L’horloge tourne et je recule

amaury-deville

Courir après l'horloge qui tourne

L'horloge tourne et je recule

 

Horloge horloge, cesses donc ce mouvement perpétuel vers l'avant. Quelle est donc ton idée à toujours avancer ? N'en as tu jamais marre de ne jamais te reposer.

Tu tournes et je recule. Je vais aussi vite pour faire le pas arrière de la vie que tu clic clac comme dans mortel combat. Cette distorsion entre nos deux forces m'angoisse, me cloitre contre le mur de l'insécurité mentale. Ne sachant évoluer à ta vitesse et prendre à bras le corps cette vie qui m'assomme, je recule sans arrêt, peu certain de ma forme. Le travail, la femme et les enfants, tu m'imposes ce schéma me faisant comprendre de ne pas perdre mon temps.

CLIC CLAC CLIC CLAC me voilà sous pression. Tu avances encore et je suis à la maison.

Oui je ne fais rien, j'attends que mon heure sonne, qu'on me libère du bruit de ton aiguille qui pèse une tonne.

J'ai eu de nombreuses occasions de prendre le chemin de ta raison, avec toujours une raison de ne pas le suivre. A prendre peur dès que s'affiche l'image de stabilité. Je continue encore à faire un pas en arrière, et tu te mets à aller de plus en plus vite. Quelle vision d'horreur à te voir agir ainsi. Accélérer comme pour me juger de mon inaction maladive, de cette inaptitude à la construction de ma vie. J'aimerais avoir ta persévérance, ne rien lâcher, continuer à avancer même dans les moments les plus durs. Etre toujours en action quand  bien la fatigue m'attaque comme un pitbull enragé. Avoir cette seule idée en tête, avancer sans se soucier du monde qui t'entoure. A en faire une maladie, comme l'ataraxie.

S'il te plait, prend moi avec toi, ne me laisse pas reculer, encore et toujours et prenons le pouls de l'activité, ensemble, dans un mouvement commun.

Mais te voilà reparti, alors que je te supplie. Aiguille direction le temps lorsque je t'écris officiellement de me prendre avec toi. Il n'en est rien, tu n'en fais qu'à ta tête, ronde et inébranlable. Comme toujours, comment avais-je pu penser que tu te rallierai à ma demande. Tu es bien trop égoïste, obnubilé par ta vitesse qui finira par tous nous tuer, à force de vouloir te suivre.

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