"Même jour, même heure, même cabine..."

la-musique-de-l-ame

04/01/2016

Une nouvelle semaine s'achève, enfin. C'est harassé et avec deux heures de retard sur l'horaire habituel que je me rends à ma séance d'UV hebdomadaire. Il est 20h30. Le centre ferme ses portes dans trente minutes et mon estomac crie famine mais pour rien au monde je ne me priverais de ce moment de détente, chaque vendredi soir. Je me présente à l'accueil et suis reçu par deux hôtesses, ces vitrines humaines... Toujours vêtues d'un débardeur noir, elles affichent leur bronzage entretenu - trop entretenu parfois - jusque dans un décolleté plongeant. Une publicité qui fait naître bien d'autres envies que celle d'une séance de bronzage en solo. Je demande comme à chaque fois dix minutes, la plus courte durée, sur la machine la moins puissante, une précaution pour ma peau plutôt blanche de nature. L'hôtesse en charge de l'encaissement prend la carte d'abonnement que je lui tends, programme ma cabine et me rend mon bien assorti de lunettes de protection en me souhaitant une bonne séance.

J'entre dans la cabine et me déshabille sans tarder, en vitesse même étant donné le peu de temps dont je dispose pour m'installer avant que les néons ne s'allument et le compte-à-rebours ne commence. D'autant que j'ai rapidement pris l'habitude de profiter des rayons en tenue d'Adam, ou presque, la faute à l'une des hôtesses qui avait cru bon un jour de préciser que les séances pouvaient se dérouler en sous-vêtement - ce que j'avais fait les premières fois - ou bien nu. Passées les images immédiates de mon aimable conseillère entièrement nue, une envie d'essayer. Depuis je prends soin de porter un slip le vendredi, que je retire avant de m'allonger puis place de façon à couvrir mes parties intimes. Une autre précaution que je me réserve et qui ne nuit en rien ou que peu à l'impression de nudité, érotisante.

La machine se met en route, ventilateur aux pieds soufflant et vrombissant, musique d'ambiance forte et choisie. Etendu sur la plaque de plexi, je rabats le capot et ferme les yeux derrière les lunettes de protection, le corps complètement détendu et enveloppé, enfermé dans son cocon de chaleur et de lumière, délicieuse étreinte. Mes tensions se dissipent rapidement, emportées à la fois par le bruit écrasant mais apaisant des mélodies lounge et la moiteur naissante coupée par le courant d'air frais. Une douce caresse sur ma peau qui éveille des sensations autant que des images... Une séance comme les autres en somme, reposante et bienfaisante, indispensable et déjà trop courte.

La torpeur attendue m'embrasse à peine qu'un contact au creux de mes reins me fait sursauter et ouvrir les yeux. Je remarque que les néons se sont légèrement éloignés de mon visage et reconnaît sur ma peau le doux toucher d'une paire de lèvres féminines. Le bien-être que je ressens alors et la conscience des difficultés que j'éprouverais, dans ma position, à poser le regard sur l'intruse me convainquent de m'abandonner sans retenue à cette faveur offerte en nature. Je referme les yeux et imagine l'une des deux hôtesses de l'accueil, pour qui l'heure tardive et le vacarme de la machine depuis l'intérieur avaient sans nul doute grandement facilité les choses. C'est un fait, je n'avais pas entendu la porte de la cabine s'ouvrir, encore moins senti le capot de la machine se soulever. Un second baiser, plus proche de l'aine, m'arrache un sourire et achève de me replonger dans mes rêveries éveillées. Prisonnier volontaire et passif d'une geôlière dont je ne peux voir le visage, je laisse cette bouche aventureuse me parcourir le corps au rythme des ondes, couvrir et recouvrir mon côté gauche d'attentions lentes et appliquées, de l'abdomen vers la cuisse, puis de la cuisse vers le thorax, tantôt à l'extérieur, tantôt plus à l'intérieur. Après plusieurs minutes d'exposition déjà ma peau expire un peu de son eau. Je m'interroge sur la tenue de ma bienfaitrice lorsqu'une main vient se poser sur ma cuisse et un sein me frôler de son téton. Une langue s'invite, léchant de son extrémité le liquide salé sans demander permission. Elle monte, escalade les côtes, gravit mon anatomie, avale les centimètres jusque mon téton qu'elle entoure, encercle en accentuant sur moi la pression de ce sein nu puis vient sucer d'un mouvement franc et calculé. Un profond soupir m'échappe, noyé dans le vrombissement du ventilateur, tandis que mon membre se durcit d'un coup, excité par un flot incontrôlable de sensations et d'images exquises. La main posée sur ma cuisse grimpe à son tour, glissant à plat puis ongles en tête, jusque mon téton droit qui se dresse d'avance et tremble du sort qui lui est réservé. Deux doigts de fée viennent le pincer délicatement et le faire tourner sur lui-même pendant que son jumeau, asservi et sans défense sous le joug d'une langue dansante et impitoyable, devient fou. L'étoffe de mon entre-jambes se soulève encore un peu plus et dévoile bientôt une intimité ferme et gorgée, désormais exposée aux rayons UV. Je reprends conscience du temps qui passe et des quelques minutes qu'il me reste dans cette alcôve de fortune. La main du Diable se dessaisit de mon téton pour faire définitivement choir mon slip sur la plaque de plexi et envelopper pleinement mes couilles maintenant libérées. Sa langue me torture, ses lèvres me sucent et ma virilité n'en durcit que davantage, préparée, mijotée, bichonnée comme un met bientôt servi à une table d'invités de marque, le gland soumis à une chaleur artificielle intense. De sa seconde main il... elle entoure mon pénis et le masturbe lentement tout en l'enfournant dans sa bouche. Une autre chaleur, un autre contact et la frustration que les choses ne s'arrêtent là, inachevées et tronquées par cette maudite horloge qui tourne et tourne sans se soucier. J'ai envie de jouir, il le faut. Alors je l'imagine à califourchon sur moi, les fesses rebondies et offertes à ma vue pendant qu'elle me manipule, me masse, me cajole, me dresse encore et encore. J'imagine ses seins généreux dansant sur ma poitrine, les cimes fermement érigées, chatouilleuses et aguicheuses. Je jouis rapidement, sa gorge comme réceptacle.

Lorsque la réalité me rattrape elle n'est plus là. Le ventilateur s'arrête et la chaleur s'évapore d'un coup, la couleur des néons passant du fluorescent au blanc. Je relève le capot de la machine et ne vois aucune trace de l'intrusion dont j'ai été victime, ni désordre ni vêtement ou accessoire autre que les miens, seulement mon érection que je fixe en souriant, les souvenirs encore très, trop présents. J'essuie la sueur restante au creux de mon dos et me rhabille. A ma sortie elles sont là, toutes les deux, pareilles à mon arrivée, strictement. Laquelle était-ce ?

— Tout s'est bien passé ? me demande l'une.

— Parfaitement bien, merci ! tandis que je lui rends les lunettes.

— Une bonne fin de soirée ! me souhaite l'autre, avec le même sourire franc que sa collègue.

— A vous également et à la semaine prochaine, même jour, même heure, même cabine...

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