Mac Do Love: L'amour jeune

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Mc Do Love: L'amour jeune.

Mac Donalds, restaurant mythique à la fameuse enseigne en M majuscule et peinte en jaune criard. Centre de fameux débats, divers, polémiques et variés comprenant la question des OGMs, les bien-faits diététiques de cette nourriture, les dangers des graisses trans sur le long et court terme, les conditions d'hygiènes parfois bafouées, ou encore la fameuse recette magique et secrète qui rendent ces sauces généreuses si addictives.

Mais en vérité, ce n'est pas de ça dont je vais parler ici-même. Je ne vais pas lancer un énième débat afin de savoir si au final, Mc Do est un restaurant qui propose des modes et des produits alimentaires dangereux pour notre santé et pour celle de nos enfants. Non, la question que j'ai envie de soulever, c'est de savoir pourquoi les jeunes de ma génération vont-ils si souvent déguster divers burgers et mets frits, bordés de frites luisantes, chez ce fameux distributeur de fast-food.

Je pense qu'en effet, cette habitude et ce goût si prononcé n'est pas inné et n'est pas non plus l'unique fruit du tsunami publicitaire et propagandiste qui inonde tous les jours le poste de télévision à l'heure ou les bambins et jeunes ados s'hypnotisent des heures durant face à leurs programmes préférés.

Car j'ai souvent remarqué cette chose étrange, ces publicités ne font pas découvrir Mac Donalds aux enfants. Les enfants connaissent déjà cette enseigne, et ces fameuses pubs ne font que les conforter dans leur désir d'y RE-tourner.

Retourner ? Alors ces charmants enfants y seraient déjà allé afin de s'y goinfrer de Mac Poulets-et-poussins-de-batterie-panés et de Mac Desserts-industriels ? Il faut croire que oui si la pub ne prend parfois même plus la peine de citer le nom de la marque dans ses spots commerciaux.

Me plongeant dans mes lointains souvenirs de jeunesse, j'essayais moi-même de me souvenir de l'événement qui me fit découvrir ce restaurant et sa nourriture standardisée. Et je crois bien que se sont les parents d'un ami à moi qui nous y avaient amenés tous les deux pour y manger un soir. Ainsi, c'était bien grâce à la bienveillance des parents ou grand-parents que les enfants apprenaient ce qu'était le Mac Donalds. Eux qui sont d'autant plus sensibles à cette catégorisation bien commode qui définit Mac Do comme le parfait restaurant des enfants.

Ces fameuses pubs si intrigantes ne s'adressent donc pas principalement aux enfants, mais à leurs parents aimants et attentifs. Le reste ne fait office que de simple piqûre de rappel régulière. C'est donc dans les filets de ce piège combiné que l'enfant, dès son plus jeune âge, se trouve manipulé dans cette spirale qui le maintiendra encore longtemps sous son joug si celui-ci n'a pas le recul et la maturité d'y résister, vous verrez par la suite pourquoi j'insiste légèrement sur le mot «maturité».

Nous avons donc là un enfant obéissant qui suivra sans broncher ses parents ou ses pépés-mémés lorsque ceux-ci l'amèneront déguster son premier beurkger américain. Je me rappelle encore très bien les jours ou ma grand-mère, elle qui détestait tant la friture et le «graillon», m'amenait prendre des «Repas Joyeux» dans l'une des grandes implantations de l'enseigne. Ma grand-mère qui dans sa jeunesse avait travaillé pendant quelques années sur une base militaire américaine, elle aimait y retrouver le doux parfum d'Amérique qui se dégageait de cette cuisine typique. Mais ce qu'elle aimait par-dessus tout c'était faire plaisir à son petit-fils. Car ce qui comptait pour le gosse que j'étais, ce n'étais pas vraiment la bouffe qui n'était pas du tout à mon goût, mais c'était bien tout l'attirail structurel construit autour de ces menus qui ne m'ont jamais vraiment manqués. Vous savez, le petit jouet en en plastique made in «République-démocratique-socialiste-égalitaire-juste et communiste du joyeux pays de Chine», ou encore ces célèbres parcours acrobatiques cubiques en pvc et en taules d'aluminium qui suffisaient à gonfler notre journée d'excitation et d'aventures palpitantes. Et si vous aviez la chance d'y aller pour prendre votre repas le jour ou un travailleur en CDD précaire venait jouer le rôle du clown mascotte, Ronald Mac Donald's, alors vous aviez la cerise sur le gâteau.

Donc dans un sens, exit l'amour du goût. Ce n'est pas la ripaille de notre cher Mac que les marmots aiment le plus, mais plutôt la possibilité de s'amuser avec de nouveaux petits camarades dans une aire de jeux qui pue les pieds pas propres, la possibilité de pouvoir collectionner de nouveaux jouets à l'effigie de nos films préférés, et pour les parents, la possibilité d'aller au restaurant sans avoir à supporter les exigences de leur progéniture trop occupée à évacuer l'excédent de calories qu'ils viennent d'absorber.

Puis, les années de la douce enfance riante et insouciante passent. Le gosse s'aperçoit vite que l'aire de jeux qu' il affectionnait tant devient trop petite pour son corps grandissant. Il se rend compte que les jouets surprises, d'années en années, lui semblent moins amusants. Et de surcroît, le clown Ronald ne les fait plus vraiment rire comme autrefois. Toutes ces choses qui le ravissaient s'affadissent avec le temps qui passe et qui s'échappe au loin. Et c'est à cet instant précis, où le gosse le comprend, que les choses deviennent vraiment intéressantes.

Car c'est à ce moment que se m'est en place un processus d'une simplicité extrême, presque animale, mais dont le résultat machiavélique est extrêmement réussi. Oui, car que reste-il de cette joie et de ces plaisirs passés pour ces nouveaux grands enfants déboussolés ? Que reste-il de ce lieu dans lesquels ils voudraient encore sentir la bienveillance de l'innocence de l'enfance alors qu'autour d'eux la vie s'assombrit et se rationalise à grande vitesse ? De ces moments magiques passés avec leur famille, avec leurs copains copines pendant les anniversaires, il reste un unique point commun qui, quel que soit l'époque ou le lieu, reste identique: la nourriture. Cette même nourriture qui avant n'avait pas toute leur attention trouve maintenant tout son sens, toute son utilité. Tel le parfum des tartes aux pommes de mémé qui rappelle les jours doux dans les publicités télévisés, cette nourriture standardisée est un point de repère essentiel, l'essence du souvenir. Lorsque un ado de 15 années, ballotté et abîmé par les tumultes de l'adolescence et du passage vers l'âge adulte, mord avec bonheur dans son beurk-erh gras et mou, c'est toute la nostalgie, tout les bonheur de cette jeunesse qui lui semble si lointaine et qu'il ne veut pas encore perdre.

Car c'est dans le même beurk-erh, à la recette inchangée, à la même odeur, qu'il mordait avec ces petites quenottes lorsqu'il ne faisait pas plus de quatre pommes de haut. C'est donc par dépit, que ce jeune adulte prend ce qu'il lui reste, la bouffe. C'est vrai qu'à cet âge, il serait socialement étrange d'aller passer des heures à galoper dans les tubes de l'aire de jeux ou de s'amuser sans répit avec les super figurines de plastique moulées à collectionner dans les «Repas Joyeux».

Ce sentiment, évidemment, est habilement utilisé par les tenants de l'enseigne qui en connaissent bien les aspects pour les avoir scientifiquement orchestrés. Sachant rebondir sur ce malaise qui touche ces petites âmes grandissantes, après avoir endoctriné des parents inconscients de cette manipulation, c'est sur les produits que leur expertise se penche afin de leur donner ce côté si particulier. En effet, ces produits sont faits pour rappeler une enfance de paix et de joie, de façon plus ou moins inconsciente d'ailleurs. Ainsi, si les Hommes aiment le sucre et le gras, c'est parce que le lait maternel en regorge, afin d'apporter au nouveau né bordé d'un bonheur béat les armes qui lui permettront de survivre dans ce monde. Et c'est pour éveiller en nous ce sentiment de béatitude que tous les plats du Mac Do regorgent de sucre rapide raffinés et de graisses bon marché. Presque tout y est chaud, tendre et mou, que les seins réconfortant d'une mère qui allaite son petit. Tout y est connu, et rassurant. Il n'y a pas de découvertes, de surprises ou d'exploration qui pourraient mal tourner, les recettes sont les mêmes malgré les années et les produits sont identiques partout sur terre, à quelques exceptions près. Comme un sentiment rassurant face à quelque chose d'immortel et d'universel. Ceci afin de retrouver cet état perdu de nourrisson blotti confortablement contre le sein de sa génitrice. Les distributeurs de boissons sucrées semblables aux pis nourriciers d'une déesse mère et protectrice, inépuisables.

Entre peur de grandir et nostalgie d'un passé perdu et rassurant, je pense que ce sont ces différentes raisons qui poussent les jeunes à aimer le Mac Do. Au delà de goûts culinaires des plus douteux ou des procédés addictifs ajoutés à ces plats controversés. Dans tous les cas, il ne faut pas oublier que les responsables de l'enseigne sont bien conscients de ce phénomène et ne se gênent pas pour l'exploiter en proposant des produits d'une qualité extrêmement médiocre à des prix très élevés. Alors, toi le jeune, ait conscience de ce paramètre piégeur façonné de toute pièce. Et toi, le parent responsable et prudent, pense à deux fois avant d'amener ton gosse manger dans un fast food, car ce serait un euphémisme de dire que c'est un poison en puissance, pour le corps et l'esprit.

Probable prochain article sur les secrets du nuggets et de sa viande en poussins hachés vivants ou pour savoir si les vaches ,égorgées pour faire les steaks du Mac Do, sont encore vivantes lorsqu'elles sont écorchées puis éventrées dans les chambres des abattoirs. Bon appétit à tous.

Signé Manu.D - 12/05/2012

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