_ MAAMA [25]

camille-de-vaulx

Un homme qui perd sa femme en couche se retrouve face à face avec un gosse assassin.

25.

Toi vivante # 1

 

Pour m'endormir, je baigne le soir dans ma mémoire de toi.

Ressuscite ces moments où, souviens-toi, tu n'étais encore ni morte ni maman.

Quand alors nous étions deux.

_          Allez, plongeons.

                       

Toi blonde, la tête rosée sous les néons crades : tu souris à la nuit. Et dans le sourire une prière.

La nuit t'entendra.

Tu bois dans des verres de la couleur, des bagues aux doigts. Et tes yeux sont des balises : pour les chiens du bout du bar. Tu brilles Marie au milieu des opaques. Il n'y a que toi, parmi les milliers.

Ton visage le soleil.

 

Tu ris Marie, de ce rire des femmes tristes. La tronche belle en bribes cassées dans tes Margaritas. Autour de toi les folles : qui pépient qui t'emmerdent.

Tu regardes loin, tu regardes moi. Et je te bouffe.

 

Ta peau lilas sous la lampe m'appartient, elle réclame mes baisers tièdes. Tes seins pudiques et pourtant là soufflent le chaud : rompent et fondent la foule des nuitards, ils cabriolent dans mes fantasmes.  

Et ta bouche et tes lèvres qui me crieraient si bien.

 

Je m'approche sans le décider.

 

La drague est sale, et tu n'es pas une pute. Je ne sais pas séduire : les jolis filles ne se maraboutent pas, dans les boites elles tamisent elles écrèment. Elles désignent les maîtresses.

Oh déjà je vois ta gueule les matins dans mon lit. Ne me recrache pas Marie.

 

Je m'avance et j'hésite un

_          Je t'aime.

 

Puis je t'embrasse.

Report this text