Marionette du crime.

piercing

Texte écrit pour un concours, rapide, peu travaillé, mais je l'aime bien quand même! Nous sommes deux auteurs, je signerais #Sam

Je sortais de la douche définitivement au lieu de rester comme une gourde sur le côté, à repenser comment tout avais commencé... A cause de ma "maladie", je ne ressens pas la douleur. Au début, je m'en accommodais très bien.  Jusqu'à l'accident... Moi et mon frère, la voiture qui vole, lui coincé, moi aussi... Ne pas pouvoir l'aider car ne mesurant pas le danger. Le retrouver à l'hôpital en fauteuil roulant à souffrir comme un damné sur sa colonne vertébrale mise à mal. Ce n'était pas ça le plus dur, le plus dur était de ne plus pouvoir dire "je comprends ta douleur, je suis là, je vais t'aider", car je ne pouvais pas. Mon disfonctionnement m'empêchait de souffrir. Je voyais son regard autant peiné que haineux en train de se poser sur mon corps mutilé, mais insensible. Le voir grincer des dents, jaloux de moi. Moi qui pensais que faire souffrir les autres me permettrait de faire revenir cet atout si précieux... J'avais réussi en quelques sortes, si mon corps était insensible, mon cœur ne l'était pas...

Je m'étais attachée à ce qu'il me restait d'humanité. S'il en restait... Pour finir par me laisser gagner par la colère. Je regardais mon corps dans le miroir. Un corps athlétique, en proie à mes sursauts. Mes colères. Mes caprices d'enfant gâtée. Je ne voulais qu'une seule chose. La voir crever comme la petite merde qu'elle était. Mais je ne pouvais tout simplement pas. Pas par principe, ce n'était pas mon genre, mais par dignité. Elle m'avait donnée l'ordre de la tuer, pour prouver que c'était bien moi la personne qui avait buté 12 personnes, et je ne réponds pas aux ordres.

Je respirais un grand coup. Un très grand coup. Comme tous les autres tueurs, j'avais un mode opératoire simple et complexe à la fois. Le but était d'extraire le cœur post-mortem et de recoudre comme si de rien n'était. Tout ceci me donnait du plaisir, autant qu'une femme pourrait jouir entre les mains d'un homme. Eh bien moi, voir le sang couler et gicler autours de moi, me faisait cet effet d'euphorie totale. Comme un camé qui se prendrait une perche. Pourtant, à chaque fois j'étais insatisfaite. Toujours insatisfaite, l'émotion s'amenuisait un peu plus à chaque fois, ne laissant qu'une étendue morose dans mon corps. J'y prenais de moins en moins de plaisir, laissant plus la colère me guider que la passion. Parce que oui, le crime est une passion.

 

Je m'allongeais sur mon lit d'hôtel, pour réfléchir au pourquoi du comment de mon existence, ce qui arrivait très peu d'ailleurs. Oui... Oui... C'est vrai... Je me rends compte maintenant que ma seule raison de vivre... C'est le crime. Une part de moi avait envie de pleurer sur cette médiocrité, mais l'autre en riait, fière de ce que je faisais. Heureusement ou malheureusement pour moi, c'est cette partie qui commande. Cette partie qui ne soucie pas de ce que je ferais après avoir tué tous mes ennemis. Qui se fiche de mon avenir. Qui se fiche du gosse que j'ai laissé derrière moi. Qui se fiche de ce qui peut m'arriver, tant que cette euphorie peut encore me gagner si je tue cette garce. Le crime est en fait plus qu'une passion je pense... C'est une entité qui s'empare de vous et qui ne vous lâchera pas avant de vous avoir sucé le sang. Le crime est un homme et l'homme est son instrument, la vengeance est le commanditaire de l'acte, la souffrance gagne les gains.

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