Ma chère femme, où es-tu?

amaury-deville

Ecrire à sa future femme inconnue, l'histoire de notre rencontre

Chère future femme,

Où-es tu ? Je m'inquiète. Cela fait 28 ans que je te cherche, sans te trouver. Et pourtant, il y a peu d'endroit ou je ne sois allé pour te découvrir. Bien caché que tu es.

J'ai cru te voir plusieurs fois. Déguisé en petite blonde à mes 12 ans. Souriante, vibrante et terriblement amoureuse. Comme moi, t'offrant cette montre casio comme une bague de mariage. Où il nous fallait penser l'un à l'autre à 20h précise, où que nous soyons. Le temps que mes parents déménagent et tu m'as glissé entre les doigts.

 

Première perte, la plus sensible.

 

Mais il était hors de question que je m'arrête là. J'ai continué mes recherches, tel un détective. Et c'est quand mes premiers poils de mentons ont poussé que je t'ai re-croisé. Tu t'étais caché sous cette tignasse brune. Magnifiquement animale. Je sautais sur tes griffes sans penser que cela pouvait faire mal. Et tu m'as blessé, féline que tu es. Tu m'as repoussé avec tant de délicatesse, que je voyais en toi ma future princesse. Peu m'importait que tu m'arraches le cœur, il continuait à battre, alimenter par le feu de la passion.

 

Grossière erreur, la plus passionnelle.

 

La mutation s'est faite, plus mûre dans mes recherches. J'ai cru t'apercevoir à mes 20 ans. Au détour de longues discussions, mes papiers s'étaient coordonnés pour me faire comprendre que tu étais celle que je recherchais. Pas évident au départ, si plaisant ensuite avant que l'ennui persiste. Une année à vaguement y croire avant que tu te perdes à nouveau, dans l'enceinte de ma vie.

 

Beau voyage, le plus réfléchi.

 

A 25 ans je me suis fait avoir. Je ne te cherchais pas mais tu m'as recontacté. Je savais pourtant que ce n'était pas toi. Si différente de ma future femme, partout tu te laissais aller. Une force incroyable, libérée des contraintes sociales tu envoyais balader tout ce qui te déplaisait. Comme je me sentais mal, comme je t'admirais. Plus tu t'affranchissais des règles de bienséances, plus mes papiers de recherches m'indiquaient que je faisais mauvaise route. Plus je faisais mauvaise route, plus je m'enfonçais dans un puit absolu d'amour et de haine pour lequel il était difficile de sortir. J'étais empêtré dans un duel puissant entre mon cœur et ma raison. La vie commune nous a tellement tapé dessus que tu as finis par te perdre à nouveau. Future femme que tu n'étais pas.

 

Plus grosse erreur, la meilleure

 

Ensuite des femmes sont passées sous ma fenêtre, avec ton allure. Discrète, élégante et si souriante. J'ai cru te voir plusieurs fois. Mais il a toujours manqué quelque chose, cette main tendue l'un vers l'autre pour que nous puissions rire à nouveau, nous aider et nous rendre meilleurs.

Reviens, sinon je finirai par être mauvais. Et ce n'est plus toi que je chercherai.

Report this text