. Je relevai la tête, et c'était toi, me demandant si la place à mes côtés était libre. Une fois de plus, j'ai presque douté de la réalité de ce qui se déroulait sous mes yeux, mais en croisant le regard souriant de mon ami, j'ai compris.

Dans le regard de mon ami, je percevais une satisfaction évidente, comme s'il savait que j'allais enfin franchir le pas. Aussitôt, conscient de cette attente presque palpable, il se mit à m'envoyer des messages pour m'encourager à te parler. Après quelques échanges de textos entre lui et moi, j'ai finalement cédé. J'ai alors posé mes yeux sur toi, tu étais si rayonnante, si paisible, que je n'ai pas osé te déranger.

Chacun de nous continua à vaquer librement à ses occupations jusqu'à ce qu'il soit temps pour toi de quitter la bibliothèque. Comme à son habitude, mon ami se mit à me réprimander, et pour me défendre, je lui affirmai que j'avais tourné la page des histoires de cœur. Au moment de rejoindre ma salle de classe pour le prochain cours, je tentai d'accéder à mon emploi du temps, mais je fus confronté à un dysfonctionnement qui m'obligea à errer à la recherche de la salle correspondante. Et là, sur tout mes chemins, je te croisai. J'ai presque été tenté de conclure que c'était le destin, mais je me rappelai aussitôt que je ne croyais pas en de telles choses.

Une fois de plus, nous nous sommes retrouvés à la même table de la bibliothèque,mon ami à mes côtés cette fois-ci. Je me suis enfin décidé à engager la conversation avec toi, mais à ma grande déception, tu l'as rapidement interrompue. Dans un souci d'éviter tout malaise persistant, j'ai aussitôt changé de place pour ne pas prolonger cette sensation désagréable qui m'envahissait. Mon ami s'est moqué gentiment de moi, et nous avons alors entamé une discussion sur un devoir que nous devions rendre.

Maintenant assis à la table en face de toi où tu étais avec mon ami, il lui arrivait parfois de m'appeler par mon prénom pour me demander quelque chose. Soudain, ton regard se posa sur moi, et avec une voix que je ne pourrais jamais oublier, tu t'excusas d'interrompre notre discussion. Tu me demandas alors ma nationalité, à laquelle je répondis. À ma grande surprise, tu nous avouas que toi et moi avions le même prénom.

"Divine." Ce mot résonnait dans ma tête, mais une fois de plus, le doute s'insinuait. Il m'était inconcevable que cet être, qui avait bouleversé ma vie quelques mois auparavant, porte le même prénom que moi. Alors que je réfléchissais dans mon esprit, tes amis et le mien se mirent à nous taquiner. Et c'est à ce moment-là, pour la première fois, que tout devint clair, que le doute se dissipa."Divine, tu es DIVINE," Divin est tout ton être. Tu étais vraiment celle que je redoutais que tu sois : une créature venue tout droit du ciel. Finalement, l'univers tout entier conspirait bel et bien contre moi.

Malgré les conspirations de l'univers pour que je puisse sérieusement t'approcher, il me fallait vérifier une chose cruciale. Je devais m'assurer que mon attirance ne se limitait pas seulement à un plan physique, mais qu'elle englobait également nos affinités intellectuelles et psychologiques. Ainsi, je me suis donné pour mission de découvrir si nos deux mondes avaient des similitudes, car pour que mon amour s'épanouisse, j'ai besoin de bien plus qu'un corps DIVIN.

Pendant que je discutais avec mon ami dans la bibliothèque, toi et l'un de tes amis nous avez rejoints. J'y ai alors trouvé une belle opportunité pour vérifier une bonne fois pour toutes si tu étais vraiment la fille que les dieux m'avaient envoyée. Lors de nos discussions ce jour-là, j'ai ouvert les portes de mon monde, et là, comme la lune et le soleil, tous deux des astres, une éclipse s'est produite, démontrant alors une symbiose que je n'aurais pas pu soupçonner. Tu étais à la fois ma copie et tout ce que je n'étais pas. Tu incarnais parfaitement cette compagne que j'avais toujours décrite dans mes textes.

À la fois douce et ferme, sage et intelligente, tu étais un rêve devenu réalité. Mon cœur ne put s'empêcher de verser une larme devant tant de grâce intellectuelle. Ton amour pour les sciences était palpable, tu en parlais avec une passion qui semblait te valoir un prix Nobel. Lors de nos échanges, tu faisais preuve d'une compréhension profonde et d'une ouverture d'esprit remarquable, même dans des sujets aussi complexes que le bonheur et la religion. Je continuais à t'ouvrir les portes de mon monde, curieux de voir jusqu'où cette belle symphonie pouvait nous mener.

Avec des qualificatifs comme "mélomane", "lectrice née", "introvertie", "semi-otaku", "geek", ta description dépassait largement le domaine physique pour devenir interstellaire. Tu venais littéralement d'exploser mon monde en y opposant le tien, tout aussi complexe et réfléchi. Une fille remarquablement intelligente, dotée d'une logique saisissante, qui ne se caractérise pas uniquement par sa beauté, bien que légendaire aux yeux de tous. Une fille DIVINE, oui, tu l'es !

Mais ce qui m'a véritablement frappé, ce n'était pas seulement ta beauté
impressionnante, ni même la douce mélodie qui émanait de ta voix, non. C'était ton aspiration à la douceur, combinée à un amour passionné pour l'AMOUR et ses dérivés. À cet instant, j'ai vu en toi ce cœur qui devait accompagner le mien dans une odyssée DIVINE, car ensemble, j'étais convaincu que nous pourrions naviguer, dealer des émotions.

Comment pourrais-je te conquérir ? me suis-je demandé, moi qui suis si peu
expérimenté en la matière.C'est à ce moment précis que m'est venue l'idée de
simplement te raconter comment j'en suis arrivé à cette question. Je ne nourris aucune illusion quant à l'issue de cette histoire, mais à travers mes mots, je voulais que tu saches que mon cœur était atteint. Atteint par cette maladie qui n'est rien d'autre que toi, ta personne.

Avec toute mon affection,

Divin, ton humble serviteur.

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